Il était une fois… « Magia » Isco

par | 03/02/2022 - 15:02 | 0 commentaires

Il n'est aujourd'hui qu'un simple joueur de rotation en fin de contrat, pourtant, Isco a rayonné au Real Madrid durant plusieurs saisons, et notamment sous les ordres de Zinédine Zidane. Retour sur un joueur qui a transcendé chaque Madridiste.

Le Real Madrid s’apprête à disputer son quart de finale de Coupe du Roi face à l’Athletic Bilbao. Isco, dont le temps de jeu est très limité depuis le début de saison, a su tirer son épingle du jeu dans cette compétition, en étant décisif sur le 3e but madrilène contre Alcoyano (victoire 1-3) et en égalisant en prolongation contre Elche (victoire 1-2). Une éclaircie dans une fin d’aventure bien maussade pour le magicien de Madrid. Le numéro 22 n’a jamais réussi à retrouver son niveau depuis ses blessures en 2018, et malgré le retour de l’homme qui avait insisté pour le signer en 2013, Carlo Ancelotti, il n’est plus que l’ombre de lui-même et n’est plus qu’un joueur de bout de rotation cette saison.

En fin de contrat à la fin de la saison 2021-2022, Isco quittera le Real Madrid avec un palmarès bien garni, mais surtout en laissant un certain goût d’amertume dans la bouche des supporters madrilènes… car de 2013 à 2017, Isco a éclaboussé de son talent le Santiago Bernabéu ainsi que le monde entier. Sa saison 2016-2017 est l’apogée de sa carrière – un grand sourire s’installe sur tous les visages des madridistas lorsque l’on entend 2017 et Isco dans la même phrase. Des souvenirs reviennent alors, des souvenirs de joie et d’émerveillement, des souvenirs d’un joueur qui aimait le football, les souvenirs de « Magia » Isco version 2017.

Zinedine Zidane et Isco, une rencontre décisive

En 2013, un jeune Andalou évoluant à Malaga se révèle au monde entier, enchaînant les grandes performances en Ligue des Champions et à l’Euro U21. Les plus grands clubs de la planète football se l’arrachent, le FC Barcelone ou encore Manchester City semblent être les candidats les plus avancés sur le dossier. Mais un appel va tout changer. Durant l’été 2013, Isco va décrocher son téléphone et se rendre compte que c’est Zinedine Zidane en personne qui est au bout du fil. Alors adjoint de Carlo Ancelotti, la légende du Real Madrid convainc Isco de signer pour le club madrilène. Commence alors l’aventure du jeune joueur espagnol dans le plus grand club au monde, sous les ordres du technicien italien qui va rapidement lui faire confiance. Une Ligue des Champions dès sa première saison, c’est une histoire qui commence bien. Mais vient le premier orage à l’horizon, l’arrivée de Rafael Benítez sur le banc madrilène en 2015. L’entraîneur espagnol base alors toute sa tactique sur Gareth Bale, mais cette dernière ne fonctionne pas et il est donc limogé en janvier 2016. Une date synonyme du tournant dans la carrière d’Isco, mais également dans l’histoire du Real Madrid, c’est la date où Zinedine Zidane prend les fonctions d’entraîneur du club.

La blessure de Gareth Bale pour la saison 2016-2017, va permettre à Isco de devenir un titulaire indiscutable. Il devient alors le relais technique de Zidane sur le terrain, véritable numéro 10, le coach français va lui donner toute la liberté, pour qu’il puisse exprimer son génie et sa magie. Le Real Madrid va alors dominer l’Europe, avec un 4-4-2 en losange, polymorphe en phase défensive. Dans ce système de jeu, Isco est libre, il peut décrocher, créer, dribbler et changer le rythme du match à sa guise. Il est une alternative tactique à lui seul. Le quatuor Modrić-Kroos-Casemiro-Isco va écraser les milieux de terrains adverses, et l’Espagnol va être le détonateur de Benzema et Ronaldo, leur fournisseur officiel de caviar en tout genre. C’est le repositionnement du numéro 22 espagnol qui va ouvrir les yeux de Zidane, qui va alors décider de faire jouer Cristiano Ronaldo dans l’axe de l’attaque. C’est bel et bien Isco qui est à l’origine de cette révolution tactique.

2017, une année magique pour un magicien

Le Real Madrid 2016-2017 est une des meilleures équipes du XXIe siècle. Effrayant, charismatique, dominant et efficace, les adjectifs manquent pour décrire ce collectif. Mais les supporters se souviennent, quand ils allaient à tous les matchs au Santiago Bernabéu, c’était pour admirer un magicien au milieu de terrain, Francisco Román Alarcón, dit Isco. Le football semblait facile lorsque vous regardiez le joueur espagnol cette saison-là, il donnait le sourire aux supporters et le tournis à ses adversaires, un peu comme le faisait son coach, Zidane, à l’époque. L’aisance du numéro 22 madrilène dans les petits espaces était insolente, sa vision du jeu était affûtée et ses dribbles chaloupés étaient dévastateurs. Une saison complète sur un nuage pour Isco, où il laissa parler son génie balle au pied.

La saison 2016-2017 d’Isco, représente la maturité technique et mentale d’un joueur talentueux mais irrégulier. Il ne réalise plus seulement des coups d’éclat, mais 90 bonnes minutes. Il purifie son jeu, développe un jeu de passe strident. Le natif d’Andalousie obtient aussi bien la confiance de son coach, que celle de ses coéquipiers et des supporters. Isco est le leader technique du magnifique Real Madrid de Zidane en 2017. Pièce maîtresse dans le succès du Real Madrid, qui réalise le doublé Liga-Ligue des Champions cette année-là, le joueur espagnol va aussi dominer l’Europe avec la Roja. Son match contre l’Italie en septembre 2017, est sans aucun doute, sa plus belle performance individuelle de toute sa carrière. Une victoire 3-0 pour la sélection espagnole et un récital technique sensationnel d’Isco, auteur d’un doublé ce soir-là.

À 25 ans, il avait l’avenir devant lui et le club madrilène avait de grands projets pour lui. Malheureusement, les blessures ont eu raison de ce joyau, car depuis cinq ans, jamais Isco n’a retrouvé son niveau de 2017. Cette saison est donc le dernier tour de piste, le dernier tour de magie sous la tunique blanche pour Isco. L’artiste andalou a souhaité honorer son contrat jusqu’au bout avec le Real Madrid, et il sera une solution pour Carlo Ancelotti jusqu’à la fin de la saison. Ce n’est pas comme ça que devait se finir l’histoire du numéro 22 avec le Real Madrid, mais, profitons des six prochains mois, pour admirer les dernières braises de magie que « Magia » Isco peut encore nous offrir.

Victor Brochet

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