Le Bernabéu n’a pas besoin d’un long hommage à José Mourinho, lui non plus, d’ailleurs. Devant la presse ce mardi matin, le Portugais a rapidement botté en touche sur la question de son retour : « Je ne veux pas que le Bernabéu me réserve un accueil spécial. » Ce qu’il attend, c’est un stade derrière son équipe. Et surtout une victoire avec la manière.
Le décor reste particulier. Treize ans après son départ, The Special One va de nouveau diriger le Real Madrid dans l’antre de la Casa Blanca. Ce match face à la Real Sociedad devait initialement lancer la saison des Merengues, avant d’être repoussé pour laisser davantage de repos aux internationaux présents à la Coupe du monde. Il se disputera finalement ce mercredi, quatre jours après les débuts madrilènes à Cornellà.
Le Real Madrid s’en est sorti, mais au terme d’un match compliqué. Jude Bellingham avait ouvert le score dès la neuvième minute avant l’égalisation de Cala. Il a ensuite fallu attendre le temps additionnel et une frappe de la recrue Carlos Espí pour ramener les trois points. Une victoire importante mais peu rassurante.
🚨 Jose Mourinho : « Je ne veux pas que le Bernabéu m’accueille d’une manière spéciale. Je veux qu’il accueille l’équipe avec sa passion. »
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Du spectacle attendu pour le retour au Bernabéu
Le résultat obtenu contre l’Espanyol a permis au Real Madrid de commencer sans perdre de terrain. Pour le reste, tout n’a pas été aussi simple. Les hommes de Mourinho sont bien entrés dans la rencontre, avec un pressing haut et beaucoup de courses pour accélérer le jeu. Puis le rythme est retombé. Les Periquitos ont profité des espaces laissés par les visiteurs pour jouer plus haut et se montrer plus dangereux.
Le Real Madrid s’est tout de même procuré de belles occasions, sans toujours les convertir. Mbappé a manqué plusieurs grosses occasions, tandis que Vinícius Jr. a eu plus de mal à faire la différence. Arda Güler, lui, a été plus juste dans la création, avec notamment son centre pour Bellingham sur l’ouverture du score. Il y a eu du bon, oui, mais jamais assez longtemps. Par moments, le Real Madrid a surtout confondu jouer vite et jouer dans la précipitation.
Le technicien portugais ne demande évidemment pas une équipe terminée au mois d’août. Il sait que certains joueurs ont peu travaillé ensemble et que les retours tardifs de la Coupe du monde ont coupé la préparation en plusieurs parties. À domicile, le niveau d’exigence sera tout de même différent. Au Bernabéu, on peut comprendre que l'équipe soit encore en rodage. En revanche, voir son équipe subir pendant vingt ou trente minutes, ça passera beaucoup moins bien.
Un groupe merengue similaire à celui face à l'Espanyol
Pas de retour en vue pour Tchouaméni, Endrick, Militão, Mendy et Rodrygo. Les cinq joueurs étaient absents du dernier entraînement et Mourinho va encore devoir faire sans eux mercredi.
📋 Le groupe du Real Madrid pour affronter la Real Sociedad ! ❌ Comme face à l’Espanyol, Tchouameni, Endrick, Militão, Mendy et Rodrygo ne sont pas disponibles.
La Real a perdu, mais elle n’a pas été mauvaise
Le constat est simple : trois points pour le Real Madrid, aucun pour la Real Sociedad. Le contenu, lui, mérite un peu plus de nuance.
Les Basques se sont inclinés vendredi sur la pelouse du Betis, battus par une réalisation de Rodrigo Riquelme après l’heure de jeu. Pourtant, ils ont eu des occasions pour repartir de Séville avec autre chose qu’une défaite. Sučić a trouvé le poteau. Óskarsson s’est présenté seul devant Álvaro Vallés après une superbe passe d’Oyarzabal, sans parvenir à égaliser. La Real n’a pas tout bien fait au club andalou, loin de là. Mais devant, il y a déjà de quoi faire mal si le Real Madrid est trop laxiste sur les transitions défensives.
Pellegrino Matarazzo dispose également d’un milieu équilibré, avec plusieurs profils capables de faire vivre le ballon. Yangel Herrera apporte de l’impact, Carlos Soler pose le jeu, tandis que Sučić aime se projeter vers l’avant. Devant, Takefusa Kubo reste le joueur capable de dérégler une défense sur une accélération ou un changement de direction.
L’ancien Madrilène devrait, comme à son habitude, beaucoup rentrer dans l’axe depuis le côté droit. Cela obligera Carreras ou Cucurella à choisir : le suivre et libérer le couloir, ou protéger sa zone au risque de laisser Kubo recevoir le ballon entre les lignes. Le champion du monde Oyarzabal, remplaçant au coup d’envoi contre le Betis après son retour tardif, pourrait aussi retrouver une place de titulaire.
Le Real Madrid doit mieux gérer les transitions
Le principal danger pour la Maison Blanche ne viendra peut-être pas d’une longue possession basque. Il pourrait naître d’une perte de balle madrilène, avec les deux latéraux déjà très hauts et trop peu de monde derrière pour ralentir la transition.
C’est surtout là que le Real Madrid devra faire mieux. Face à l’Espanyol, le pressing a bien fonctionné quand tout le bloc suivait. Dès que la première ligne était passée, en revanche, la Casa Blanca laissait beaucoup trop d’espace. Et face à une équipe comme la Real Sociedad, ça peut vite coûter cher. Il suffit d’un ballon trouvé vers Kubo ou Sučić pour que tout s’ouvre.
Quand le bloc montera, Valverde devra être là pour colmater les brèches. Bernardo Silva aussi. Le Portugais devra garder un œil sur les montées des latéraux pour éviter que le Real Madrid ne se retrouve trop vite exposé.
Évidemment, personne ne demande au Real Madrid d’être déjà au point fin août. Mais pour la première au Bernabéu, il faudra quand même faire mieux que samedi et surtout éviter ces longs passages où le Real perd complètement le fil.










