Que de personnalité ! Véritable meneur de jeu de la Turquie, Arda Güler a signé une prestation qui n'a laissé personne indifférent face à la France, vendredi soir. Malgré une défaite qui profite à un certain Zidane pour sa grande première à la tête des Bleus (0-1), le prodige de 21 ans démontre encore qu’il est le joueur incontournable de sa sélection.
On pourrait presque en dire autant avec le Real Madrid. Avec Jude Bellingham, le milieu turc est le joueur le plus étincelant de l’équipe merengue depuis le début de la saison. Mais très vite, une zone d’ombre apparaît sur le tableau : le jeune offensif a dû attendre la trêve internationale pour disputer un premier match dans son intégralité, sans être remplacé. En proie à la concurrence et aux statuts, Arda Güler démontre bien que le principe de méritocratie n’est pas dominant au sein du club merengue.
Arda Guler, l’architecte du jeu offensif turc
Avec la Turquie, la voie est davantage libre. L’équipe de France a souffert de l’omniprésence d’Arda Güler. Le numéro 10 a constamment pesé sur la rencontre, allumant pratiquement la mèche de chacune des offensives de son équipe. En véritable métronome d’attaque, le milieu du Real Madrid a touché près de 88 ballons et a délivré trois passes clés pour deux occasions créées. Le prodige madrilène maîtrise l’art de la passe à merveille, y compris dans les zones brûlantes du terrain : ce dernier a réussi une vingtaine de passes dans le dernier tiers, et s’est montré particulièrement adroit dans le jeu long avec huit services réussis sur neuf.
Toujours animé par le sens du jeu, Arda Guler a aussi réussi 12 de ses 18 passes progressives, tout en obtenant six fautes. Soit une influence prépondérante dans le jeu, mais qui n’a pas suffi en raison de la maladresse de ses partenaires d’attaque malgré dix tentatives au but en seconde période pour tenter de basculer le résultat. Par-delà la défaite face aux Bleus, le signal envoyé par le joueur du Real Madrid est fort : il est capable de renvoyer un certain leadership face à la troisième nation au classement FIFA.
L’ancien joueur du Fenerbahce est capable de rééditer pareille performance sous le maillot de la Maison Blanche. À l’image de sa récente prestation sur la pelouse d’Elche, lors du succès arraché dans le money-time (2-3). Face au relégable, le joueur turc avait les pleins pouvoirs pour organiser le jeu, profitant de l’absence de Jude Bellingham dans le onze de départ, ménagé avant le derby.
Une grande influence sur le jeu madrilène, trois passes clés et trois grosses occasions créées, et un somptueux coup franc qui amène directement au but contre son camp du gardien adverse, Matías Dituro. Avant de céder sa place à la 67ème minute de jeu : de ce fait, Arda Güler n’a toujours pas disputé une rencontre complète en club depuis le début de l’exercice. En dépit d’un excellent rendement et des performances satisfaisantes, il est le titulaire en attaque le plus sacrifié par José Mourinho.
🇹🇷 Arda Güler contre la France : • 90 minutes • 2 grosses occasions créées • 3 passes clés • 8/9 longs ballons réussis • 2 dribbles réussis • 9 récupérations • 10 duels gagnés • 3 interceptions
Güler et Bellingham, une fausse bonne idée ?
Après trois saisons et le début d’une quatrième sous le maillot blanc, le jeune turc occupe une place de titulaire dans le onze de départ, mais sans avoir acquis un statut d’intouchable. Le numéro 15 madrilène a goûté au banc à deux reprises, d’abord contre Malaga en cédant sa place à Brahim : seules 3 minutes d’apparition lui ont suffi pour marquer le dernier but de la rencontre (4-0). Puis, contre le Rayo Vallecano (4-1), José Mourinho a préféré aligner Diomandé pour la première fois, mais cela n’a pas empêché Arda Güler de redynamiser un Real Madrid bien morose avec une passe décisive, et même de brûler la rétine en qualité de supersub.
Difficile d’imaginer un onze type sans le Turc, prodigieux depuis le début de la saison au même titre que Jude Bellingham, son compère au même poste. Au lieu de trancher un fâcheux dilemme entre les deux hommes, le technicien portugais a préféré les associer ensemble lors du grand rendez-vous face à l’Atletico de Madrid.
Mais, force est de constater que la mayonnaise n’a absolument pas pris lors du grand révélateur qu’est le derby madrilène. Lors de la rencontre, les deux talents occupaient trop souvent des fonctions similaires : celles d’un meneur de jeu offensif, disposé à recevoir le ballon entre les lignes pour amorcer les attaques, aussi bien par la conduite de balle que par la dernière passe.
Un derbi qui ramène le doute
Le piège de l’Atletico s’est surtout refermé sur Arda Güler, trop excentré sur l’aile droite par moments, et surtout inoffensif comme jamais. À l’inverse d’un Jude Bellingham intrinsèquement combatif, le jeune Turc manquait cruellement d’explosivité physique et de puissance pour créer des différences. Le profil de Jude Bellingham était plus idoine au chaudron du Metropolitano : le joueur anglais a réussi plus de dribbles (quatre contre un), et a remporté 92% de ses duels.
Dans le système de Mourinho, le Real Madrid s’est retrouvé orphelin d’une solution naturelle à droite, et a retrouvé ses multiples déséquilibres dans la répartition des dangers. Le club blanc insistait sur le couloir gauche, alors devenu une véritable faiblesse puisque Mbappé et Vinicius se marchaient dessus. Même sort pour Bellingham et Güler qui n’ont pas su se compléter, le milieu anglais ne se projetant pas assez au cœur de la surface de réparation.
Mourinho devra trouver rapidement une solution pour faire cohabiter les deux milieux offensifs à l’aube des prochains grands rendez-vous. Sinon, le jeune gaucher pourrait rapidement se retrouver sur le carreau, à cause d'une histoire de statuts encore trop importante du côté de Valdebebas.









