Face à Osasuna, après l'orage portugais, le retour aux affaires domestiques promet d'être particulièrement intense. Fort de sa victoire étriquée mais ô combien précieuse (1-0) face à Benfica mardi soir, le Real Madrid doit immédiatement se replonger dans l'extrême exigence du championnat d'Espagne. Ce barrage aller de Ligue des champions a laissé des traces profondes, tant physiques que mentales.
L'atmosphère délétère de l'Estádio da Luz, marquée par les graves incidents en tribunes et les propos présumés racistes à l'encontre de Vinícius Júnior, a obligé le groupe à faire corps face à l'adversité. Le Brésilien, auteur d'un but somptueux et d'une résilience admirable face à l'hostilité ambiante, sera une nouvelle fois le fer de lance de son équipe en Navarre.
Mais l'heure n'est plus à l'Europe, du moins pour quelques jours. L'enjeu de ce week-end est de taille : asseoir son autorité sur la compétition nationale et prouver que la Maison Blanche a les épaules assez larges pour mener de front toutes les batailles de la fin de saison. Le contexte de la Liga est d'ailleurs idéal pour les hommes d'Álvaro Arbeloa.
Victorieux samedi dernier lors de leur précédent rendez-vous en championnat, les Madrilènes ont eu la bonne surprise de voir la défaite du FC Barcelone lundi soir contre Gérone rebattre totalement les cartes en tête du classement. En s'emparant ainsi de la première place avec deux points d'avance sur son rival catalan, le Real Madrid se déplace ce samedi à 18h30 avec le statut très convoité de leader à défendre. Mais voyager sur les terres d'Osasuna n'a jamais été une partie de plaisir pour les cadors du championnat.
Entre la fatigue viscérale accumulée en coupe d'Europe et l'obligation absolue de s'imposer pour maintenir la pression sur ses poursuivants, le défi est immense. Avant le coup d'envoi de cette rencontre charnière pour la course au titre, voici les trois éléments tactiques et contextuels à maîtriser sur cette redoutable équipe d'Osasuna.
Osasuna, une dynamique positive et une place solide au classement
La première chose à assimiler avant ce choc concerne la forme actuelle d'Osasuna. Loin d'être une équipe luttant péniblement pour sa survie dans l'élite espagnole, Osasuna réalise une saison tout à fait remarquable et s'inscrit dans une dynamique extrêmement positive depuis le mois d'août. Actuellement confortablement installés dans la première moitié du tableau, les Navarrais lorgnent même les places qualificatives pour les prochaines compétitions européennes.
El Sadar n’est jamais une simple formalité. Osasuna pointe à la 10e place, mais traverse une période positive : cinq matchs sans défaite, trois victoires dans cette série dont le Celta Vigo à l’extérieur. L’équipe d’Alessio Lisci a retrouvé stabilité et cohérence.
Avec 28 buts encaissés cette saison, les Rojillos affichent une défense plus solide que plusieurs équipes mieux classées. Sergio Herrera, troisième gardien de Liga en nombre d’arrêts par match (3,6), symbolise cette résistance. Devant, tout repose en grande partie sur Ante Budimir. Cinq buts lors des cinq derniers matchs. Onze réalisations au total, soit près de 40 % des buts de son équipe. Budimir est sans aucun doute le danger principal de cette formation.
Cette dynamique très favorable permet aux joueurs locaux d'aborder la réception du grand favori sans aucune pression négative, mais avec l'immense ambition de faire tomber le leader madrilène. En jouant totalement libérés et portés par l'euphorie de leur bon classement, ils représentent le pire adversaire possible pour une équipe qui sort tout juste d'un affrontement continental épuisant.
La confiance emmagasinée par Osasuna se traduit sur le rectangle vert par des prises de risques assumées, des transitions offensives tranchantes et une absence totale de complexe d'infériorité. Le Real Madrid est donc prévenu : il ne trouvera pas face à lui un bloc recroquevillé qui joue la peur au ventre, mais bien une équipe joueuse, ambitieuse, et déterminée à consolider sa place dans l'élite du football espagnol.
Le défi athlétique et la pression étouffante d'El Sadar
Le deuxième élément fondamental à prendre en compte réside dans l'intensité physique et atmosphérique que promet cette confrontation. Les joueurs madrilènes vont passer d'un enfer à un autre. Si le public lisboète s'est tristement illustré par son hostilité en milieu de semaine, l'enceinte d'Osasuna, El Sadar, offrira un tout autre type de pression, beaucoup plus sportive mais tout aussi étouffante.
Ce stade est réputé à juste titre pour être l'un des plus bruyants et des plus fervents du pays, agissant comme un véritable douzième homme. Portée par ce public volcanique, l'équipe de Pampelune est historiquement reconnue pour son engagement sans faille et sa générosité dans l'effort collectif.
Reconnus pour leur volume de jeu impressionnant, les Navarrais font historiquement partie des formations les plus endurantes et agressives de la Liga. Ils n'hésitent jamais à venir chercher leurs adversaires très haut sur le terrain pour perturber la première relance et multiplier les duels d'hommes au milieu de terrain.
Cette donnée purement athlétique est cruciale quand on connaît l'état de fatigue logique du vestiaire dirigé par Álvaro Arbeloa. Après un combat d'une telle intensité au Portugal, les organismes sont forcément entamés, et les temps de récupération ont été très courts pour préparer ce déplacement.
Pour répondre à ce défi physique imposé par Osasuna, le milieu de terrain devra impérativement se hisser à la hauteur de l'événement. L'abattage XXL de la connexion française, formée par Eduardo Camavinga et Aurélien Tchouaméni, sera absolument indispensable pour gratter des ballons, imposer une supériorité athlétique et casser les lignes du pressing adverse.
Si la relance manque de précision ou de tonicité, les joueurs d'Osasuna se feront un malin plaisir à récupérer la possession dans des zones dangereuses. La capacité à faire tourner le ballon rapidement pour épuiser l'adversaire sera la meilleure arme de la Casa Blanca.
La menace permanente du jeu de tête face à la muraille madrilène
Enfin, le troisième point d'attention majeur concerne l'animation offensive navarraise et son profil très atypique pour la Liga. Le staff va devoir préparer sa ligne défensive à subir un véritable pilonnage aérien tout au long des quatre-vingt-dix minutes. Depuis le début de la saison, Osasuna excelle dans l'art d'écarter le jeu sur les ailes pour abreuver sa surface de réparation de centres fuyants et précis. À la conclusion de ces mouvements verticaux, on retrouve très souvent le redoutable buteur croate Ante Budimir.
Véritable poison pour les charnières centrales, l'attaquant d'Osasuna est impliqué dans une part immense des buts de son équipe cette saison et règne en maître absolu dans le domaine aérien. Son jeu dos au but, sa malice pour s'échapper du marquage et sa détente en font une menace constante sur chaque phase arrêtée ou chaque débordement.
Ce profil très spécifique représente un véritable crash-test pour la nouvelle solidité défensive instaurée par le staff technique. Le Real Madrid affiche heureusement des statistiques très rassurantes : sous la houlette de son nouvel entraîneur, l'équipe reste sur une série remarquable de seulement deux buts encaissés lors de ses cinq dernières rencontres de championnat.
Mais ce samedi, la charnière centrale devra livrer un combat de tous les instants face au vice de l'attaquant navarrais. La gestion de la profondeur, le gain des seconds ballons et la couverture mutuelle seront les clés absolues du succès. De l'autre côté du terrain, l'attaque devra également se montrer d'un cynisme froid.
Kylian Mbappé, qui a retrouvé une place de titulaire à Lisbonne mais a manqué d'efficacité face au but, devra impérativement retrouver son tranchant dans le dernier geste. L'objectif est de plier la rencontre le plus vite possible pour permettre des rotations vitales, car le barrage retour décisif contre Benfica se profile déjà à l'horizon.











