Reinier est un grand oublié du Real Madrid, pour une bonne raison. Recruté en janvier 2020 en provenance de Flamengo, le jeune Brésilien avait connu une véritable traversée du désert au sein du club merengue : quelques apparitions avec le Castilla sans parvenir à s’y imposer, des prêts infructueux à Dortmund, Gérone et Frosinone, mais surtout, aucune minute disputée avec l’équipe première de la Maison Blanche.
Désormais, c’est d’ores et déjà une histoire ancienne. Le jeune attaquant s’est refait une santé en renouant avec son premier amour : le football brésilien, qui lui permet de se distinguer à nouveau et de croire à un retour en Europe. Le joueur fait les beaux jours de l’Atletico Mineiro, club de Belo Horizonte. Auprès du quotidien AS, Reinier est longuement revenu sur cette renaissance, en net contraste avec son aventure européenne qui a tourné au cauchemar.
Une seconde vie avec l’Atletico Mineiro pour Reinier
Depuis le début de l’année 2026, Reinier a retrouvé des couleurs avec dix buts et trois passes décisives en 41 apparitions toutes compétitions confondues. Oscillant entre le rôle de milieu offensif et le poste d’avant-centre, le joueur est traversé par une évolution dans son jeu : “J'aime jouer. Où que je sois (rires). Mais il est clair que chaque joueur a un ou deux postes où il se sent plus à l'aise, et c'est mon cas aussi. Ces dernières années, j'ai acquis beaucoup d'expérience sur et en dehors du terrain et je me suis adapté à d'autres postes. L'un d'eux est celui de numéro neuf, et j'y prends beaucoup de plaisir. Je suis heureux de contribuer aux bons résultats de l'équipe.”
À titre de comparaison avec ses débuts à Flamengo, Reinier apparaît plus vétéran malgré son jeune âge (24 ans). Forgé par de multiples expériences, le Bresilien offre une nouvelle version de lui-même, peut-être même la meilleure de sa carrière ? “C'est une question compliquée, car j'ai vécu des moments merveilleux à Flamengo, mais je peux dire oui. Le joueur a besoin de temps de jeu et de confiance. Je pense que c'est le plus important. Et maintenant, à l'Atlético, on me donne l'opportunité de jouer plus souvent et je prends confiance. Du coup, tout se passe bien pour moi et je suis très content. J'espère pouvoir encore progresser.“, analyse Reinier.
Retour sur son échec au Real Madrid
Au Real Madrid, Reinier n’a jamais été en mesure de transposer son talent et de confirmer la belle promesse placée en lui. L’ancien madrilène est resté évasif sur la nature et la cause de son échec en Europe : “C'est compliqué d'en parler. Il n'y a pas qu'une seule raison. Il m'est arrivé des choses en Europe, j'ai traversé des situations difficiles, mais honnêtement, je préfère ne pas trop m'étendre sur le sujet. C'est compliqué d'en parler et je ne veux pas y revenir.
Il avait pourtant bien commencé avec le Castilla, sous les ordres de Raul, inscrivant deux buts en trois matchs lors de ses débuts. Avant que tout espoir d’équipe première ne vole progressivement en éclats, ce qui représente son seul grand regret dans la capitale espagnole : “Je n'ai pas eu l'occasion de jouer une saison avec l'équipe première. Ça a été un facteur déterminant pendant mon séjour en Espagne”, a estimé le Brésilien.
Mais au gré des moments difficiles, Reinier a mûri sur tous les plans et conserve des souvenirs impérissables de l’aventure du côté de Valdebebas, côtoyant les plus grands entraîneurs entre Zidane et Ancelotti.
“J'ai eu la chance de partager les vestiaires avec de telles légendes. Ils m'ont tous bien traité et m'ont aidé quand ils en avaient besoin. J'ai eu davantage de contacts avec Raúl. Il m'a beaucoup appris. Zidane semblait apprécier mon style, mais malheureusement, j'étais prêté à Dortmund pendant son passage au Real Madrid.
Quant à Ancelotti, nous n'avons pas eu beaucoup de contacts, mais il a toujours été très respectueux. J'aurais aimé travailler avec lui, mais je n'en ai pas eu l'occasion. Parmi les joueurs, les Brésiliens étaient les plus proches, ce qui est normal, mais j'avais d'excellentes relations avec tous. Je garde de merveilleux souvenirs de Valdebebas.”
Porter le maillot du Real Madrid n’est pas anodin. Il pèse lourd, peut-être beaucoup trop. La pression mentale y est alors accrue et son ressort néfaste peut impacter les joueurs de haut niveau. Reinier semble avoir expérimenté ce lourd sujet, un mal qui est trop peu abordé.
“De nos jours, la pression est incroyablement forte, et les athlètes de tous les sports y sont confrontés et doivent prendre soin d'eux-mêmes, tant physiquement que mentalement. Et cela ne concerne pas seulement les athlètes ; cela concerne tous ceux dont la vie est plus exposée que celle des autres. En réalité, la santé mentale est fondamentale pour chacun d'entre nous, car nous avons tous nos propres difficultés et besoins, et il n'est pas facile de prendre soin de soi sans aide professionnelle.” juge le jeune attaquant.
Les yeux rivés sur l’avenir et le rêve de la Seleção
Reinier vient d’entamer un nouveau chapitre de sa carrière, qu’il espère être couronné de succès. Ce dernier affiche clairement ses ambitions et continue de rêver un retour inespéré en Espagne, et même au Real Madrid : “Pourquoi pas ? Qui n'en aurait pas envie ? J'espère pouvoir revenir un jour et atteindre mes objectifs.” Mais, il reste lucide sur sa situation et ne veut pas brûler les étapes. À commencer par honorer la confiance accordée par l’Atletico Mineiro et ses supporters. Seul le présent compte.
“Je suis pleinement concentré sur l'Atlético Mineiro, qui a cru en moi et en mon football et a fait un effort considérable pour me recruter. Je ferai tout mon possible pour être à la hauteur de cette confiance et de cette affection. J'ai quitté le Brésil très tôt, après seulement 15 matchs et 6 buts. J'ai acquis de l'expérience en Europe avant de revenir au Brésil pour jouer dans une grande équipe comme l'Atlético Mineiro. Aujourd'hui, je souhaite me consacrer pleinement à ce club qui a cru en moi. Mon avenir ? Continuer à progresser, évoluer au plus haut niveau, passer du temps avec ma famille, réaliser mes rêves et me préparer au mieux à tous les défis professionnels qui se présenteront.”, clame haut et fort Reinier.
À 24 ans et au sommet de sa carrière dans le championnat brésilien, le jeune offensif espère porter les couleurs du Brésil, qui pourrait avoir besoin d’un profil créatif comme le sien en attaque. “C’est un de mes rêves, et pour le réaliser, je dois continuer à travailler dur à l'Atlético.”
Le joueur auriverde pourrait alors retrouver son ancien coéquipier, Vinicius Jr entre autres, dont il loue les qualités : “Vini est un ami proche, quelqu'un que j'apprécie beaucoup. Il fait partie des meilleurs joueurs du monde et il le prouve depuis des années au Real Madrid.” Néanmoins, pour l’heure, l’appel du sélectionneur Ancelotti n’est pas encore arrivé. Reinier devra encore travailler dur pour convaincre le technicien italien et par extension, retrouver le plus haut niveau.









