Certains joueurs sont faits pour les projecteurs, d’autres pour l’ombre. Sami Khedira a toujours appartenu à la seconde catégorie. Entre 2010 et 2015, l’Allemand aura pourtant tout gagné avec le Real Madrid : sept titres, dont une Liga et la Décima en 2014, en 161 matchs sous le maillot blanc. Un palmarès XXL, forgé notamment sous les ordres de Mourinho lors de son premier passage sur le banc merengue.
Cet été, le champion du monde 2014 est revenu à la maison, cette fois au sein du staff du technicien portugais, de retour lui aussi pour un second passage à Madrid. Un come-back qui n’a rien d’un hasard. Si l’ancien milieu n’a jamais été le nom qui fait vibrer le Bernabéu, il reste l’un de ceux que le Special One est allé chercher en priorité pour rebâtir son projet, seize ans après l’avoir façonné comme joueur.
🚨 REVEALED: Sami Khedira’s role at Real Madrid goes BEYOND training. He was brought in to help improve the dressing-room DYNAMIC and maintain the club’s STANDARDS. @TheAthleticFC
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Le profil que Mourinho voulait à tout prix
Selon The Athletic, tout s’est joué dès les premières réunions de Mourinho avec la direction du club, en mai, avant même l’officialisation de son retour le 11 juin. Le Portugais avait alors clairement fait savoir qu’il voulait s’entourer d’un profil capable de faire le lien entre lui et le vestiaire, idéalement quelqu’un connaissant déjà les rouages et les exigences de la maison. Une nécessité d’autant plus grande que l’harmonie du groupe avait volé en éclats la saison passée, jusqu’à la bagarre entre Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde avant le Clásico de mai.
« Mourinho voulait quelqu’un de charismatique, avec une vraie présence dans le vestiaire », révèle The Athletic. Un profil qui collait parfaitement à celui de Khedira. Un ancien coéquipier de l’époque, resté anonyme, se souvient de son sang-froid et du fait qu’il possédait déjà cette capacité à donner des consignes et à organiser l’équipe, bien avant d’endosser un rôle officiel dans un staff.
Son sérieux et son assiduité dans les séances d’analyse vidéo, alors que ce n’était pas encore la norme, avaient également marqué les esprits, tout comme son tempérament et sa volonté de gagner.
Un rôle qu’il ne pouvait pas refuser
Sur le papier, pourtant, rien ne prédestinait vraiment l’Allemand à ce genre de mission. Dans un entretien accordé à AS en 2024, il confiait se voir davantage évoluer du côté administratif du football, en développant des stratégies à long terme au sein d’un club ou d’une fédération, plutôt que sur le banc à proprement parler. L'option d'entraîner restait pour lui une éventualité lointaine, malgré l’obtention de sa licence d’entraîneur.
Mais entre Mourinho et le Real Madrid, difficile de dire non. Selon The Athletic, l’association des deux ne laissait aucune place à l’hésitation, Khedira n’y aurait même pas réfléchi une seule seconde. Le coach merengue lui-même a raconté l’avoir appelé pendant la Coupe du monde 2026, où l’ancien milieu de terrain officiait alors pour la FIFA. Sa réponse a été immédiate, il se disait prêt à démarrer dès le lendemain à Madrid si besoin, malgré ses engagements sur place.
Dans l’ombre du banc
Concrètement, Khedira n’est pas celui qui dirige les entraînements. Ce rôle revient davantage à « Mou » et aux autres adjoints venus avec lui de Benfica, comme João Tralhão et Pedro Machado. Mais l’ancien milieu n’en reste pas moins central dans l’organisation du quotidien madrilène, entre préparation des séances et suivi de la dynamique du groupe. « Les entraînements sont plutôt dirigés par le coach, mais Sami prépare énormément de choses, donne son avis et est très respecté de tout le monde », révèle The Athletic.
Lors de sa première conférence de presse de la saison, le 21 août, Mourinho n’avait pas manqué de saluer son apport. « C’est un atout précieux pour mon staff, il a un bon lien avec les joueurs, il a évolué ici et connaît la mentalité », avait-il déclaré.
Avec ce choix, le Special One perpétue d’ailleurs une habitude de la maison. Dès son arrivée en 2010, il s’était entouré d’Aitor Karanka. Une tradition reprise ensuite par Carlo Ancelotti, avec Zinedine Zidane puis Fernando Hierro à ses côtés. Sami Khedira s’inscrit désormais pleinement dans cette lignée, fidèle, encore une fois, à son rôle de l’ombre.









