Le projet Luka Modrić ne sera pas pour tout de suite pour Arda Güler. Lors de la victoire 2-1 face à l’Espanyol pour la première journée de Liga, la composition alignée par José Mourinho a pu surprendre. Le numéro 15 madrilène, qui avait pourtant occupé le poste de numéro 10 durant toute la présaison, est revenu à son ancien rôle, celui qu’il occupait lors de la saison 2024/25 et déjà auparavant à Fenerbahçe.
Le Turc a débuté la rencontre dans un rôle de faux ailier droit, comme le rapporte AS, laissant le poste de meneur de jeu à Jude Bellingham. Un repositionnement qui tranche avec les dernières déclarations du Special One, qui évoquait tout juste une trajectoire bien différente pour Güler, davantage tournée vers le milieu de terrain que vers l’aile. Mais cela, c’est uniquement ce que raconte la feuille de match. Sur le terrain, la réalité s’est révélée bien plus nuancée.
🚨 NEW: Jose Mourinho used Arda Güler as a “false” winger vs Espanyol, and the player was the architect behind most of Real Madrid’s play. Playing Arda on the wing allowed Jose to keep Jude Bellingham in the attacking midfield role that he thrives in. @diarioas
Bien plus qu'un simple ailier
Sur le terrain, Güler s’est montré présent sur toutes les phases de jeu. Aussi bien à la construction, où il formait un carré avec les milieux de terrain, que dans le dernier tiers. Dans le 3-2-4-1 avec ballon dessiné par Mourinho, le Turc évoluait dans le demi-espace droit. Le vrai ailier droit du Real Madrid, c’était plutôt Denzel Dumfries, chargé de prendre la largeur pour étirer le bloc adverse.
Arda Güler et Jude Bellingham se sont ainsi comportés davantage comme deux meneurs de jeu que comme un ailier et un numéro 10 classiques. Un contraste total avec ce qu’on avait pu observer lors de la déroute 5-2 contre l’Atlético la saison dernière. Ce rôle a totalement convenu au Turc. Auteur d’une passe décisive, il a passé sa soirée à créer des occasions.
Sept passes clés au compteur, un record pour un joueur du Real Madrid depuis 2024, que lui seul avait réussi à battre auparavant. Cinq duels remportés sur sept disputés. Güler fait clairement partie des grands artisans de ce match, rendant sa sortie à la 64ème minute difficile à comprendre.
Une complicité qui répond à un vieux puzzle
Trouver comment faire cohabiter Bellingham et Arda Güler pouvait ressembler à un casse-tête fatal pour n’importe quel entraîneur. Contre l’Espanyol, non seulement les deux joueurs ont bien performé ensemble, mais on a même pu y voir une véritable complicité. Le premier but madrilène de la saison est directement né de cette association. Un coup franc du Turc transformé de la tête par l’international anglais. La scène a d’ailleurs failli se reproduire en seconde période, cette fois sur corner.
Avec l’un dans le demi-espace gauche et l’autre dans le demi-espace droit, le Real Madrid a semblé cohérent et les deux joueurs se trouvaient presque les yeux fermés. En se basant sur cette seule rencontre, José Mourinho pourrait bien résoudre, treize ans plus tard, un puzzle qu’il connaît déjà. Celui de Kaká et Mesut Özil. Deux profils comparables à ceux de Bellingham et Güler. Kaká et Özil sont restés invaincus lors des 20 rencontres qu’ils avaient débutées ensemble à l’époque, avec Özil occupant justement ce même rôle de faux ailier droit.
Un Real Madrid imprévisible
La règle sur ce couloir droit semble désormais confirmée. Si le latéral prend la largeur, l’ailier vient se replacer dans le demi-espace et inversement. Une logique qui explique d’ailleurs les entrées de Yan Diomandé et de Trent Alexander-Arnold, à quelques minutes d’intervalle seulement, en fin de rencontre.
Reste à savoir si l’entraîneur portugais retentera le coup face à la Real Sociedad. Est-ce que ce sera cette fois Diomandé qui occupera l’aile droite ? Le numéro 15 prendra-t-il la place de Bernardo Silva au milieu ? Au final, la multitude d’options dont dispose Mourinho rend le Real Madrid particulièrement imprévisible.
Il l’avait lui-même annoncé en conférence de presse. « Je ne donne pas mon onze, on verra qui d’entre vous a les meilleurs contacts. » Non seulement ce coup de poker n’a pas fuité, mais personne n’était non plus parvenu à le deviner.










