Alors qu'une véritable guerre d'influence et de communication fait rage de part et d'autre du détroit de Gibraltar, les coulisses de l'attribution du match le plus prestigieux de la planète football s'éclaircissent, et le Santiago Bernabéu pourrait faire partie de l'équation.
Depuis plusieurs mois, l'Espagne et le Maroc se livrent une bataille médiatique acharnée pour obtenir l'organisation de la finale de la Coupe du Monde 2030. Entre les déclarations triomphales de part et d'autre et l'exhibition des futurs projets architecturaux, le climat entourant la candidature conjointe est pourtant bien loin d'une parfaite concorde. Pourtant, loin de ce tumulte populaire et politique, les décideurs mondiaux du football gardent la tête froide et maintiennent leur cap initial.
La feuille de route de Zurich penche vers Madrid
Selon les informations dévoilées par AS, la FIFA reste totalement imperméable au bruit ambiant. Bien que l'officialisation définitive ne soit pas attendue avant un an, voire à l'horizon 2028, la tendance observée au siège de l'instance à Zurich est limpide. Les hautes sphères du football mondial continuent de désigner le stade Santiago Bernabéu comme le théâtre naturel de la grande finale.
Dans ce scénario privilégié par les instances dirigeantes, la répartition des affiches majeures verrait une demi-finale se disputer à Casablanca et l'autre à Barcelone, offrant ainsi un équilibre géographique prestigieux à la compétition.
Ce choix du Santiago Bernabéu découle d'une réalité sportive et géopolitique indéniable. Si le Maroc a réalisé des progrès spectaculaires à tous les niveaux et affiche des ambitions légitimes, le poids historique, économique et structurel de l'Espagne dans le football international demeure sans commune mesure. La FIFA ne s'en est d'ailleurs jamais cachée, considérant le Royaume ibérique comme le véritable pilier institutionnel de ce projet tripartite.
Le pacte entre Florentino Pérez et Gianni Infantino
Ce statut de grand favori pour le Santiago Bernabéu repose également sur des fondations diplomatiques solides. Comme le rappelle AS, le Real Madrid et Gianni Infantino avaient esquissé il y a quelque temps un pacte non écrit scellant la conviction partagée que l'écrin rénové du Bernabéu devait accueillir l'ultime rendez-vous du centenaire du Mondial.
Si les relations entre le président de la FIFA et l'état-major de la Maison Blanche ont connu un récent coup de froid à la suite de prises de position divergentes sur la gouvernance globale, le plan de travail n'a absolument pas été rangé au placard.
L'absence de document formellement signé à ce jour s'explique simplement par le mode opératoire de l'instance faîtière. Depuis la refonte organisationnelle amorcée en 2022, la FIFA est la seule et unique souveraine quant à l'attribution des stades et des affiches clés, ne laissant aucune place aux initiatives isolées des comités de candidature locaux.
Une reprise en main totale de la FIFA attendue
Dans les mois à venir, l'organisation va enclencher une nouvelle étape en créant la société dédiée qui prendra le contrôle opérationnel absolu du tournoi. Cette structure examinera minutieusement les dossiers, inspectera l'état d'avancement des travaux des enceintes neuves et vérifiera la conformité des autres stades aux exigences du cahier des charges.
L'expérience récente de la Coupe du Monde 2026 rappelle que rien n'est jamais figé prématurément : la finale finalement accordée au MetLife Stadium du New Jersey avait initialement été promise à Dallas avant que l'instance ne réajuste ses plans à un stade très avancé du calendrier.
De plus, le calendrier interne de la FIFA impose une certaine temporisation. L'attention est actuellement monopolisée par la campagne électorale pour la présidence de l'institution, dont l'échéance de mars prochain lèvera les dernières incertitudes politiques. Pour l'heure, les exécutifs de Zurich observent les démonstrations de force avec distance, conscients que lorsque le moment sera venu de trancher, le Santiago Bernabéu offrira toutes les garanties sportives et sécuritaires nécessaires pour sacrer le futur champion du monde.









