Lors de la victoire à Mestalla (0-2), le Real Madrid a délivré un certain contraste : certes, l’équipe merengue n’a pas brillé face à un Valence méconnaissable, mais elle n’a pas non plus concédé, au grand bonheur de Courtois, qui n’a vu aucun tir adverse toucher le cadre. Sans Bellingham, le Real Madrid a montré un autre visage au milieu de terrain : le retour d’un trio expérimenté au sein de l’entrejeu madrilène, composé de Tchouaméni, Camavinga et Valverde, permet à l’équipe d’Arbeloa de gagner en rigueur et en solidité défensive, bien loin des douze tirs concédés face à Benfica et des six arrêts du portier belge face à Monaco.
À eux trois, ces derniers ont récupéré le cuir à douze reprises, comme le souligne le quotidien AS. Mais, à la surprise générale, c’est Arda Güler qui s’est montré le plus généreux en la matière avec huit ballons récupérés. Ce système allège et conforte aussi le prodige turc : le milieu turc bénéficie d’une liberté de mouvement plus importante et endosse son rôle naturel de milieu offensif, capable de distiller des galettes pour les attaquants.
À la place de Bellingham, l’ancien de Fenerbahçe brille mieux avec 12 passes décisives contre seulement quatre pour l’Anglais, d’autant plus que ce dernier délivre bien plus de centres dans la surface (152 contre 13). Cette redisposition de l’entrejeu implique un bloc bien plus condensé et plus cohérent, mais au prix sans doute d’une créativité à la relance et à la construction.
- À lire également : Pourquoi Camavinga est en train de devenir le nouveau cerveau du Real Madrid
Le problème Bellingham au Real Madrid
Ainsi, l’absence de longue durée de Jude Bellingham pourrait être un mal pour un bien. Il est préférable pour Arbeloa et son système de jeu d’aligner des joueurs qui disposent d’un rôle et d’une fonction clairement définis, sans ambiguïté. Bien que l’Anglais soit doté d’une polyvalence redoutable, il semble parfois dispersé sur le terrain, sans être véritablement impactant dans tous les compartiments du jeu. Le milieu de terrain du Real Madrid s’est montré particulièrement inefficace aussi bien sur le plan offensif que défensif, au cours de ces derniers mois.
Excepté sa première saison idyllique avec 23 buts et 13 passes décisives avec le Real Madrid, Bellingham peine à enchaîner les bonnes performances dans le jeu et à créer du liant avec Vinicius et Mbappé en attaque. Le milieu des Three Lions incarne le sentiment de frustration qui pèse à Valdebebas : bien que les talents individuels soient présents, le travail collectif est dénué de tout sens et de toute logique.
L’ancien de Dortmund symbolise aussi un casse-tête tactique que Xabi Alonso n’a pas su résoudre, bien que le technicien basque ait tenté de l'utiliser à différents postes sans grand succès. Sous les ordres d’Arbeloa, Bellingham a brillé face à Monaco et contre Villarreal. Il disposait alors d’une grande liberté de mouvement mais était contraint de redescendre pour essayer de garantir un certain équilibre, rappelle AS. Arbeloa devrait composer sans le numéro cinq madrilène dans les deux prochains mois.
En effet, sa blessure aux ischios-jambiers semble plus importante que prévue : le processus de récupération ne se passe pas idéalement. Ses chances de participer à la Coupe du Monde s’amenuisent dangereusement, alors qu’il n’a pas les pleines faveurs du sélectionneur de l’Angleterre, Thomas Tuchel.
Une chose est sûre, Arbeloa devra réinventer l’entrejeu madrilène sur la durée. La couverture assurée par Camavinga et Valverde sur les côtés permettra aux latéraux, Carreras et Trent, d’exprimer leur talent offensif et de se projeter vers l'avant. Le retour du latéral anglais sur le flanc droit pourrait changer la donne dans le jeu du Real Madrid.











