Au Real Madrid, l'abondance de biens ne nuit pas, dit l'adage, mais elle peut causer quelques maux de tête aux entraîneurs à l'heure de coucher les noms sur la feuille de match. Avec le retour confirmé de Kylian Mbappé et sa probable titularisation pour la finale de la Supercoupe d’Espagne face au FC Barcelone, Xabi Alonso se retrouve face à un dilemme tactique cornélien.
Si la présence numéro 10 du Real Madrid en pointe ne fait guère de doute, l'équation pour entourer la star française est complexe : qui de Gonzalo García, Vinicius Jr ou Rodrygo occupera les deux postes offensifs restants dans le trident habituel ? L’entraîneur basque n'a fermé aucune porte en conférence de presse.
Bien que la logique voudrait qu'il sacrifie un élément pour équilibrer son équipe face au Barça, il n’exclut pas totalement la possibilité d’aligner une configuration ultra-offensive selon les besoins du scénario. « Pourquoi pas ? Au final, c’est moi qui décide », a-t-il déclaré avec un sourire en coin, comme le rapporte le quotidien AS. Cette petite phrase maintient le suspense et la pression sur ses attaquants jusqu'au dernier moment.
Le Real Madrid bousculé par l'émergence de Gonzalo
Ce casse-tête est rendu possible par l'éclosion soudaine et spectaculaire de Gonzalo García. Le jeune attaquant formé au Real Madrid a marqué les esprits lors du match contre le Betis, deux jours avant l’Épiphanie, en inscrivant les trois buts de la victoire. Cette performance XXL a rappelé à tout le staff technique à quel point ce pur produit de La Fabrica pouvait être décisif lorsqu’il bénéficiait de temps de jeu conséquent.
La saison avait pourtant été frustrante pour lui jusqu'ici. Avant cet exploit, il n’avait cumulé que 43 minutes lors de certaines défaites clés et moins de 400 minutes sur l’ensemble des matchs précédents du Real Madrid. Mais sa prestation face aux Andalous, couplée à son activité lors de la demi-finale contre l'Atlético, a changé son statut.
Même si l’impact offensif global a été limité lors du derbi par le manque d’inspiration collective, Gonzalo a montré sa valeur dans le pressing et l’effort défensif, une discipline tactique que Xabi Alonso valorise énormément et qui pourrait être utile pour harceler la relance barcelonaise.
Rodrygo et Vinicius, entre physique et confiance
Si la méritocratie plaide pour Gonzalo, le talent pur et l'expérience des grands rendez-vous penchent pour les Brésiliens. Cependant, des variables physiques entrent en jeu. Rodrygo Goes, étincelant ces dernières semaines, sort de la demi-finale avec une gêne musculaire aux ischio-jambiers. Sa participation reste incertaine et dépendra de ses sensations à l'échauffement. S'il est apte, sa connexion technique avec ses partenaires est un atout majeur ; s'il est diminué, le risque serait trop grand face à l'intensité du Barça.
De son côté, Vinicius Jr retrouve son niveau petit à petit après une période de doute. Sa capacité à éliminer en un contre un reste une arme unique pour déstabiliser un bloc bas ou punir en contre-attaque. Pour la finale, la donne pourrait donc changer du tout au tout. Si tous les joueurs sont disponibles, la logique voudrait que Gonzalo retrouve le banc pour laisser place au trio "Galactique".
Mais Xabi Alonso a prouvé qu'il n'était pas dogmatique. Il a déjà expérimenté des alignements audacieux à quatre attaquants lors de matchs précédents. La composition finale dépendra autant de l’état de fraîcheur des joueurs que de la stratégie choisie : faut-il presser haut avec Gonzalo ou jouer la transition rapide avec les flèches brésiliennes ?
Djamel BENNACER











