Le calme plat qui règne actuellement sur les terrains d'entraînement du Real Madrid est particulièrement trompeur. L'enchaînement des désillusions sportives a laissé des traces indélébiles dans la capitale espagnole. Avec une élimination prématurée en Copa del Rey puis en Ligue des Champions, la saison a pris une tournure dramatique.
En championnat, la situation est tout aussi alarmante. Le retard accumulé sur le rival catalan semble désormais irréversible. Pire encore, si le Real Madrid ne parvient pas à s'imposer ce dimanche sur la pelouse du RCDE Stadium face à l'Espanyol, il offrira mathématiquement le titre national au FC Barcelone.
Ce scénario catastrophe interviendrait juste avant le grand Clasico prévu le dimanche 10 mai au Camp Nou, obligeant potentiellement les joueurs du Real Madrid à former la haie d'honneur, le fameux « pasillo », pour célébrer le sacre de leur ennemi juré. Ce contexte asphyxiant a fait voler en éclats la sérénité du groupe, révélant au grand jour de profondes fractures internes et des comportements impensables il y a encore quelques mois.
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Le Real Madrid face à la colère de son noyau espagnol
Historiquement, le vestiaire du Real Madrid a toujours pu compter sur un socle de joueurs nationaux pour maintenir l'équilibre et transmettre les valeurs de l'institution. Aujourd'hui, ce noyau dur composé d'éléments comme Asencio, Ceballos, Huijsen, Carreras, Fran García et Gonzalo se sent totalement délaissé. Depuis les départs consécutifs de vétérans influents tels que Nacho, Joselu et Lucas Vázquez au cours des deux dernières années, l'influence des joueurs espagnols a drastiquement chuté en interne.
Selon les informations rapportées par le quotidien espagnol El Mundo, une véritable cassure s'est opérée avec Álvaro Arbeloa. Les cadres locaux reprochent ouvertement au technicien de réserver systématiquement ses éloges publics aux grandes stars de l'effectif ou aux très jeunes espoirs issus du centre de formation lors de ses conférences de presse, négligeant totalement la base nationale.
Ce sentiment de déclassement et d'injustice génère une frustration palpable au quotidien, transformant le centre d'entraînement du Real Madrid en une véritable poudrière où chaque décision technique est désormais contestée et analysée avec méfiance.
Des sanctions disciplinaires et un divorce acté avec les vétérans
Le symbole de ce mal-être grandissant porte les traits d'une légende du Real Madrid, qui ne trouve pourtant plus sa place dans le projet actuel. Le latéral emblématique, ayant posé la première pierre du centre de Valdebebas et remporté pas moins de six Ligues des Champions, vit un véritable calvaire.
Actuellement sur la touche en raison d'une fissure de la phalange distale du cinquième orteil du pied droit, il a vu ses relations avec l'entraîneur se dégrader irrémédiablement. Le défenseur est furieux de son très faible temps de jeu cette saison, estimant que cette mise à l'écart ruine ses dernières chances de disputer la prochaine Coupe du Monde.
Sauf retournement de situation, il ne renouvellera pas son contrat et fera ses adieux lors de l'ultime levée du championnat, à l'occasion de la 38e journée face à l'Athletic Club, bloquant son compteur à 27 trophées majeurs, à une petite unité du record absolu (28 titres).
L'autorité d'Álvaro Arbeloa est d'ailleurs mise à rude épreuve par de nombreux autres éléments. Asencio a été mis à l'écart pendant plusieurs jours suite à une altercation verbale, Ceballos a disparu des feuilles de match après un clash frontal avec le coach, et Carreras a été écarté des compositions pour une attitude jugée inappropriée.
Dans ce climat toxique, exacerbé par des rumeurs de transfert entourant des cadres comme Camavinga, de vives altercations directes ont éclaté entre les stars de l'équipe, bien loin de l'ambiance saine tant vantée sous l'ère de Carlo Ancelotti.
Les polémiques à répétition autour de la gestion médicale
Comme si la situation sportive et les nombreux conflits hiérarchiques ne suffisaient pas, la gestion du cas Kylian Mbappé vient rajouter de l'huile sur le feu. Son intégration médicale avait déjà provoqué d'importants remous en interne, entraînant de lourds changements de personnel au sein du département médical du club lors des mois de décembre et janvier suite à une délicate blessure au genou. Aujourd'hui, c'est une nouvelle lésion musculaire, pourtant médicalement qualifiée de légère, qui cristallise toutes les tensions.
Ce qui irrite profondément le reste du groupe du Real Madrid, ce ne sont pas les pépins physiques en eux-mêmes, mais bien les choix personnels de l'attaquant pendant sa convalescence. Ses récents voyages à l'étranger ont été très mal perçus. Si le premier déplacement à Paris avait été toléré parce qu'il était strictement encadré par deux physiothérapeutes salariés du club, les dernières escapades ont suscité l'incompréhension générale.
Alors que le joueur avait fermement assuré à ses coéquipiers qu'il ferait le maximum pour être rétabli pour le choc capital face au FC Barcelone le 10 mai, son attitude lors des quelques jours de repos accordés par le staff passe très mal. Dans un vestiaire meurtri qui lutte pour sa survie, ces passe-droits apparents ne font qu'élargir un fossé qui semble désormais impossible à combler.










