Le Real Madrid est passé par toutes les émotions ce mercredi soir au Stadio Olimpico. À l’occasion de cette rencontre de Ligue des champions, les hommes de José Mourinho ont longtemps subi la loi d’une AS Roma entreprenante et supérieure dans le jeu. Malgré l’égalisation de Kylian Mbappé en première période, les Madrilènes se sont retrouvés menés 3-1 après moins d’une heure de jeu, laissant entrevoir une soirée particulièrement compliquée.
Mais alors que la rencontre semblait leur échapper, les Merengues ont complètement renversé la situation dans les dernières minutes. Grâce aux réalisations d'Espí, Endrick et Rüdiger, le Real Madrid a arraché un deuxième succès consécutif en Europe. Entre record historique, difficultés collectives et coaching décisif, retour sur les principaux enseignements de cette soirée complètement folle.
Un milieu madrilène dépassé, Tchouaméni en « difficulté élite »
Face à l’intensité imposée par l’AS Roma, le milieu de terrain du Real Madrid a considérablement souffert. Dominés dans les duels et régulièrement mis sous pression, les Madrilènes ont éprouvé de grandes difficultés à conserver le ballon et à construire leurs offensives. Dès les premières minutes, les problèmes dans la relance étaient déjà visibles. Le double pivot composé de Tchouaméni et Valverde était très peu sollicité dans la construction du jeu, les Madrilènes privilégiant les longs dégagements. Le positionnement plus avancé de l’Uruguayen n’a pas davantage facilité les sorties de balle, laissant le Real Madrid sans véritable maîtrise de l’entrejeu.
À croire qu’Aurélien Tchouaméni avait choisi le mode « difficulté élite » pour cette rencontre, comme s’il était dans un jeu vidéo. Un clin d’œil ironique à sa conférence de presse d’avant-match, tant le Français a vécu une soirée particulièrement compliquée.
Son positionnement a tout d’abord posé question. Sur plusieurs séquences de relance, le milieu madrilène s’est retrouvé derrière plusieurs joueurs romains, parfois très haut, sans véritablement proposer de solution de passe à ses coéquipiers. Une difficulté à se rendre disponible qui a davantage compliqué la construction du jeu madrilène.
Coupable d’une perte de balle dangereuse dans sa moitié de terrain, il est aussi directement impliqué dans l’ouverture du score de De Roon à la 20e minute. Peu à l’aise sous la pression romaine et en difficulté dans ses transmissions, il n’a jamais véritablement réussi à trouver son rythme. Une prestation décevante, à l’issue de laquelle José Mourinho a décidé de le remplacer par Bernardo Silva à la 70e minute, alors que le Real Madrid accusait déjà deux buts de retard.
Mbappé dans l’histoire sans éclat
Kylian Mbappé a, quant à lui, profité de cette rencontre face aux Romains pour franchir un nouveau cap historique. Buteur à la 25e minute, l’attaquant français a inscrit son 72e but en Ligue des champions, dépassant ainsi Raúl (71) au classement des meilleurs buteurs de l’histoire de la compétition. Une réalisation symbolique, intervenue à l’occasion de son 100e match dans la plus prestigieuse des compétitions européennes.
Pourtant, malgré ce nouveau record, le numéro 10 madrilène a livré une prestation en demi-teinte. S’il a permis aux siens de revenir rapidement au score après l’ouverture du score romaine, Mbappé a peiné à peser véritablement sur la rencontre. À la 68e minute, il a bien cru inscrire un doublé sur un service de Yan Diomandé, avant de voir son but annulé pour une position de hors-jeu.
Peu influent dans le jeu offensif madrilène, il n’a pas réussi à inverser la dynamique d’un match largement dominé par les hommes de Gian Piero Gasperini, jusqu’aux réalisations faites par les différents changements effectués. Une soirée historique sur le plan individuel, mais bien moins convaincante sur le plan collectif. La remontada relèguera quelque peu son record historique au second plan, dans une soirée où le Français n’aura pas été le principal artisan du succès madrilène.
Une remontada spectaculaire qui n’efface pas tout
Pendant plus de 70 minutes, le Real Madrid a semblé totalement dépassé par une Roma largement supérieure dans le jeu. Menés 3-1, les Madrilènes ont finalement trouvé leur salut grâce aux changements opérés par José Mourinho. Espí a d’abord relancé les siens à la 83e minute, avant qu’Endrick (85e) et Rüdiger (90e) ne viennent renverser complètement la rencontre. Trois buts en sept minutes pour offrir au Real Madrid une victoire aussi folle qu’inespérée (3-4).
Cette remontada rappelle également cet ADN si particulier du Real Madrid, capable de renverser les situations les plus compromises, mais qui semblait s’être quelque peu effacé ces derniers mois. Une capacité à ne jamais abdiquer, parfaitement résumée par Espí après la rencontre : « Ce qui a changé, c’est que nous n’avons jamais abandonné. Nous sentions que nous nous rapprochions d’un retour au score. » Un état d’esprit retrouvé, qui aura finalement permis aux Madrilènes de signer un nouveau scénario complètement fou en Europe.
🚨🗣️ Carlos Espí: “What changed was that we NEVER gave up. We felt we were getting closer to come back.”
Les entrées d’Arda Güler et de Bernardo Silva ont également changé le visage de l’équipe madrilène. Avec davantage de justesse technique, de fluidité dans les transmissions et une meilleure conservation du ballon, le Real Madrid a enfin retrouvé une certaine maîtrise collective. Une qualité qui lui avait cruellement manqué pendant une grande partie de la rencontre, notamment dans l’entrejeu.
Les coups de pied arrêtés, plus que le jeu, ont fait la réelle différence dans ce match, avec deux corners d’Arda Güler transformés successivement par Endrick et Rüdiger. Si Mourinho peut se féliciter de l’impact de ses remplaçants, ses choix de départ restent néanmoins discutables. Le technicien portugais continue de s’entêter avec certaines associations et certains joueurs qui peinent à convaincre depuis plusieurs semaines. Une obstination qui a encore coûté cher à son équipe, avant que les changements ne viennent corriger le tir. Une remontada mémorable, certes, mais qui ne doit pas masquer les nombreuses lacunes affichées pendant une grande partie de la soirée.









