Ils se rendent coup pour coup. Vingt-quatre heures après le lancement officiel de sa candidature, marqué par un discours offensif contre Enrique Riquelme, Florentino Pérez a remis le couvert devant les caméras de la chaîne nationale. Mourinho, Riquelme, Vinicius Jr, Anas Laghrari, le cas Negreira : aucun sujet n'a été évité. Certaines réponses ont surpris. D'autres ont confirmé les tendances de ces derniers jours.
Riquelme et les élections : l'offensive continue
Florentino Pérez ne cache pas sa stratégie de campagne. Elle repose sur une attaque frontale et systématique contre son adversaire, assortie d'une rhétorique qui cadre les élections comme un combat entre le « bon » et le « mauvais » camp.
Sur la convocation des élections : « J'aime profondément le Real Madrid. Et quand je vois qu'ils s'en prennent à lui, je suis là. Je détectais un mouvement dans l'ombre, avec l'intention de déstabiliser le club à travers ma personne ».
Il a ensuite ciblé directement la légitimité financière de la candidature adverse, s'appuyant sur un article de Bloomberg depuis rectifié : « On dit qu'il a demandé un crédit à 54% annuel... Comment peut-on demander ça ? Je dis ce que dit Bloomberg, je n'invente rien ».
Sur Riquelme lui-même : « On a la sensation qu'il est venu parce qu'il a besoin du club pour son entreprise ».
Des attaques auxquelles la candidature de Riquelme a répondu dans un communiqué publié le 28 mai, rappelant que l'opération en question avait été financée via une émission obligataire de 2 milliards de dollars sur le marché américain, et que Bloomberg avait présenté ses excuses après avoir reçu des informations inexactes.
Florentino Pérez a en outre refusé catégoriquement le débat public réclamé par son rival : « Non, je ne vais pas débattre avec qui que ce soit. Qu'il parle autant qu'il veut. Je vais m'exprimer ici et tout expliquer. Privatiser le club ? Seuls les méchants parlent de ça.
Nous avons subi de nombreuses attaques, et LaLiga y a contribué en voulant s'approprier les revenus du Real Madrid pour les redistribuer entre tous les clubs. C'était une manœuvre sans précédent que nous avons réussi à contrer, mais le seul moyen de protéger nos actifs est que la valeur du club soit partagée entre tous les membres. »
Mourinho et le prochain entraîneur : le flou entretenu
C'est la question que tout le monde attendait. Et Pérez a choisi de maintenir le suspense, tout en confirmant implicitement que le dossier est bien avancé.
Sur le prochain entraîneur : « J'y réfléchis. Est-ce que j'ai un nom ? Et même deux. Mourinho ? C'est un bon entraîneur, clairement. Je ne vais pas l'annoncer car je ne lui ai pas encore parlé ».
Il confirme que Mourinho est dans la liste, sans l'officialiser. Il s'offre la possibilité d'ironiser et d'annoncer une autre possibilité. Surtout, le fait qu'il ne lui ait pas encore parlé est révélateur : des contacts existent depuis plusieurs semaines via des intermédiaires. Pérez joue sur les mots, mais le message de fond est clair : Mourinho reste le candidat principal, et l'annonce attendra la fin du processus électoral.
Sur Vinicius et une prolongation : « Je ne sais pas. Si vous me demandez mon avis, je souhaite qu'il reste, c'est l'un des meilleurs joueurs du monde. »
Une déclaration publique forte, mais qui ne dit rien des négociations concrètes, toujours bloquées alors que le contrat expire en 2027.
Le mercato et les grandes ambitions
C'est la partie de l'interview la plus riche en informations nouvelles. Florentino Pérez a esquissé une vision de son effectif pour la saison prochaine.
Sur ses joueurs : « Mbappé, Bellingham, Güler, Valverde, Vini... Ce sont les meilleurs joueurs du monde. Les gens savent que j'ai toujours signé les meilleurs. Un bon entraîneur va leur faire vivre une étape très importante au Real Madrid ».
Un message clair envoyé à la fois aux supporters et aux joueurs cités : le projet existe, le cadre est là, il ne manque qu'un entraîneur capable de tout orchestrer.
La COPE est allée plus loin dans les noms. Selon la radio espagnole, Florentino Pérez a trois objectifs précis pour ce mercato : Alessandro Bastoni, João Neves et le retour de Víctor Muñoz.
Le dossier Bastoni est cohérent avec les informations déjà disponibles sur la volonté du club de recruter un défenseur central de haut niveau. L'Italien de 27 ans est l'un des meilleurs à son poste en Europe, solide dans la construction, dominant dans les duels aériens. Son profil correspond précisément à ce que Mourinho a demandé défensivement. Reste à convaincre l'Inter, qui n'a aucune intention de brader son pilier. João Neves, lui, est une piste nouvelle et ambitieuse. Le Portugais de 21 ans a explosé cette saison au PSG.
Quant à Víctor Muñoz, son retour serait celui d'un joueur formé à la Fabrica que le club rachèterait après ses prestations convaincantes en sélection et en Liga. Un profil d'ailier rapide, technique, qui apporterait de la profondeur à un secteur offensif en reconstruction.
Sur le cas Negreira, Pérez a conclu avec sa formule habituelle : « Là-dessus, je vais jusqu'au bout. Je serai à la finale de la Ligue des champions ce week-end, car Ceferin m'a invité et je lui remettrai un dossier élaboré pendant trois ans pour qu'ils voient le cas de corruption le plus grand de l'histoire du football. » Le calendrier est politique autant que judiciaire.
La campagne électorale est officiellement lancée. Elle se jouera sur tous les fronts, sportif, financier, institutionnel. Et Florentino Pérez, après vingt ans au pouvoir, a montré qu'il n'avait rien perdu de son appétit pour le combat.










