Raúl Asencio n'a pas freiné quand tous lui demandaient de le faire. Avec une fissure au niveau du tibia, le risque réel de subir une fracture totale était bien présent, et le bulletin médical l'invitait explicitement à s'arrêter pour une période allant de six à huit semaines. Il a tout de même choisi de continuer. « Je ne m'arrête pas, même fou », est-il arrivé à lancer du côté de Valdebebas. Et il a tenu parole. Il a joué sa saison pour le bien de l'équipe et, pour le moment, cette décision a porté ses fruits.
Le défenseur central a assumé ce risque immense au pire moment possible. La défense madrilène était alors frappée de plein fouet, l'infirmerie était pleine et le calendrier ne laissait absolument aucun répit. Avec près de 1 900 minutes accumulées et un corps poussé à l'extrême limite, Raúl Asencio a fait un pas en avant pendant que ses coéquipiers voyaient enfin le bout du tunnel. Il a continué à concourir tout en étant diminué physiquement, sachant pertinemment que la moindre frayeur aurait pu signifier l'adieu définitif à sa saison sportive.
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Au bord du gouffre : l'option du traitement express pour Raúl Asencio
La solution trouvée fut un traitement minimalement invasif visant à retirer les cellules anormales dans la zone directe de la cicatrice du tibia. Cette consolidation fallacieuse menaçait gravement de fragiliser l'os et de convertir la simple fissure en véritable fracture. Le corps médical a misé sur un patch express qui lui a permis de gagner un temps précieux. Et Raúl Asencio a mis à profit chacun de ces 13 jours de trêve pour répéter ce même processus à de multiples occasions.
Le repos a également été d'une aide cruciale. Il a raté deux matchs (l'un sur décision et l'autre pour cause de sanction) et cette parenthèse inopportune a fini par décharger la zone affectée. Aujourd'hui, le footballeur est beaucoup plus soulagé, ressent de meilleures sensations et se retrouve préparé pour revenir à la compétition dans un moment clé de la saison, comme le souligne Marca.
Son pari n'était pas seulement tourné vers le présent immédiat. Raúl Asencio veut absolument se consolider dans les plans d'Álvaro Arbeloa, qui le considère comme le défenseur le plus en forme du moment, et ne veut pas perdre le train d'une année clé. À l'horizon pointe également un Mondial avec lequel il rêve. S'arrêter six ou huit semaines signifiait descendre de plusieurs courses à la fois et laisser tomber le groupe de la maison Blanche. Et cela n'allait tout simplement pas arriver.
Maintenant, le scénario est tout autre. L'infirmerie commence doucement à se vider et Arbeloa pourra mieux gérer les charges en défense, activer des rotations nécessaires et éviter des risques inutiles. Asencio, pendant ce temps, revient avec le groupe à Pampelune avant le décisif match retour des barrages de la Ligue des champions face au Benfica. Il a pris tous les risques quand le calendrier brûlait le plus. Il a tenu bon et aujourd'hui il respire. Treize jours après, Asencio est de nouveau sur pied.











