Le Real Madrid s’est imposé sur la pelouse du Benfica (0-1) en barrage de Ligue des champions grâce à un bijou de Vinicius Jr. Mais au-delà du résultat, cette rencontre restera marquée par des accusations de propos racistes, une ambiance délétère et une fin de match sous haute tension. Une soirée qui dépasse largement le cadre du football.
Le match avait pourtant démarré sans excès. Le Benfica tentait de poser le pied sur le ballon, avec notamment une frappe lointaine d’Aursnes qui obligeait Thibaut Courtois à une première intervention sérieuse. Rien d’alarmant, mais déjà un avertissement dans une première demi-heure plutôt fermée. C’est en fin de première période que la rencontre a commencé à s’ouvrir. Le Real Madrid a progressivement pris le dessus. Arda Güler s’est illustré, mais Trubin a sorti une parade exceptionnelle pour maintenir les siens à flot.
Sans être spectaculaire, cette première mi-temps restait intéressante, vivante. Trent Alexander-Arnold laissait entrevoir son potentiel avec quelques centres dangereux, dont un pour Mbappé, à deux orteils de conclure. Les Merengues montaient en puissance. Puis tout a basculé.
Le but de Vinicius Jr… et la fracture totale
Au retour des vestiaires, Vinicius a fait parler son talent. Une frappe enroulée, qui termine en pleine lucarne. Un geste de très haut niveau, qui donne l’avantage au Real Madrid. Mais quelques instants après, le match a changé de dimension.
Vini a commencé à manifester son incompréhension, sortant du terrain, visiblement touché par des propos qu’il venait d’entendre. Très vite, la situation s’est clarifiée : le Brésilien accuse directement le joueur du Benfica, Prestianni, de l’avoir traité de “mono” (singe). Sur les images, l’Argentin cache sa bouche et semble effectivement dire quelque chose à son adversaire. Vinicius réagit immédiatement, choqué, touché. Le climat devient électrique. Mbappé, lui aussi, monte au créneau pour défendre son coéquipier. Les Madrilènes demandent des explications. Mais faute de preuve vidéo claire, aucune décision n’est prise. Prestianni reste sur le terrain et le match reprend.
Le public du stade, loin d’apaiser la situation, semble prendre Vinicius pour cible. Chaque prise de balle du Brésilien est accompagnée de sifflets assourdissants. Mbappé est également visé, dans une moindre mesure.
Tant qu’on est dans le ridicule, autant y rester apparemment. Prestianni sort à la 81e. Une partie du public… applaudit. Un geste qui dépasse l’entendement, dénoncé même par Stéphane Guy sur Canal+ : “Je ne sais pas comment on peut être un citoyen éclairé et applaudir ça ce soir.” Dans ce chaos, l’arbitre tente de garder le contrôle. José Mourinho, très agité sur son banc, est expulsé après avoir réclamé avec insistance un second carton jaune contre Vinicius. Et comme si cela ne suffisait pas, en toute fin de rencontre, Vinicius reçoit une bouteille lancée depuis les tribunes lors d’un corner.
Une victoire presque anecdotique
Dans ce contexte, le football passe au second plan. Et pourtant, le Real Madrid a fait le travail. Sérieux, appliqués, les hommes d’Arbeloa repartent de Lisbonne avec une victoire précieuse (0-1) avant le match retour au Bernabéu. Il y a même eu une éclaircie dans cette soirée sombre : l’entrée en jeu de Thiago Pitarch dans le temps additionnel, à la place de Camavinga. Un moment fort pour le jeune madrilène, symbole d’un avenir qui, espérons-le, sera meilleur que le présent offert ce soir.
Difficile de retenir autre chose que le malaise. Parce que ce match ne restera pas pour le but exceptionnel de Vini. Ni pour la solidité de la Maison Blanche. Ni même pour l’importance du résultat. Il restera pour ce qu’il dit du football en 2026. Un football encore incapable de protéger ses joueurs. Un football où des accusations de racisme peuvent ne pas être sanctionnées immédiatement. Un football où des supporters peuvent siffler la victime, applaudir le suspect, et lancer des objets en toute fin de match. Une soirée où, malgré la victoire, les sourires ont du mal à garnir les visages.
Et où une simple question s’impose, presque honteuse à écrire en 2026 : comment est-ce encore possible ?
Bruno DE OLIVEIRA











