La scène peut paraître anodine, mais elle ne l’est pas. En octobre dernier, en pleine trêve internationale, Antonio Pintus apparaît sur le banc de Stamford Bridge lors d’un match entre les légendes de Chelsea et de Liverpool. Aux côtés de Roberto Di Matteo, il ne se contente pas d’un rôle symbolique : il a préparé physiquement les anciens joueurs londoniens quelques jours auparavant. « Pintus faisait partie du staff technique », rappelle une source proche du club anglais, en référence à son passé chez les Blues lors de la Supercoupe d’Europe 1998.
Cette apparition intervient dans un contexte particulier. À Madrid, l'Italien est alors relégué à un rôle secondaire de Performance Manager. Xabi Alonso, fraîchement nommé, choisit de travailler avec Ismael Carmenforte, son homme de confiance au Bayer Leverkusen. « Xabi préférait ne pas compter sur lui », confie un observateur interne. Une décision qui ne correspond pas à la volonté du président Florentino Pérez, désireux de maintenir Pintus au cœur du projet.
Le bras de fer reste discret, mais réel. Pintus, sous contrat, demeure dans l’organigramme tout comme d’autres figures liées à Arbeloa. En coulisses, le président agit : « L’une de ses premières décisions a été de réintégrer Pintus pour renforcer la préparation physique », indique une source madrilène. Deux mois plus tard, les effets deviennent mesurables.
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Un retour de Pintus dans le staff salvateur pour le groupe merengue
Sur le terrain, les chiffres parlent. Face à Manchester City en huitièmes de finale de Ligue des champions, le Real Madrid affiche une intensité retrouvée. Au Bernabéu, les distances parcourues sont quasi identiques (113,7 km contre 113,4), mais à l’Etihad, l’écart est net : « 114,5 km contre 109,9 », une première cette saison après dix matchs européens. Pour beaucoup en interne, « c’est la signature Pintus ».
Cette montée en puissance physique intervient malgré un contexte défavorable. Privé de véritable préparation estivale, le groupe devait initialement profiter d’une pause hivernale pour organiser une mini pré-saison. Mais « le but de Trubin a contrecarré ce plan », obligeant le staff à adapter sa stratégie. Résultat : une intensification progressive des entraînements, sous la direction de celui que l’on surnomme « le Sergent », « le Diable » ou encore « le Général ».
Une complicité omniprésente avec Arbeloa
C’est dans ce climat qu’intervient la fameuse photo avec Álvaro Arbeloa. Les deux hommes, souriants et complices, affichent une proximité évidente. « La complicité entre Pintus et Arbeloa est totale », glisse un proche du club à AS. L’image dépasse le simple cadre amical : elle symbolise une alliance forte au sein du club, possiblement perçue comme un signal.
À l’approche de la phase décisive de la saison, Pintus semble avoir repris la main. Celui « sur lequel Xabi ne comptait pas » est aujourd’hui central dans la dynamique physique de l’équipe. Et cette mise en scène, volontaire ou non, interroge : s’agit-il d’un simple moment capturé… ou d’un message adressé directement à l’entraîneur madrilène ?









