Il y a des stades, et il y a des lieux de mémoire. Pour le Real Madrid, Estadio da Luz appartient à la seconde catégorie. Douze ans après une finale entrée dans la légende, les Merengues retrouvent Lisbonne avec, en toile de fond, ce ballon de la 93e minute qui a fait basculer une époque entière.
Le 24 mai 2014, à 92 minutes et 48 secondes de jeu, le Real Madrid était au bord d’un traumatisme historique. Menée par l’Atlético en finale de Ligue des champions, la Maison Blanche voyait s’échapper une Décima attendue depuis douze ans. Puis Luka Modric frappe un corner, Sergio Ramos s’élève plus haut que tout le monde et place une tête qui égalise.
Moment d’histoire. Xabi Alonso court le long de la ligne de touche en costume, Florentino Pérez se lève de son siège pour la deuxième fois de sa vie, le Real Madrid vient d’ouvrir les portes de la folie. Ce but n’a pas offert le trophée sur l’instant, mais il a ouvert la porte à tout ce qui a suivi, résultat final 4-1.
Depuis, le débat anime le madridismo, comme expliqué par Marca : le but le plus important de l’histoire moderne est-il celui de Mijatovic en 1998 ou celui de Ramos à Lisbonne ? Pour toute une génération, la réponse est claire. Sans cette tête, la dynamique psychologique du club aurait pu être brisée. Au lieu de cela, elle a déclenché la décennie la plus prolifique de l’ère contemporaine, avec six Ligues des champions entre 2014 et 2024, un cycle comparable aux grandes années de Di Stefano.
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Le Real Madrid a rétabli sa dynastie européenne
Cette finale était un résumé de toutes les frustrations précédentes. Les éliminations cruelles, les malédictions en huitièmes, les soirées européennes qui se terminaient par des regrets. Face à un Atlético de Simeone solide et discipliné, l’équipe d’Ancelotti butait, s’exposait au temps qui passe, au poids de l’histoire. Le but de Godín, les blessures de Cristiano et Benzema, l’impuissance offensive… tout menait vers une défaite douloureuse.
Puis le match a basculé dans le chaos émotionnel. Les Merengues ont poussé, multiplié les centres. Le corner de Modric et la tête de Ramos représentent un moment qui restera gravé à vie dans la mémoire de tous les supporters de la Casa Blanca à travers le monde.
Ce genre de moments dans lesquels tout le monde se souvient où il était et avec qui. L’Atlético, vidé, ne s’en est jamais remis. En prolongation, Bale, Marcelo et Cristiano ont scellé une victoire large, mais l’image éternelle reste celle du numéro 4 planant dans la nuit lisboète. Ce mercredi, le Real Madrid revient où tout a (re)commencé avec pour but de se qualifier directement en huitièmes de finale de la plus grande des compétitions.
Bruno DE OLIVEIRA











