Il y a peu d'athlètes capables de porter simultanément le poids d'une nation, la pression d'un club comme le Real Madrid et les attentes d'une génération entière. Mbappé le fait depuis qu'il a 17 ans, avec une aisance de façade qui cache, parfois, une vulnérabilité bien réelle.
Dans cet entretien accordé au Parisien, Kylian Mbappé parle sans filtre de ce qui le hante, de ce qu'il a perdu en devenant qui il est, et de ce qu'il doit au Paris Saint-Germain malgré un départ chaotique.
À cette occasion, le buteur merengue a reçu une question particulière de la part de son petit frère, Ethan, qui lui a demandé s'il comptait « défendre un jour ».
Ce à quoi son grand frère a répondu en toute franchise : « Je dois passer un step supplémentaire en défense. Je suis prêt à faire les choses bien car je veux la Coupe du Monde à tout prix. C’est quelque chose qui est important pour les équipes et je pense que je dois le faire. Tout ça doit commencer déjà avec cette Coupe du monde parce qu’on veut la gagner. »
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Les leçons apprises par Mbappé après la Coupe du monde 2022
Sur ses souvenirs de Coupe du monde et la finale perdue contre l'Argentine en 2022 : « Il y a beaucoup de souvenirs. Surtout les défaites, parce que si tu les revis, peut-être que tu peux changer le cours du destin. Par exemple, je changerais l'Argentine 2022. Cette finale me revient plus en tête que celle que nous avons gagnée. »
La finale du Lusail reste une plaie ouverte. Mbappé y avait inscrit un triplé historique, sans que cela suffise à arracher la victoire. Un match que la mémoire collective a transformé en chef-d'œuvre maudit, et que le capitaine français n'a toujours pas digéré.
Sur la cruelle réalité des éliminations aux tirs au but : « C'est très difficile de perdre une finale de Coupe du Monde. Déjà parce que c'est tous les quatre ans. Beaucoup de joueurs de ce match-là ne sont plus dans cette Coupe du Monde. La cruauté est là, c'est se dire qu'on a fait tout ça pour perdre aux penalties. Je ne crois pas à la chance, les penalties ne sont pas une loterie. C'est un geste technique, mais ça reste la façon la plus cruelle de perdre une finale du Mondial. »
La rançon de la gloire, une chose qui n'atteint pas le Français
Sur ce que représente désormais une journée idéale pour Mbappé : « Pour des gens comme moi, un jour de rêve, c'est revenir à la simplicité : ne pas être dérangé, pouvoir faire ce que tu veux, avec qui tu veux, où tu veux. C'est devenu un luxe pour moi, même si ce sont des choses très simples. Mais il ne faut jamais se plaindre de l'amour que tu reçois des gens. »
Sur la perte de vie privée et ce qu'elle lui coûte vraiment : « Ça nous déshumanise, ça nous transforme un peu en animaux de cirque. Mais tout le monde veut savoir ce que je fais, où et avec qui. J'ai appris à le comprendre et à accepter plus ou moins que ça fera toujours partie de ma vie. Personne n'est préparé à ça, mais je peux sortir sans sécurité. Je peux vivre plus qu'en France. »
Mbappé et son rapport à l'anonymat : « Je ne veux pas revenir à l'anonymat. C'est bizarre de voir des gens qui font le même travail que moi, qui jouent dans les mêmes équipes que moi, mais qui n'ont pas la même vie que moi. Je ne rêve pas de l'anonymat, mais je rêve d'être un peu comme mes coéquipiers qui vivent de leur passion sans être épiés à chaque instant de la journée. »
Mbappé et sa relation avec le PSG après son départ
Mbappé et sa relation avec le président du PSG malgré un départ conflictuel : « Le président Nasser a changé ma vie. Tout le monde ne se souvient que de la fin, ce qui est normal parce que partir du PSG c'est presque impossible. Je savais qu'en partant, je me retrouverais dans cette situation. Mais avant tout ça, je ne peux pas mentir, il a fait beaucoup de choses pour ma famille et pour moi.
Quand j'ai un conflit avec quelqu'un et que je crois mériter de le gagner, je n'ai aucun problème ni scrupule à aller jusqu'au bout. Mais il ne faut pas tout confondre : Nasser est quelqu'un que j'estime. Parce que si aujourd'hui je suis au Real Madrid et capitaine de l'équipe de France, le Paris Saint-Germain et Nasser Al-Khelaïfi ont une place centrale là-dedans. »
Une déclaration qui referme, du moins en apparence, un chapitre douloureux. Kylian Mbappé n'efface pas le conflit. Il le replace dans une relation plus longue, plus complexe, où la gratitude coexiste avec la confrontation. Une nuance que peu de sportifs au sommet auraient la lucidité de formuler publiquement.










