Dès les premières minutes, le scénario de ce duel entre le Real Madrid et l'Hapoel Tel-Aviv a pris une tournure inattendue. Après à peine deux minutes de jeu, Edy Tavares s’est effondré suite à un contact anodin au rebond. Touché au genou gauche, le pivot cap-verdien a immédiatement demandé à sortir, quittant le parquet en boitant, sans jamais revenir. Un coup dur pour Madrid, dont l’impact pourrait dépasser ce seul match.
Privés de leur ancre défensive, les Madrilènes ont pourtant affiché une remarquable maîtrise. Portés par un Campazzo incandescent, auteur de six tirs à trois points, les Blancs ont rapidement imposé leur tempo. Le meneur argentin a pris les commandes dès le premier quart-temps, conclu sur un net avantage (27-13), installant une dynamique favorable.
Dans son sillage, l’ensemble du collectif madrilène a répondu présent. Okeke s’est distingué par son activité défensive et son impact au rebond offensif, tandis que les rotations ont maintenu une intensité constante. Face à un Hapoel désorganisé et privé d’un Elijah Bryant diminué, le Real semblait évoluer dans un confort presque total.
Une domination longtemps incontestée du Real Madrid
La seconde unité du Real Madrid a amplifié cet ascendant. L’entrée de Feliz et Deck a renforcé la pression défensive, étouffant les initiatives israéliennes. Madrid a alors creusé un écart significatif, atteignant les +20 à la fin du deuxième quart-temps (46-26), tout en affichant une maîtrise impressionnante, notamment dans la gestion des ballons.
Malgré quelques éclairs, notamment ceux d’Oturu, impressionnant en l’absence de Tavares, l'Hapoel n’a jamais semblé en mesure de véritablement inverser la tendance. Le pivot américain a pourtant dominé la raquette avec autorité, compilant 20 points et 17 rebonds, profitant pleinement du vide laissé dans la peinture madrilène.
Au retour des vestiaires, le Real Madrid a su contenir les tentatives de retour adverse. À chaque rapprochement à une dizaine de points, les hommes de Scariolo ont répondu avec sang-froid, alternant tirs extérieurs et séquences défensives solides. Le match semblait alors glisser vers une fin tranquille, presque logique au vu de la physionomie.
Une fin de match sous tension
Mais le dernier quart-temps a changé la donne. Le rythme s’est cassé, les fautes se sont multipliées, et la tension est montée d’un cran. Entre décisions arbitrales contestées et sanctions disciplinaires, dont l’expulsion de Dimitris Itoudis, le match a progressivement perdu en fluidité.
À quatre minutes de la fin, un run de 7-0 semblait pourtant sceller définitivement l’issue (82-64). Madrid contrôlait, dominait, et se dirigeait vers une victoire nette. C’est précisément à ce moment que tout s’est déréglé. Relâchement, précipitation, ou simple trou d’air : le Real Madrid a perdu le fil.
Incapables de marquer efficacement, ils ont laissé l'Hapoel revenir progressivement. En l’espace de quelques minutes, l’écart a fondu dangereusement. Blakeney, en grande réussite extérieure, et Wainright ont relancé l’espoir israélien, transformant une fin de match anodine en véritable suspense.
Un succès précieux, mais fragile
Dans les dernières secondes, le Real Madrid a vacillé. Deux possessions mal négociées de Campazzo ont offert au Hapoel une ultime opportunité d’arracher la prolongation. Sur une action confuse, le ballon est resté vivant, avant qu’un tir désespéré ne vienne finalement échouer, sans faute sifflée.
Le soulagement a été immédiat dans la Movistar Arena. Les Madrilènes tenaient leur première victoire dans cette série, conservant leur invincibilité presque parfaite à domicile en Euroligue. Mais ce succès laisse un goût mitigé, tant la fin de match a contrasté avec la domination affichée auparavant.
Au-delà du résultat, c’est désormais l’état de Walter Tavares qui concentre toutes les attentions. Sa présence, ou non, lors des prochains matchs pourrait peser lourd dans l’équilibre de la série. Madrid a gagné, mais a peut-être perdu bien plus qu’un simple pivot.










