Après une série impressionnante de huit victoires consécutives en Liga, le Real Madrid s’incline face à Osasuna (1-2) sur la pelouse toujours incandescente d'El Sadar. Une défaite inattendue et douloureuse qui souligne la fragilité persistante de l’équipe madrilène, et ce malgré ses très bons résultats récents accumulés en championnat d'Espagne. Alors que les voyants semblaient repasser au vert pour la Maison Blanche, ce coup d'arrêt brutal replonge le vestiaire dans le doute au pire des moments de la saison.
Pourtant, le Real Madrid avait retrouvé une régularité rassurante sur la scène nationale après des semaines hivernales extrêmement difficiles. Ces dernières avaient été notamment marquées par une élimination traumatisante en Coupe du Roi face à Albacete et une sortie prématurée du top 8 en phase de ligue de la Ligue des Champions, obligeant le Real Madrid à passer par les barrages.
Sous la direction d’Álvaro Arbeloa, l’équipe avait fièrement enchaîné huit succès consécutifs, dont cinq depuis l’arrivée officielle de l’entraîneur intérimaire sur le banc, et semblait consolider sereinement sa position de leader incontesté avant cette rechute navarraise.
La vulnérabilité du Real Madrid face au bloc bas exposée au grand jour
La défaite concédée ce samedi soir contre Osasuna met brutalement fin à cette dynamique positive et rappelle que le Real Madrid reste foncièrement vulnérable face à des blocs défensifs bien organisés, comme l'insiste avec justesse le quotidien Marca dans ses colonnes. Incapables de contourner le mur érigé par les locaux, les joueurs de la capitale sont retombés dans leurs travers offensifs.
L'animation, pourtant si prolifique ces dernières semaines, s'est heurtée à une formation navarraise parfaitement en place, très agressive sur le porteur du ballon et redoutable dans ses projections en transition rapide. L'entraîneur madrilène n'a d'ailleurs pas cherché d'excuses au moment d'évaluer la prestation de ses hommes en conférence de presse.
« Nous avons manqué de vitesse. Face à un bloc bas, il faut faire circuler le ballon plus vite et savoir déborder sur les deux ailes. Nous nous sommes trop concentrés sur l’aile gauche, ce qui nous a rendus prévisibles », a analysé Álvaro Arbeloa avec une grande lucidité juste après la rencontre.
Cette dépendance flagrante au côté préférentiel de Vinícius Júnior a grandement facilité le travail de coulissage de la défense adverse, isolant complètement le flanc droit du Real Madrid tout au long de la partie.
Un revers inédit en championnat pour Álvaro Arbeloa
C'est un revers inattendu qui met sérieusement à mal le Real Madrid dans sa quête perpétuelle de certitudes. Cette désillusion en terre navarraise marque également une triste première pour Álvaro Arbeloa, qui avait jusqu’ici évité avec brio les faux pas en Liga depuis sa prise de fonction en urgence.
Avec cette contre-performance à l'extérieur, l’entraîneur a désormais enregistré au moins un revers dans chacune des trois compétitions disputées : la Coupe du Roi, la Ligue des Champions et le championnat national. Une statistique symbolique qui montre toute l'ampleur du chantier qui attend encore le staff technique.
Le jeune technicien espagnol mesure parfaitement l'impact psychologique de ce coup de frein sur la confiance globale de son groupe. Le timing de cette chute est particulièrement délicat, à seulement quelques jours du match retour couperet contre le Benfica Lisbonne, prévu dès mercredi prochain sur la pelouse du Santiago Bernabéu.
Ce résultat décevant souligne l’incapacité chronique de l’équipe à enchaîner les victoires sur tous les fronts avec la même intensité et la même concentration, un défaut rédhibitoire quand on prétend vouloir tout remporter à la fin de la saison.
La menace catalane plane de nouveau au-dessus du leader
Au-delà des doutes générés dans le contenu du jeu, les conséquences comptables de ce déplacement manqué en Navarre pourraient être désastreuses à court terme. Si Barcelone s’impose dans son match en retard, le Real Madrid pourrait perdre la première place, annulant ainsi en une soirée tout l’élan créé par sa récente et brillante série de victoires.
La pression change donc brutalement de camp, et les Merengues se retrouvent désormais à la merci d'un rival catalan qui ne se privera sûrement pas de l'opportunité de reprendre les commandes du championnat d'Espagne. L’équipe doit désormais analyser froidement ses faiblesses en urgence et améliorer son efficacité collective avant l'échéance européenne capitale de mercredi soir.
Les approximations défensives flagrantes et le manque criant de tranchant dans les trente derniers mètres ont coûté très cher à El Sadar. « Il reste encore beaucoup de matchs à jouer. Nous avons une grande marge de progression. Si vous n’êtes pas à 100 %, n’importe quelle équipe peut vous battre », a sagement conclu Álvaro Arbeloa, appelant ses joueurs à une réaction d'orgueil immédiate pour éviter de sombrer dans une nouvelle crise.
Djamel BENNACER











