Le calme est revenu à Valdebebas ce matin, mais c'est un calme trompeur, annonciateur de tempête pour les organismes des joueurs. Après une victoire sur le fil contre le Rayo Vallecano, le groupe d'Arbeloa a bénéficié de deux jours de repos complets avant de reprendre le chemin de l'entraînement. Cette coupure de 48 heures a fait grincer des dents chez certains supporters, qui estiment que l'heure n'est pas au farniente vu la situation comptable de l'équipe. Pourtant, cette décision s'inscrit dans un plan bien plus large mûri par le staff technique.
L'élimination précoce et douloureuse en Coupe du Roi a paradoxalement offert un cadeau inestimable au nouvel entraîneur : du temps. Pour la première fois depuis sa prise de fonction, le calendrier du Real Madrid s'allège considérablement sur ce mois de février. Les coéquipiers de Kylian Mbappé n'enchaînent qu'un seul match par semaine durant la première quinzaine du mois. Une anomalie dans une saison moderne, qu'Arbeloa compte exploiter pour transformer cette période creuse en une véritable "mini-préparation" estivale.
Arbeloa veut rattraper le temps perdu
Depuis qu'il a remplacé Xabi Alonso sur le banc, Arbeloa a vécu dans l'urgence absolue. Pris dans le tourbillon d'un calendrier démentiel, il a dû gérer l'enchaînement des rencontres tous les trois jours sans jamais avoir le luxe de poser ses valises tactiques à l'entraînement. La récupération primait sur le travail de fond. Cette séquence de février est donc vue comme une bouée de sauvetage pour instaurer enfin sa patte et ses principes de jeu.
Juste avant la réception du Rayo, Alvaro Arbeloa avait d'ailleurs teasé cette période cruciale en conférence de presse : « C’est le moment de travailler. Nous approchons maintenant de deux semaines pendant lesquelles nous pourrons travailler à tous les niveaux. Nous avons enchaîné les matchs pendant 18-19 jours, pratiquement avec une partie tous les trois jours, sans avoir beaucoup de temps pour travailler. Ce que nous cherchons, c’est pouvoir passer du temps avec les joueurs pour travailler, progresser et aller plus loin chaque jour. »
Pour Arbeloa, il ne s'agit pas de vacances, mais d'une fenêtre de tir unique pour redresser la barre avant les échéances capitales.
Le come-back de la méthode Pintus
Ce matin, les visages étaient concentrés à la Cité Real Madrid. Les joueurs ont retrouvé les terrains, mais surtout un homme redouté : Antonio Pintus. Le préparateur physique italien, célèbre pour ses méthodes spartiates, a repris les commandes des opérations. Selon les informations du média The Athletic, les joueurs ont immédiatement été soumis aux fameux tests physiques avec les masques à hypoxie (COSMED).
Ces images, devenues virales par le passé, symbolisent le retour à une exigence athlétique maximale. L'objectif est clair : évaluer avec précision la VMA et les capacités cardio-respiratoires de chaque élément pour individualiser la charge de travail. Álvaro Arbeloa a identifié le déficit physique comme l'une des causes majeures de la saison en dents de scie du Real Madrid.
Il souhaite que son effectif soit capable de répéter les efforts à haute intensité, une qualité qui a cruellement fait défaut lors des grands chocs cette saison, notamment face au FC Barcelone. Le "sergent" Pintus a donc carte blanche pour "faire saigner" les joueurs et les préparer à finir la saison en boulet de canon.
L'inspiration Zidane de 2016
Pour justifier cette approche, l'entraîneur espagnol s'appuie sur un précédent historique glorieux : la prise de fonction de Zinédine Zidane en janvier 2016. À l'époque, après avoir remplacé Rafa Benítez, le Français avait profité d'une élimination en Coupe (sur tapis vert contre Cadix) pour effectuer un travail foncier titanesque durant trois semaines.
Comme le rapporte Marca, Zidane avait lui-même théorisé cette approche : « Je me souviens qu’on avait trois semaines et on n’avait pas la Coupe d’Europe, seulement la Liga. En réalité, nous avions compris qu’ils devaient faire du cardio, se procurer de l’essence, comme nous l’avions dit ». Cette "essence" avait permis au Real Madrid de finir la saison en trombe et de remporter la Ligue des Champions à Milan.
Aujourd’hui, la situation d'Arbeloa est étrangement similaire. Il espère que ce travail de l'ombre portera les mêmes fruits. Ses yeux sont désormais rivés sur le déplacement périlleux à Valence ce week-end, qui servira de premier test grandeur nature, avant de se projeter vers le retour de la Ligue des Champions, véritable juge de paix de sa saison.
Enzo TEIXEIRA











