Après cette victoire divertissante 4 buts à 2 dans un Viejo Clásico contre l'Athletic Club, le Real Madrid a officiellement terminé sa saison 2025-2026. Avec 86 points au compteur en Liga, une élimination en quarts de finale de la Ligue des champions contre le Bayern Munich, et une sortie honteuse contre Albacete en Coupe du Roi, l'exercice qui vient de se clôturer mérite un bilan complet. Entre un constat alarmant et un championnat flatteur, comment lire la saison du Real Madrid ?
La saison du Real Madrid n'a ni queue ni tête
Pour tout vous dire, il est difficile de savoir où donner de la tête au moment de dresser le bilan du Real Madrid. Entre les déceptions sportives, le manque de remise en question et de mental, les dramas qui ont émaillé et rythmé la saison du Real Madrid, les deux coachs livrés à eux-mêmes face à un vestiaire qui n'y ressemble que de nom, et la fin de saison chaotique, cet exercice ne ressemble à rien d'autre qu'à un bazar. La saison 2025-26 de la Maison Blanche a-t-elle vraiment démarré ?
Le projet de Xabi Alonso est mort-né dans l'œuf avec l'épisode contre le Paris Saint-Germain, où il a été forcé d'aligner Vini Jr et Kylian Mbappé titulaires contre les champions d'Europe 2025. Derrière, la suite n'a été qu'une bombe à retardement qui couvait de plus en plus derrière les non-dits, les attitudes des joueurs et le manque de souplesse managériale du technicien basque. Les mauvais résultats dans les grands matchs ont condamné l'ancien tacticien du Bayer Leverkusen, dont on dit que l'héritage est désastreux au moment de la réintroduction de Pintus dans le staff madrilène.

Son successeur et meilleur ami Alvaro Arbeloa est venu à la rescousse pour être le paratonnerre de l'équipe et des dirigeants, déterminés à ne pas assumer les conséquences de leurs choix et actes. Au moment de faire les comptes, on s'aperçoit qu'une fois encore la saison du Real Madrid est blanche alors que les trophées étaient à portée de main. Une fois encore, les coéquipiers de Vini Jr. ont abandonné la saison à un moment où rien n'était figé dans le marbre. Pire encore, des Madridistas se persuadent qu'avoir lâché Xabi Alonso est ce qui a condamné les Vikingos.
Le Real Madrid a perdu sa première place en Liga le 30 novembre, après 3 matchs nuls consécutifs contre le Rayo Vallecano, Elche et Gérone. Malgré cela, les hommes de Xabi Alonso restaient au contact du Barça d'Hansi Flick. Il restait alors 6 mois de compétition, mais le peuple Madridista savait déjà que tout était terminé. Un véritable abandon de poste de la part de tous les acteurs principaux (joueurs, dirigeants, entraineur) alors qu'on n'en était qu'à la 14e journée de Liga. Xabi Alonso n'a pas su fédérer son vestiaire, ni couper le raccourci des joueurs vers la direction lorsqu'il s'agit de se plaindre.

Cet exercice n'a ni queue ni tête. Le vestiaire du Real Madrid en 2025-26 n'en a pas vraiment été un, sauf par séquences au mois de mars. Entre les informations qui fuitent, les tensions, les non-dits entre les joueurs et les bagarres, José Mourinho devra colmater les brèches et se poser en médiateur ou en ennemi commun pour pousser les joueurs à s'unir tous ensemble.
La venue d'Alvaro Arbeloa n'a été qu'une farce pour ne pas que la saison soit totalement en roue libre. Par pur amour pour son club, l'ancien numéro 17 du Real Madrid a accepté d'être pris pour responsable de toutes les casseroles qui ont suivi sa nomination à la tête de l'équipe A. Un véritable gâchis, le Real Madrid ayant en son sein un entraineur prometteur, connaissant parfaitement les jeunes équipes madrilènes et qui, par ses résultats avant de prendre en main les A, donnait envie de le voir à la tête de son club de cœur dans un contexte plus sain.
Un bilan chiffré flatteur
Depuis le changement de format de LaLiga à 38 journées en 1986-87, le Real Madrid a terminé 15 fois à la deuxième place. Sur ces 15 médailles d'argent officieuses, il se trouve que la saison 2025-2026 est le 5ème exercice avec le plus de points. Pour mettre en perspective le bilan comptable de l'exercice qui vient de se clôturer depuis 1987-1988, les 86 points glanés par Xabi Alonso et Alvaro Arbeloa sont au-dessus de 8 exercices sur lesquels les Vikingos a terminé champion d'Espagne (1987-88, 1988-89, 1989-90, 1994-95, 2000-01, 2002-03, 2006-07 & 2007-08).
Un bilan sur le papier de bonne facture, puisqu'avec le même total de point les Merengues ont été champions d'Espagne en 2019-20 avec 87 points, mais surtout le Real Madrid a acquis 2 points de plus que l'année passée sous la houlette de Carlo Ancelotti en 2024-25. Cependant, la Maison Blanche a inscrit 1 but de moins cette année (77 buts inscrits en 2025-26) que l'exercice précédent (78 buts inscrits en 2024-25). Des statistiques qui atténuent une triste réalité.
Un championnat faible et une frustration légitime
Une fois tout cela exposé, on ne peut pas ignorer le contenu de la saison qui s'est déroulé : une équipe qui a manqué de mordant, de solidarité, de mental, de bonne agressivité, qui ne doit son bilan comptable qu'à une Liga d'une exceptionnelle faiblesse, probablement la plus faible depuis les années 1980. D'ordinaire, un championnat aussi serré est le signe d'une compétitivité rare, cependant cela est à relativiser quand, par exemple, Séville - alors en position de relégable à 6 journées de la fin - se retrouve aux portes de l'Europe à 2 matchs de la clôture de LaLiga.
On pourrait citer également la saison de Getafe pour mettre en exergue le facteur faiblesse. Bien que leur exploit de se qualifier en Ligue Europa Conférence soit à saluer, le fait que les hommes de José Bordalás terminent à la 7e place en ayant la seconde attaque la moins prolifique du championnat tout en ayant dans ses rangs le second meilleur passeur du championnat (Luis Milla), est assez équivoque. Dans ce contexte, la frustration doit nourrir le peuple Madridista, car au contraire des coéquipiers de Kylian Mbappé, le FC Barcelone est conscient de cela et en profite pour glaner des Ligas plus abordables que jamais et rattraper leur retard sur le Real Madrid au nombre de championnat.










