Après une première saison madrilène ayant connu des hauts et bas, Dean Huijsen semble avoir passé un cap depuis le début de saison. Davantage affirmé dans ses duels, toujours aussi essentiel à la relance, et ayant le soutien de son entraîneur José Mourinho, le défenseur espagnol de 21 ans s’est remarquablement imposé dans la défense de l’équipe. Cependant, cette belle lancée est à nuancer par son expulsion survenue lors du derby face à l’Atlético Madrid, qui illustre de nouveau une faiblesse déjà connue sous le maillot merengue.
Du haut de ses 21 ans, Dean Huijsen se mesure déjà à ce que le Real Madrid offre de plus exigeant : devoir confirmer presque immédiatement. Après une première saison au cours de laquelle son statut avait progressivement évolué, le défenseur a commencé l’exercice 2026-27 avec une idée claire : redevenir un élément incontestable de la charnière centrale.
À la veille des premiers matchs de la trêve internationale, ses chiffres démontrent déjà cette importance. Huijsen compte 7 apparitions et 592 minutes de jeu toutes compétitions confondues avec son club. En Liga, il a été titulaire lors de 6 rencontres pour un total de 502 minutes jouées.
Un nouveau Huijsen sous les ordres de Mourinho
Ce départ de saison et cette dimension prise ne sont pas un hasard, et trouvent sûrement leur origine durant l’été. Non sélectionné pour la Coupe du Monde 2026 avec l’Espagne, Huijsen a pu réaliser presque toute la préparation avec le nouveau staff. AS soulignait notamment que le joueur avait fait partie des 8 joueurs de l’effectif professionnel ayant pu suivre l’intégralité de la pré-saison. Il n’a en effet manqué que le premier match amical pour cause de surcharge. Grâce à cette phase de travail, il est arrivé préparé physiquement pour les premières échéances du championnat.
Aussi, l’arrivée de José Mourinho joue un rôle essentiel dans cette progression. En effet, le défenseur retrouve ainsi un entraîneur qu’il connaît bien et qui avait contribué à son développement du côté de l’AS Roma. Les deux hommes travailleront à présent dans un contexte différent, avec un Huijsen plus expérimenté, revanchard et installé dans l’un des clubs les plus exigeants du monde.
De son côté, l’entraîneur portugais lui accorde déjà sa confiance. Lors des 4 premières rencontres de Liga, Huijsen a disputé 100% des minutes possibles, c’est autant qu’un Kylian Mbappé ou encore Thibaut Courtois. Une preuve significative d’autant plus qu’en fin de saison 2025-26, le défenseur avait vu son statut se fragiliser. AS remémore qu’il avait terminé la saison avec 3 038 minutes mais qu’il n’avait disputé que 51% du temps de jeu du Real Madrid après la trêve de mars, Arbeloa favorisant Rüdiger et Militão.
Cette relation avec Mourinho aide donc à son évolution comme l’indique le principal concerné. Suite à la victoire en Ligue des Champions contre l’Inter Milan, Huijsen expliquait que son entraîneur était particulièrement exigeant avec lui et le poussait à franchir ce nouveau palier. Le joueur affirme être conscient de cette progression mais rappelle qu’un début de saison réussi individuellement ne suffit pas et qu’il doit tenir ce niveau sur le reste de l’exercice.
Une progression visible et un nouveau visage
On lui connaissait déjà bien ses qualités avec ballon, casser des lignes par la passe et aisance technique sont ses principaux atouts. Son début de saison reste sur cette même lignée. Les statistiques de LaLiga le placent parmi les joueurs madrilènes les plus sollicités dans la circulation du ballon, avec 278 passes réussies sur 289 tentées sur les données publiées par le championnat. Un rôle essentiel dans le jeu merengue cherchant à construire depuis l’arrière.
Son match contre le Betis a constitué l’un des exemples les plus parlants de ce nouveau visage. Bien que l’équipe ait perdu 1-0, Huijsen lui, a terminé la rencontre avec 98% de passes réussies, 4 récupérations, 2 duels gagnés et 2 tentatives, dont une sur la transversale.
Au-delà des mathématiques, c’est surtout son attitude sur le terrain qui semble changée. Plus agressif dans les duels, plus imposant physiquement et davantage capable d’assumer un rôle de leader, l’espagnol donne l’impression de compléter petit à petit son profil de défenseur relanceur par une dimension plus rugueuse.
Une évolution qui plaira à son coach. En effet, Mourinho avait déjà expliqué sa vision du poste : une qualité de passe chez un défenseur est appréciable si elle vient après sa capacité à défendre, gagner ses duels et sécuriser son équipe. Le ton est donné, malgré son talent balle au pied, Huijsen devra en faire plus pour s’imposer durablement.
Enfin, ses bonnes performances lui ont surtout permis de retrouver la sélection. Après un mondial auquel il n’a pas participé, Huijsen fait partie de la liste de Luis de la Fuente pour la fenêtre de Ligue des Nations, face notamment à l’Angleterre et à la Croatie. Une reconnaissance qui lui fera du bien et qui confirme un début de saison remarqué.
Un premier avertissement sur des travers déjà connus
Comme présenté jusqu’ici, tout semblait montrer la montée en puissance du joueur, jusqu’au match au Metropolitano. Face aux rivaux, Huijsen a connu son premier réel faux pas de la saison. En début de seconde période, le défenseur est sanctionné pour une faute sur Giuliano Simeone dans la surface. Après l’intervention de la VAR, il est expulsé et un pénalty est ensuite concédé, le match terminant sur un score de 2-1 en faveur des Colchoneros.
Ce fait de jeu dépasse le cadre d’un simple carton rouge. D’après AS, il s’agit de sa troisième expulsion en 52 rencontres disputées sous le maillot blanc. Elles ont toutes un point en commun : une intervention sur un attaquant alors que le défenseur est en position de dernier homme. Plus étonnant encore, le joueur n’avait jamais connu d’expulsion auparavant lors de ses passages à la Juventus, la Roma puis Bournemouth.
Le système défensif haut du Real Madrid expose davantage Huijsen dans son dos et peut, en partie, expliquer certaines situations délicates, sans pour autant négliger ses erreurs de lecture et sa nécessité à mieux les maîtriser. Son expulsion lors du derby ne remet toutefois pas en cause un début de saison globalement positif, marqué par sa place de titulaire, sa qualité de relance et ses progrès dans les duels. Pour franchir une étape supplémentaire et s’imposer comme patron, le derby lui rappelle simplement le dernier défaut qu’il lui reste à gommer.









