C'est un Real Madrid Basket transfiguré qui vient d'enchaîner les scalps de Barcelone, Valence, Milan et désormais Monaco. Cette performance est d'autant plus impressionnante que la Roca Team de Vassilis Spanoulis débarquait à Madrid avec le statut d'attaque la plus prolifique d'Europe (92 points de moyenne).
Pourtant, la première mi-temps a tourné à la démonstration. Le score de 57-31 au cœur du match a témoigné d'une supériorité totale, bâtie sur une "muraille défensive" érigée par un Edy Tavares dissuasif et une fluidité collective retrouvée. Dès la 7ᵉ minute, le tableau d'affichage indiquait déjà un cruel 23-9, preuve que le plan de jeu de Scariolo fonctionnait à la perfection, comme le souligne AS.
Au rayon des individualités, AS parle d'un nouveau "partidazo" de Facundo Campazzo (17 points, 10 passes pour 28 d'évaluation), véritable métronome qui a dicté le tempo. Mais la presse madrilène s'attarde surtout sur la performance XXL d'Usman Garuba. L'intérieur espagnol a livré des "minutes d'anthologie", peut-être ses meilleures depuis son retour au club.
Alliant une énergie défensive folle à une intelligence de jeu rare, il a formé un duo dévastateur avec l'Américain Trey Lyles (20 points). Leur connexion entre intérieurs a martyrisé la raquette monégasque. De son côté, Mario Hezonja, surnommé "Supermario", avait allumé la mèche dès l'entame avec 10 points rapides pour mettre le Real Madrid sur orbite.
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Un message envoyé à l'Europe par le Real Madrid Basket
Le match a semblé plié lorsqu'un tir primé d'Alberto Abalde a porté l'écart à +26 (57-31) au retour des vestiaires. Mais l'AS Monaco a de l'orgueil. Sous l'impulsion du talent pur de Nikola Mirotic et de Mike James, et aidés par les tirs de Strazel, les visiteurs ont profité d'un relâchement coupable des Madrilènes pour grignoter leur retard. L'atmosphère s'est tendue, le match devenant plus physique, comme en témoigne l'exclusion de Daniel Theis pour contestation, et Monaco est revenu à seulement 9 longueurs dans le money time.
Le Real a-t-il tremblé ? Pas vraiment. Le patron Campazzo est revenu sur le parquet pour éteindre l'incendie, remettre de l'ordre et sécuriser la victoire. Seule petite ombre au tableau : les neuf lancers-francs manqués dans le dernier quart-temps, qui ont empêché Madrid de soigner davantage le score final.
Avec ce sixième succès consécutif en Europe, Madrid s'installe seul à la deuxième place du classement, avec un bilan de 16 victoires pour 8 défaites, en attendant les autres résultats de la journée. Après une semaine infernale où l'équipe a dû gravir "quatre cols hors catégorie" physiquement, le Real Madrid a prouvé qu'il avait le coffre et le talent pour regarder n'importe qui dans les yeux. La machine est lancée, et elle semble inarrêtable.
Luca SCHENATTO-MEYNADIER









