Le Real Madrid s'apprête à retrouver le Benfica ce mercredi soir sur la pelouse du Santiago Bernabéu pour une manche retour qui s'annonce électrique. Forts de leur courte mais précieuse victoire acquise au Portugal la semaine passée sur le score de 1-0, les hommes d'Álvaro Arbeloa abordent ce grand rendez-vous européen en position de force.
Cependant, la tension est à son comble après les événements extrasportifs déplorables qui ont émaillé la première confrontation entre les deux formations. Le public madrilène attend de pied ferme une équipe portugaise qui l'avait bousculé lors de la phase de groupes, mais le contexte a radicalement changé.
Benfica, toujours dirigé d'une main de fer par l'emblématique José Mourinho, ne se déplacera pas dans la capitale espagnole pour faire de la simple figuration, bien au contraire. Les Aigles se présentent au coup d'envoi avec l'obligation absolue de combler leur retard d'un but concédé sur leur propre pelouse pour espérer se qualifier en quart de finale.
Dans un contexte sportif et extra-sportif particulièrement lourd, les visiteurs préparent ce grand rendez-vous avec plusieurs certitudes techniques mais aussi d'immenses défis psychologiques à relever pour renverser la vapeur. La pression sera maximale sur les épaules des joueurs de Benfica, qui devront réaliser un exploit historique pour sortir le géant espagnol dans son jardin fétiche.
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L'ombre de l'affaire Prestianni et un climat délétère pour Benfica
Le match aller a malheureusement basculé dans la controverse lorsque Gianluca Prestianni a été accusé d'avoir proféré des insultes racistes à l'encontre de l'ailier brésilien Vinícius Júnior. Cet incident majeur a provoqué une interruption temporaire de la rencontre par l'arbitre français François Letexier, modifiant totalement l'atmosphère de la soirée et provoquant la colère légitime du banc madrilène.
José Mourinho a catégoriquement refusé de condamner publiquement son joueur devant les médias, arguant que sa bouche était dissimulée par son maillot et évoquant une simple situation de parole contre parole. Cette ligne de défense très discutable a profondément choqué l'opinion publique en Espagne et promet un accueil particulièrement hostile à l'ensemble de la délégation portugaise au retour.
Le jeune ailier a en effet été provisoirement suspendu par l'UEFA, ce qui l'empêchera de fouler la pelouse et privera son équipe d'un atout face au Real Madrid. Le dispositif de sécurité autour de cette rencontre sous haute tension sera d'ailleurs scruté de très près par les instances européennes. On se souvient que Kylian Mbappé a déjà publiquement pris position en affirmant que de tels comportements ne devaient plus avoir leur place en Ligue des champions.
La force mentale de Vinicius Jr, qui a prouvé à l'aller qu'il pouvait rester décisif malgré les attaques, sera une nouvelle fois l'un des piliers sur lesquels Álvaro Arbeloa compte s'appuyer pour valider la qualification. Les supporters du Bernabéu comptent bien transformer l'enceinte en véritable enfer pour les coéquipiers de Prestianni, afin de répondre de manière pacifique mais sonore aux incidents de l'Estádio da Luz.
Une course poursuite épuisante dans le championnat portugais
Sur le plan purement sportif, le Benfica traverse une période particulièrement exigeante sur le plan physique et mental qui pourrait laisser des traces indélébiles lors de cet affrontement. La formation entraînée par le technicien portugais est actuellement engagée dans une lutte acharnée pour tenter de recoller au FC Porto, l'actuel leader incontesté du championnat national, ce qui oblige à une débauche d'énergie constante.
Cette course poursuite haletante oblige l'entraîneur du Benfica à tirer intensément sur les organismes de ses joueurs majeurs chaque week-end, réduisant considérablement ses possibilités de faire tourner son effectif. On a vu lors du dernier match de championnat que certains cadres commençaient à montrer des signes de fatigue musculaire inquiétants à l'approche de l'heure de jeu, ce qui est souvent fatal face au Real Madrid.
De son côté, au Real Madrid, l'ambiance s'est brutalement tendue après la défaite surprise concédée ce week-end face à Osasuna. Ce revers inattendu a fait perdre leur fauteuil de leader aux Madrilènes, désormais deuxièmes de la Liga avec un point de retard sur le FC Barcelone, ce qui interdit tout nouveau faux pas mental.
Si les deux équipes arrivent avec une pression nationale immense, celle des Portugais est encore plus ancienne et profonde car ils courent après le FC Porto depuis de longues semaines. Cette dangereuse accumulation de fatigue au fil des matches côté portugais pourrait s'avérer totalement fatale sur la pelouse du Bernabéu, une enceinte où le terrain semble toujours plus grand pour les équipes qui manquent de fraîcheur.
L'intensité physique extrême exigée par les grandes joutes européennes pardonnera très difficilement la moindre baisse de régime de la part des visiteurs dans les vingt dernières minutes de la rencontre. Arbeloa l'a bien compris et devrait demander à ses joueurs, piqués au vif par leur déception nationale, d'imposer un rythme infernal dès l'entame de match pour asphyxier des Portugais déjà entamés par leur calendrier local très chargé.
L'obligation tactique de se découvrir sans Mourinho sur le banc
La défaite de l'aller impose au Benfica un défi tactique immense, complexifié par l'absence de son mentor sur le bord du terrain pour cette manche décisive. Ayant reçu un carton rouge lors du match aller, José Mourinho sera contraint de suivre cette rencontre décisive depuis les tribunes du Santiago Bernabéu.
Sans les ajustements en temps réel de leur leader charismatique, les Lisboètes devront impérativement trouver la clé pour percer le solide rideau défensif articulé autour du duo Aurélien Tchouaméni et Eduardo Camavinga, qui excelle dans l'art de briser les lignes adverses.
Benfica devra prendre des risques considérables pour refaire son retard, s'exposant ainsi aux transitions foudroyantes de Kylian Mbappé et Vinícius Júnior. Lors de la première manche, le milieu de terrain du Real Madrid avait totalement étouffé les créateurs adverses par un pressing constant et une lecture du jeu millimétrée. En se projetant davantage pour égaliser, les défenseurs du Benfica risquent de laisser des espaces béants dans leur dos, un scénario idéal pour le plan de jeu d'Álvaro Arbeloa qui affectionne particulièrement les attaques rapides.
Privés des consignes directes de leur entraîneur, les Aigles de Benfica s'exposent à une soirée très compliquée s'ils ne font pas preuve d'une efficacité clinique devant le but madrilène. L'absence de coaching immédiat pourrait être le facteur qui fera pencher définitivement la balance en faveur des locaux, impatients de valider leur ticket pour le tour suivant.
