Depuis son retour sur le banc du Real Madrid, José Mourinho avait plutôt choisi la retenue face aux médias. Mais les dernières conférences de presse du Portugais marquent un changement de ton. Dans un article publié ce jeudi, le quotidien espagnol estime que le technicien est progressivement devenu le principal porte-parole d’un club dont les dirigeants s’expriment peu publiquement. Une évolution qui intervient à quelques jours d’un déplacement particulièrement attendu au Camp Nou.
Mourinho retrouve un rôle qu’il connaît bien
Il lui aura fallu deux mois pour retrouver cette posture. Après des interventions longtemps mesurées, José Mourinho se montre désormais beaucoup plus offensif lorsqu’il estime que les intérêts du Real Madrid sont en jeu.
Ce rôle n’est pas inédit sur le banc madrilène. Carlo Ancelotti l’avait également assumé lors de son deuxième passage, avec un discours plus calme et des critiques soigneusement dosées, notamment au moment de l’émergence de l’affaire Negreira. Selon MARCA, Xabi Alonso et Álvaro Arbeloa n’étaient, eux, jamais réellement parvenus à trouver le bon équilibre dans cet exercice.
Pour Mourinho, cette façon de communiquer rappelle son premier passage au Real Madrid, entre 2010 et 2013. À l’époque, il lui était même arrivé de regretter de se retrouver seul à défendre publiquement le club. Le Portugais a d’ailleurs cultivé cette posture dans plusieurs de ses précédentes équipes (SL Benfica, Fenerbahçe SK).
Des critiques de plus en plus directes
Le tournant s’est notamment dessiné lors de la conférence de presse organisée à Rome. Après plusieurs semaines de réponses prudentes, Mourinho a multiplié les remarques sur l’arbitrage et les décisions des instances espagnoles.
L’entraîneur a ainsi contesté la manière dont la suspension de Vinícius Jr avait été annoncée, tout en pointant du doigt le calendrier imposant au Real Madrid un déplacement à Athènes le 4 novembre, puis à Mestalla trois jours plus tard.
Il avait auparavant évoqué le fait que certaines désignations arbitrales seraient connues plusieurs semaines à l’avance, alors que le délai normalement prévu est de 24 heures. Des insinuations auxquelles ont désormais succédé des attaques bien explicites.
« Les supporters du Real Madrid ne sont pas stupides et je vais parler pour que l’on voie ce qui se passe », a-t-il déclaré à Rome. Pour MARCA, cette sortie apparaît aussi comme un appel au public du Santiago Bernabéu à soutenir son entraîneur face aux instances.
L’affaire Negreira, sur fond de Clásico
C’est surtout sur l’affaire Negreira que Mourinho a choisi de frapper fort. En évoquant le scandale du Calciopoli, qui avait notamment conduit à la relégation de la Juventus en 2006, l’entraîneur madrilène a établi un parallèle avec la situation espagnole.
Le Portugais a ainsi félicité les Italiens pour les conséquences sportives de cette affaire, avant de dénoncer l’absence, selon lui, de sanctions comparables en Espagne. « S’il ne se passe rien, c’est peut-être le plus grand scandale de corruption arbitrale au monde », a-t-il lancé. Une prise de position qui laisse clairement entendre qu’il estime que le FC Barcelone devrait également subir des sanctions sportives.
À dix jours du Clásico, ces déclarations renforcent encore la tension entourant le rendez-vous au Camp Nou. Mais avant cela, le Real Madrid doit recevoir Séville dimanche. MARCA anticipe déjà une atmosphère électrique au Bernabéu, où le public pourrait reprendre les critiques de Mourinho envers l’arbitrage, LaLiga et la Fédération espagnole.
Le Portugais semble avoir choisi sa ligne de conduite. Et à l’approche du choc face au Barça, il paraît peu probable qu’il revienne à un discours plus discret.









