Avant même de poser ses valises à Madrid, José Mourinho savait qu'un dossier délicat l'attendait, reconstruire sa propre relation avec Vinícius Junior. La saison passée avait laissé des traces, en particulier après les confrontations face au Benfica, marquées par l'affaire Prestianni, du nom de ce joueur argentin accusé d'avoir tenu des propos racistes envers le Brésilien.
Selon AS, Mourinho a personnellement appelé Vinícius Junior pendant la Coupe du monde, jouant un rôle déterminant dans sa décision de prolonger son contrat avec le Real Madrid jusqu'en 2032. Depuis, le technicien portugais parvient progressivement à faire émerger une version plus impliquée de son attaquant, notamment sur le plan défensif.
- À lire aussi : Le Real Madrid, numéro 1 du gâchis offensif
Neuf récupérations, record depuis Higuaín
Cette version plus solidaire de Vinícius Junior s'est particulièrement vue lors de la réception de l'Inter Milan. Offensivement, le Brésilien est resté muet : aucune occasion créée, aucun tir cadré, seulement deux dribbles réussis sur l'ensemble du match.
Mais il a largement compensé cette discrétion par un investissement défensif inédit. Selon AS, Vinícius Junior a récupéré neuf ballons face à l'Inter, plus du double de Jude Bellingham, deuxième meilleur récupérateur madrilène avec seulement quatre ballons repris. Un total qui constituerait un record pour un attaquant du Real Madrid depuis Gonzalo Higuaín, auteur de douze récupérations en 2008.
🚨 STAT: Vinicius Jr won possesion 9 times vs. Inter. The last time a Real Madrid forward did it more at the Bernabeu was Higuain in 2008 (12). @OptaJose
Le trio de la BMV compose à lui seul le podium des récupérations madrilènes ce soir-là, avec Vinícius Junior en tête (9), suivi de Jude Bellingham et Kylian Mbappé, tous deux crédités de 4 ballons repris. Une statistique qui traduit un engagement collectif inhabituel pour un secteur offensif, généralement plus attendu sur le plan de la production que sur celui du travail défensif.
Un Vinícius Jr. plus posé
Ce changement d'attitude ne date pas d'hier. Dès la première journée de Liga face à l'Espanyol, José Mourinho avait pris la défense de son attaquant tout en le mettant en garde sur ses réactions. Selon AS, le technicien portugais avait déclaré : « Ce n'est pas un saint, mais ce qu'on lui fait est excessif. On dirait que c'est planifié », avant d'admettre avoir prévenu Vinícius Junior de rester prudent en cas de but marqué ce jour-là.
Depuis, le Brésilien a nettement baissé en intensité émotionnelle, à une exception près. Lors du déplacement à La Cartuja face au Real Betis, Vinícius Junior s'était emporté face à l'arbitre Hernández Hernández, écopant d'un carton jaune. Mourinho était une nouvelle fois monté au créneau pour défendre son joueur après la rencontre.
Les sifflets persistants et le soutien de Mourinho
Face à l'Inter Milan, Vinícius Junior n'a jamais trouvé la faille. Remplacé en toute fin de rencontre, visiblement épuisé, il a été accueilli par des sifflets d'une partie du Bernabéu, une scène qui commence à devenir récurrente. Selon AS, cette blessure ne s'est jamais totalement refermée depuis le fameux Clasico marqué par son altercation avec Xabi Alonso, un épisode que le stade continue de lui rappeler régulièrement.
José Mourinho a une nouvelle fois pris la parole pour défendre son attaquant après la rencontre. « Vinícius Junior n'est pas au maximum, on le voit tous. Il est le premier à le savoir. Il travaille beaucoup pour redevenir le joueur qui fait basculer les matchs. Mais il a eu un engagement très bon sur l'ensemble de la rencontre, et je dois beaucoup valoriser ça. J'ai beaucoup de respect pour le Vinícius que j'ai trouvé », a-t-il déclaré.
Le technicien portugais a particulièrement insisté sur le sacrifice défensif de son joueur, en attendant que l'inspiration offensive revienne. « S'il travaille pour l'équipe, il a toujours mon soutien et mon affection. Est-ce que ça veut dire qu'il jouera toujours et les 90 minutes ? Non, mais il a mon soutien. Celui qui donne tout n'est pas obligé de donner plus. Et lui, il l'a fait », a-t-il conclu.









