Mastantuono traverse une zone de turbulences. Si ses débuts sous les ordres de Xabi Alonso en début de saison avaient laissé entrevoir de belles promesses, la réalité actuelle est plus complexe sous la direction d'Álvaro Arbeloa. Le coach espagnol continue de miser sur lui pour animer le flanc droit, mais le joueur ne semble pas épanoui dans ce registre. Cette situation n'a pas échappé à une légende du football argentin, Mario Kempes. Dans une analyse relayée par MARCA, l'ancien de River Plate se montre critique mais constructif envers son compatriote.
Pour lui, le problème est avant tout mental. Il estime que Mastantuono doit faire preuve de plus de caractère pour s'imposer dans un club aussi exigeant. « Il doit s'animer davantage, être plus courageux », insiste Kempes. La comparaison qu'il dresse est d'ailleurs lourde de sens : il invite le Madridista à s'inspirer de la perle du Barça, Lamine Yamal.
Selon Kempes, là où Yamal redemande le ballon après une perte et continue de provoquer, Mastantuono a tendance à s'effacer. « S'il n'utilise pas la forme de jeu pour laquelle il a été recruté à River, il ne durera pas longtemps », prévient-il, incitant le joueur à tenter sa chance de loin et à percuter davantage.
Ce manque de percussion est précisément ce qui inquiète les observateurs. Mastantuono n'a pas le profil d'un débordeur classique. Il peine à éliminer son vis-à-vis en un contre un sur l'extérieur et cherche systématiquement à repiquer dans l'axe pour trouver des espaces, une zone malheureusement embouteillée au Real Madrid.
- À lire aussi : "Vinicius Jr et l’après-2027 : le contrat qui peut fissurer la hiérarchie du Real Madrid"
L'ombre du banc pour Mastantuono
Le dilemme tactique est évident. Mastantuono a brillé à River Plate en tant qu'« enganche », un meneur de jeu libre. Or, au Real Madrid, ce poste de numéro 10 est la chasse gardée de Jude Bellingham ou d'Arda Güler. Par conséquent, Arbeloa, tout comme Xabi Alonso avant lui, l'utilise sur l'aile droite, non pas pour ses débordements, mais pour son volume de jeu.
Paradoxalement, c'est son apport défensif qui lui garantit encore du temps de jeu : sa capacité à presser haut compense les replis parfois timides de Vinicius et Mbappé.
Le joueur lui-même est lucide sur sa situation. Dans une interview accordée à la Cadena SER, il admettait devoir s'adapter à une réalité moins "protagoniste" qu'en Argentine. « À River, je jouais un peu plus libre, je pouvais décrocher dans l'axe... Aujourd'hui, l'entraîneur me demande de jouer plus collé à la ligne », confiait-il, promettant toutefois de s'y consacrer avec passion.
Luca Schenatto-Meynadier











