L’affaire concerne des revenus perçus lors de son premier passage au Real Madrid, entre 2013 et 2015. Selon l’administration fiscale, Ancelotti a bien déclaré ses salaires, mais pas ses revenus liés aux droits à l’image et à d’autres sources, notamment immobilières. Le parquet estime que le technicien italien a eu recours à un réseau de sociétés écrans pour masquer ces revenus et réclame une peine de quatre ans et neuf mois de prison.
D’après RMC Sport, le procès, qui s’est ouvert ce mercredi à Madrid, doit durer deux jours. Toutefois, une seconde journée pourrait s’avérer inutile si un accord est trouvé entre les parties. Interrogé sur le sujet, Ancelotti affirme ne pas être inquiet, déclarant avoir « confiance en la loi et en la justice ». Plus tard, l’Italien de 65 ans a reconnu le dispositif financier mis en place mais a juré ne pas en être responsable. « Quand le club me le suggère, je mets le Real Madrid en contact avec mon conseiller. Je ne m’en suis pas occupé, parce que je n’avais jamais été payé ainsi », a-t-il précisé au tribunal.
Le coach madrilène s’appuie sur un argument courant dans le milieu du football. Selon lui, de nombreux joueurs et entraîneurs ont utilisé un système similaire, citant notamment José Mourinho, son prédécesseur sur le banc merengue. À l’époque, une société avait été créée pour lui permettre de percevoir 15% de son salaire en droits à l’image, une pratique que le fisc espagnol juge aujourd’hui frauduleuse.
Malgré la menace judiciaire, le technicien transalpin se montre serein. À sa sortie du tribunal, il a déclaré se sentir « très bien » et « tranquille ». Reste à savoir si la justice espagnole lui accordera le bénéfice du doute ou s’il rejoindra la longue liste des figures du football condamnées pour fraude fiscale.
Ancelotti n’est pas le premier : une liste de précédents prestigieux
Le cas d’Ancelotti s’inscrit dans une longue série de démêlés fiscaux impliquant des célébrités en Espagne. En 2016, Lionel Messi avait été condamné à 21 mois de prison avec sursis et avait dû payer plus de cinq millions d’euros. En 2018, Cristiano Ronaldo avait évité la prison en réglant une amende de 18,8 millions d’euros.
D’autres figures du football ont également été poursuivies pour des accusations similaires. José Mourinho avait plaidé coupable et écopé d’une peine avec sursis, tandis que Xabi Alonso avait refusé tout accord avant d’être finalement acquitté. Plus récemment, la chanteuse Shakira avait évité un procès en acceptant de payer plus de sept millions d’euros au fisc espagnol.
Alors que la justice espagnole multiplie les poursuites contre les personnalités publiques, l’issue du procès d’Ancelotti demeure incertaine. L’entraîneur madrilène pourrait opter pour un accord afin d’éviter une peine lourde, ou bien choisir de se défendre, à l’image de Xabi Alonso. En attendant, il continue d’assurer ses fonctions sur le banc du Real Madrid.
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