Il y a un an encore, Dani Carvajal soulevait la Coupe du monde des clubs, capitaine intouchable d'un Real Madrid qui dominait la planète football. Ce jeudi, l'homme aux six Ligues des champions regarde passer les matchs depuis le banc, sans explication, sans temps de jeu, et avec une frustration qui ne cesse de croître. Selon Marca, Carvajal traverse des "jours sombres" : après deux blessures graves et face à la concurrence de Trent Alexander-Arnold et Valverde, le vétéran voit sa place remise en question pour la première fois, une situation qu'il ressent comme profondément injuste.
Le tournant a eu lieu à Mestalla. Lors du déplacement à Valence, Arbeloa a surpris tout le monde en titularisant le jeune David Jiménez, le préférant à la fois à Carvajal et à Alexander-Arnold. Les caméras ont capté une expression de mécontentement évidente sur le visage du capitaine, visiblement insatisfait de sa situation. Après le match, les images ont enflammé les réseaux sociaux : on y voit Carvajal en discussion musclée avec le préparateur physique Antonio Pintus, lors des exercices d'après-match. Le malaise était alors rendu public.
Pour un joueur de ce calibre, habitué à régner sur le couloir droit depuis plus d'une décennie, cette mise à l'écart est vécue comme une humiliation.
La relation avec Arbeloa, un dialogue de sourds
La rencontre entre les deux hommes ne s'est pas arrangée avec le temps. Selon les informations recueillies par Edu Aguirre, la communication entre Arbeloa et Carvajal était minimale, sans explication claire sur son manque de temps de jeu, ce qui a accentué la frustration du défenseur. L'ancien coéquipier devenu entraîneur, celui-là même qui évoluait avec Carvajal dans les grandes épopées européennes des années 2010, se retrouve aujourd'hui dans une posture délicate : gérer le déclin de celui qui incarne l'identité même du club.
Furieux après la soirée de Mestalla, Carvajal a décidé de prendre son destin en main en se confrontant directement à Arbeloa lors d'une séance d'entraînement. D'après AS, la conversation a eu lieu dans une atmosphère détendue, dans le respect et la compréhension mutuelle. Les deux parties ont semblé enterrer la hache de guerre. Mais la paix des braves n'a pas duré.
La tension entre les deux hommes ne s'est pas dissipée après ces discussions. Carvajal a continué à nourrir une frustration grandissante face à sa situation, et à Valdebebas, on pointe cela comme l'explication d'un "très vilain tacle" à l'entraînement sur un autre produit du Castilla, Víctor Valdepeñas.
Lors d'une séance, Carvajal est entré en collision avec le jeune défenseur, provoquant une grave entorse du genou. Valdepeñas a été indisponible pendant un mois. De manière surprenante, Carvajal n'aurait exprimé aucune forme d'excuses ni de soutien envers son coéquipier après l'incident. Un épisode révélateur de l'état d'esprit d'un joueur qui ne reconnaît plus son propre reflet dans le miroir de Valdebebas.
La situation a pris une autre tournure lorsque Trent Alexander-Arnold a été mis sur le banc par Arbeloa pour être arrivé en retard à l'entraînement avant le derby madrilène. Ce coup du sort a offert une titularisation inattendue à Carvajal, permettant aux deux hommes de recoller les morceaux, même si le capitaine reste insatisfait de sa situation globale.
Un contrat, un Mondial, une légende au bord du précipice
Derrière les tensions sportives se dessine une question bien plus profonde : celle de la fin d'une aventure qui aura duré plus de deux décennies. Selon The Athletic, la direction madrilène avait considéré son latéral droit comme une véritable "institution", et le traitement de son dossier échappe donc aux règles habituelles appliquées aux trentenaires en fin de contrat. Cependant, en interne, des voix émettent des réserves sur une prorogation du bail, des doutes persistent sur sa capacité à retrouver un niveau optimal après ses récentes blessures.
Selon un rapport publié par Marca, Carvajal pourrait être en train de vivre ses derniers mois en tant que Madridista, suspectant lui-même que le club ne lui proposera pas de prolongation de contrat. Il serait désormais acquis que Carvajal ne restera pas, et que son départ laissera un vide à combler, avec une possible promotion du jeune David Jiménez dans la hiérarchie.
Pour rajouter à cela, l'ombre du Mondial plane sur tout cela. À 33 ans, Carvajal semble en passe de manquer la sélection espagnole pour la Coupe du monde de cet été. Le sélectionneur Luis de la Fuente voudrait voir des preuves concrètes de sa forme physique avant de l'intégrer au groupe, et pour cela, le capitaine du Real aurait besoin de bien plus de temps de jeu.
La carrière d'un des plus grands latéraux droits de l'histoire du football espagnol pourrait donc se terminer sans cérémonie, coincée entre les blessures, les doutes médicaux, et une concurrence qu'il n'a jamais réussi à surmonter depuis son retour. Carvajal méritait une autre fin. La Maison Blanche saura-t-elle lui en offrir une digne de son rang ?









