Il y a des joueurs qui courent, et d'autres qui font courir le ballon. Samedi soir, le Santiago Bernabéu a eu la confirmation définitive que Trent Alexander-Arnold appartient à la seconde catégorie, celle des élus capables de voir des lignes de passes invisibles pour le commun des mortels. Après une première moitié de saison tronquée par les pépins physiques et limitée à moins de 500 minutes en championnat, le latéral anglais a livré une partition qui ressemblait, au mouvement perpétuel et parfait d'une « montre suisse ».
Dès la cinquième minute, c'est de son pied droit qu'est venue la lumière. Non pas sur un débordement classique de latéral, mais sur une ouverture millimétrée, décrite comme un « diamant de 18 carats », déposée sur Gonzalo García pour l'ouverture du score. Ce geste technique a donné le ton d'une rencontre où Trent n'a pas seulement joué défenseur droit : il a agi comme le véritable "quarterback" de l'équipe.
Les statistiques rapportées par Opta sont éloquentes et dessinent le portrait d'un organisateur reculé : en soixante minutes, il a touché 60 ballons, réussi 85% de ses passes (41/48) et surtout complété 8 longs ballons sur 11 tentatives. Cette capacité à alterner le jeu court et le jeu long avec une précision diabolique rappelle, par séquences, la qualité de frappe d'un certain David Beckham, offrant cette imprévisibilité offensive que Xabi Alonso recherchait désespérément et qu'Arbeloa commence enfin à exploiter.
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Trent Alexander-Arnold, la "solution ultime" face aux blocs bas ?
Au-delà de la pureté technique, c'est l'intelligence situationnelle d'Alexander-Arnold qui a conquis son entraîneur, souligne MARCA. En conférence de presse, Álvaro Arbeloa s'est montré plus qu’élogieux, estimant que le Real Madrid avait « de la chance » de compter un tel talent dans ses rangs selon ESPN. Pour le technicien espagnol, la plus grande qualité de sa recrue réside dans sa compréhension des espaces :
« Ce n'est pas le latéral typique qui va toujours rester le long de la ligne de touche ; il peut jouer à l'intérieur, bouger, échanger les positions... Il saisit rapidement ce que nous attendons de lui ».
Cette polyvalence offre une richesse tactique inouïe. Là où Dani Carvajal, entré pour la dernière demi-heure, apporte ordre, sécurité défensive et expérience, Alexander-Arnold propose une créativité débridée, idéale face aux blocs bas où la possession est stérile sans éclair de génie. Loin d'être une concurrence frontale, Arbeloa dispose désormais de deux armes complémentaires : la rigueur du vétéran espagnol et la vision panoramique de l'Anglais.
Si Kylian Mbappé a été préservé pour le choc européen contre Benfica, la connexion technique entre le Français et l’Anglais promet déjà de faire des étincelles. Trent Alexander-Arnold n'est plus une promesse ou un point d'interrogation médical ; il est devenu, en un match référence, la solution la plus intelligente aux problèmes du Real Madrid.
Luca SCHENATTO-MEYNADIER











