Avec sa victoire face au Real Madrid, le FC Barcelone compte désormais 16 Supercoupe d'Espagne remportées contre 13 pour les Madrilènes. Ces derniers ont fait taire les observateurs qui leur prédisaient une correction contre les Catalans. Ils sont même passés très proches d'arracher la séance de tirs au but. Contrairement au Clásico victorieux d'octobre dernier, Xabi Alonso n'a pas opté pour un milieu de terrain densifié, reculant Tchouaméni entre les deux centraux afin, vraisemblablement, que Lewandowski soit constamment suivi par un joueur.
Conscient des lacunes tactiques et individuelles actuelles de son équipe, le Basque a privilégié une approche pragmatique en laissant volontairement le protagonisme du jeu aux hommes d'Hansi Flick. Cette approche peut paraître surprenante compte tenu du fait que lors du dernier Clásico au Bernabéu, Frenkie De Jong et Pedri avaient été passablement empruntés face au pressing des milieux madrilènes. Toutefois, eu égard à l'attitude affichée par l'équipe en demi-finale contre l'Atlético de Madrid, l'on peut légitimement s'interroger quant à la capacité de cette dernière à mettre en place un plan de jeu différent avec sa forme actuelle.
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Le Real Madrid manque de réalisme et peine à la construction
Cette approche pusillanime du Real Madrid a pourtant fonctionné en début de rencontre, le Barça ne se créant pas d'occasions franches. La gestion des espaces sans ballon était satisfaisante avec pour corollaire une possession stérile des Catalans. De leur côté, les Madrilènes se sont procuré deux situations nettes à 0-0 sur lesquelles Vinicius Jr et Gonzalo García ont manqué de réalisme.
Même si les deux joueurs précités ont été buteurs ultérieurement durant la rencontre, ouvrir la marque aurait permis au Real Madrid de jouer en ayant à gérer un avantage, chose qui ne s'est finalement jamais produite durant la soirée. À ce titre, il est tout bonnement inadmissible que juste après l'égalisation de Vinicius Jr, le Barça ait repris l'avantage dans la foulée.
Toutefois, la principale lacune du Real Madrid dans cette finale de Supercoupe d'Espagne s'est située au niveau de la construction. Même si, comme mentionné auparavant, les Madrilènes parvenaient à contenir les assauts du Barça de façon plutôt sereine, ils ont bénéficié de trop peu de situations de transition. Les pertes de balles étant trop nombreuses après la récupération ou à la construction, l'équipe de Xabi Alonso a peiné dans ses sorties de balles.
Le milieu de terrain n'a pas répondu présent
Un milieu composé de 4 joueurs, comme lors du Clásico d'octobre ou à San Mamés aurait probablement permis d'offrir plus de solutions de passes à proximité du porteur, certes. Cependant, cet état de fait constitue une explication insuffisante pour justifier le rendement de Camavinga et Bellingham. Le Français et l'Anglais ont été en dessous du niveau que requiert ce type de rencontres.
Sur son premier ballon à disputer du match, le natif de Stourbridge s'est rendu coupable d'une perte de balle avec une attitude indolente qui laissait présager une soirée compliquée. Et cela n'a pas manqué. L'international anglais disputait son premier match avec le Real Madrid dans un double pivot, dans le même rôle qu'il tenait au Borussia Dortmund. Force est de constater que pour une première, elle est complètement manquée. Quant à l'ancien pensionnaire du Stade Rennais, sa rencontre a été dans la lignée de celle face à l'Atlético de Madrid : insuffisante.
Ces performances face à un adversaire de premier plan questionnent quant à la capacité de ces deux jeunes milieux de terrain à prendre les rênes de l'entrejeu du Real Madrid. Ajoutées à celles pas suffisamment convaincantes de Tchouaméni et Valverde depuis le début de la saison, il ne serait pas surprenant de voir du mouvement dans ce secteur cet été.
Le Real Madrid débute donc l'année 2026 sans trophée. Tout n'est bien évidemment pas à jeter de son séjour saoudien. Même si le rendement de certains joueurs a été insuffisant, l'équipe a démontré qu'elle savait souffrir, et, s'il fallait encore le démontrer, qu'elle peut s'appuyer sur le meilleur portier au monde. Il lui incombe désormais de rendre obsolète la statistique qui veut que, depuis quelques années, l'équipe qui remporte la Supercoupe d'Espagne fasse également main basse sur la Liga.











