À la suite d’un mois d’avril catastrophique et d'une saison blanche désormais actée, les hommes d'Álvaro Arbeloa s'avancent vers le match le plus périlleux de leur année. Le Real Madrid affronte le FC Barcelone au Spotify Camp Nou avec une obligation absolue de résultat, dans ce qui ressemble à la plus grave crise institutionnelle et sportive du club de ces dernières années.
L'humiliation ultime à éviter
Grâce à un doublé salvateur de Vinicius Júnior le week-end dernier sur la pelouse de l'Espanyol Barcelone (0-2), le Real Madrid a réussi à repousser l'échéance. Mais la réalité mathématique est implacable : le leader catalan compte 88 points, contre 77 pour les Merengues. Le FC Barcelone sera officiellement sacré champion d'Espagne devant son public au coup de sifflet final en cas de victoire ou de match nul face au Real Madrid.
L'enjeu est colossal : sauver l'honneur de l'écusson, éviter le pasillo (la haie d'honneur), et combler un léger retard historique puisque les Blaugranas mènent la danse avec 110 victoires lors des Clásicos toutes compétitions confondues, contre 108 pour les Madrilènes.
Un club transformé en poudrière
Cependant, la préparation de ce choc s'effectue dans des conditions déplorables. Le centre d'entraînement de Valdebebas s'est transformé en un véritable champ de bataille. Comme l'avait souligné Xabi Alonso avant son départ en qualifiant le club de "garderie", le vestiaire du Real Madrid est hors de contrôle. Les polémiques s'enchaînent à un rythme effréné sur et en dehors des terrains.
Le climat est d'abord devenu particulièrement toxique, marqué par une violente altercation physique à l'entraînement entre Federico Valverde, véritable relais créatif avec ses 8 passes décisives cette saison, et Aurélien Tchouaméni. À cette guerre des nerfs s'ajoute l'affaire Antonio Rüdiger, qui a giflé puis publiquement insulté le jeune Álvaro Carreras à l'entraînement. De plus, la fracture est totale avec le staff technique, avec six joueurs qui ont totalement coupé les ponts et refusent de parler à Álvaro Arbeloa.
Cette scission s'observe également dans les rapports de force internes. Le Français Kylian Mbappé est de plus en plus isolé au sein d'un vestiaire qui a choisi de s'unir massivement derrière Vinicius Jr. En coulisses, des écarts disciplinaires graves viennent assombrir le tableau. Le jeune Raúl Asencio est pointé du doigt pour des soirées madrilènes totalement hors de contrôle, au point d'être puni et contraint de se présenter à Valdebebas sur ses jours de repos.
Enfin, une tension palpable règne à tous les étages du Real Madrid. Álvaro Carreras a été aperçu en train de rigoler lors du remplacement de Fran García face à l'Espanyol, tandis que Dani Carvajal s'est moqué de Trent Alexander-Arnold. Sur le terrain, Vinicius Jr s'est récemment retrouvé en conflit ouvert avec le public du Santiago Bernabéu sous les sifflets, un sort également subi par un Eduardo Camavinga en pleine descente aux enfers après une saison très irrégulière.
Une infirmerie pleine à craquer
Pour ne rien arranger, le Real Madrid se rend en Catalogne avec un effectif décimé par les blessures. La Casa Blanca perd notamment Éder Militão et Arda Güler (lésion musculaire), Rodrygo (ligaments croisés) ainsi que Dani Carvajal (orteils), qui sont tous indisponibles.
À cette longue liste noire s'ajoute Ferland Mendy. Le latéral gauche français est sorti sur blessure dès la 14e minute face à l'Espanyol, posant un énorme casse-tête défensif à Álvaro Arbeloa dans le couloir gauche face aux ailiers barcelonais. Enfin, Fede Valverde s'est ajouté à cette liste ce vendredi, souffrant d'un traumatisme crânien l'obligeant à rester éloigné des terrains jusqu'à deux semaines.
Cependant, Arbeloa peut compter sur les retours de Kylian Mbappé et Thibaut Courtois, aptes à disputer le Clasico et qui seront présents sur la pelouse du Camp Nou, ce dimanche à 21h.
S'en remettre à Vini et aux jeunes talents
Face à cette hécatombe de cadres et à ce climat irrespirable, le staff technique n'aura d'autre choix que de s'en remettre à la forme étincelante de son numéro 7. Avec 16 buts au compteur en Liga, Vinicius Júnior porte presque à lui seul le secteur offensif du Real Madrid en l'absence de Kylian Mbappé, qui va disputer ce dimanche ses premières minutes depuis la rencontre face au Real Betis.
Le technicien espagnol devra également s'appuyer sur la fougue de La Fábrica pour pallier les absences. Des jeunes talents comme Dean Huijsen, auteur d'une prestation majuscule avec 107 ballons touchés face à l'Espanyol, ou Gonzalo García, décisif dès son entrée en jeu le week-end dernier, seront attendus au tournant. Dans l'antre du rival barcelonais, le Real Madrid devra prouver que, même en pleine crise institutionnelle, il reste capable d'un sursaut d'orgueil.
Les Madrilènes devront aussi puiser dans leurs ressources jusqu'à l'ultime seconde, les deux équipes étant de véritables spécialistes du money-time avec 19 buts inscrits par le Barça et 17 par Madrid après la 75e minute cette saison.










