Depuis son retour sur le banc du Real Madrid, José Mourinho multiplie les ajustements pour trouver le meilleur équilibre au milieu de terrain. Après des premières associations peu convaincantes, le technicien portugais a progressivement revu ses plans, avec des résultats encourageants. À l’issue de la victoire dans le Clásico (1-2), il a notamment expliqué sa nouvelle philosophie concernant le double pivot.
« J’ai appris que combiner des joueurs aux qualités différentes au milieu de terrain nous apporte davantage que d’aligner deux profils similaires », a-t-il déclaré, selon AS. Mourinho souhaite désormais associer un joueur davantage physique et défensif à un élément plus technique et créatif. Une approche qui semble écarter certaines possibilités, tout en faisant émerger de nouvelles associations.
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Tchouaméni-Valverde, une association qui a montré ses limites
Longtemps envisagé comme le duo de référence, le double pivot composé d’Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde n’a finalement pas apporté les garanties espérées. Titularisés ensemble dans cette position contre Elche, l’Atlético de Madrid, Villarreal et la Roma, les deux joueurs ont régulièrement éprouvé des difficultés à organiser le jeu madrilène.
Malgré leur puissance physique, leur capacité de récupération et leur volume de course, cette association manquait de créativité et de fluidité dans la construction. La rencontre face à la Roma (4-3), notamment, a mis en évidence ces limites. Les entrées d’Arda Güler et de Bernardo Silva avaient alors contribué à améliorer la circulation du ballon.
Mourinho a depuis pris une décision importante : repositionner Valverde au poste de latéral droit. Une solution qui semble désormais s’installer durablement, tant l’Uruguayen apporte dans ce rôle. Sur le côté, Valverde peut davantage exploiter sa vitesse, son endurance et ses projections offensives, tout en participant activement à la construction.
Contre Leipzig (4-1), il a notamment touché 116 ballons, délivré plusieurs passes progressives et effectué 11 récupérations. Son influence dans le jeu confirme l’intérêt de ce repositionnement.
La présence de Trent Alexander-Arnold et Denzel Dumfries dans l’effectif n’a d’ailleurs pas empêché Mourinho de reconduire Valverde à ce poste contre Barcelone. Son avenir à court terme, ou plus, semble donc davantage se dessiner sur le côté droit, réduisant considérablement les possibilités de le revoir régulièrement dans le double pivot.
Güler à droite, une solution qui redistribue les cartes pour Mourinho
L’évolution du positionnement d’Arda Güler constitue l’autre changement majeur de ces dernières semaines. Contre Séville (4-1), le Turc avait été associé à Tchouaméni dans le double pivot, avec une réussite particulièrement encourageante.
Le Real Madrid avait alors enregistré 65,1 % de possession, son meilleur total de la saison à ce moment-là. Güler avait notamment réussi 60 de ses 64 passes, tout en délivrant trois passes menant à un tir. Sa qualité technique, sa vision du jeu et sa capacité à accélérer la circulation du ballon en font naturellement un candidat crédible pour accompagner un milieu davantage défensif.
Pourtant, son repositionnement sur le côté droit semble aujourd’hui tout aussi pertinent. Face à Leipzig, puis contre Barcelone, Mourinho a privilégié cette formule avec Güler devant Valverde, tandis que Bernardo Silva occupait une place dans le double pivot. Une association qui fonctionne particulièrement bien. Selon les données Opta relayées par AS, Valverde et Güler ont échangé 42 passes contre Leipzig, devenant le duo le plus connecté de la rencontre.
Cette complémentarité permet au Turc de rentrer régulièrement dans l’axe pour participer à la création, tout en libérant le couloir droit pour les montées de Valverde. Bernardo Silva peut également se rapprocher des deux joueurs pour favoriser les combinaisons et offrir des solutions supplémentaires à la relance.
Une organisation d’autant plus intéressante que les autres options offensives ne se sont pas encore imposées sur l’aile droite. Endrick ne totalise que 106 minutes cette saison, contre 211 pour Brahim Díaz, selon les statistiques officielles du Real Madrid. Aucun des deux n’a encore véritablement enchaîné les rencontres.
De son côté, Yan Diomandé évolue davantage à gauche depuis plusieurs matchs, notamment en raison de la suspension de Vinícius Jr. Cette configuration renforce donc l’intérêt de conserver Güler à droite, au moins dans l’immédiat. Une solution qui pourrait paradoxalement limiter ses apparitions dans le double pivot, malgré ses qualités évidentes pour évoluer à ce poste.
Le cas Jude Bellingham semble également assez clair. Depuis son arrivée, Mourinho priorise l’utilisation de l’Anglais dans son rôle de milieu offensif, derrière Kylian Mbappé. Une volonté qu’il avait déjà lui-même justifiée : « Jude doit jouer près du but, c’est la meilleure manière d’exploiter ses qualités », selon AS.
Avec 3 buts et 3 passes décisives cette saison, Bellingham s’épanouit dans cette position de numéro 10, où il bénéficie de davantage de liberté offensive. S’il possède les qualités nécessaires pour évoluer plus bas, son repositionnement durable dans le double pivot paraît donc peu probable, tant Mourinho semble convaincu de son importance à proximité de la surface adverse. Une option supplémentaire qui semble ainsi s’écarter du débat.
Bernardo Silva, Camavinga : qui pour accompagner Tchouaméni ?
À l’heure actuelle, l’association Tchouaméni-Bernardo Silva semble présenter le plus de garanties au regard des attentes de Mourinho.
Le Français apporte une véritable sécurité défensive grâce à son positionnement, son impact physique et sa capacité à couper les trajectoires adverses. Contre Barcelone, il a notamment réalisé 11 récupérations, remporté 4 de ses 5 tacles et affiché 96 % de passes réussies.
À ses côtés, Bernardo Silva offre un profil complémentaire. Sa qualité de conversation, son intelligence de déplacement et sa capacité à jouer sous pression permettent au Real Madrid de ressortir plus proprement le ballon.
Après un début de saison relativement discret, le Portugais monte progressivement en puissance. Buteur contre Leipzig, il a confirmé son importance lors du Clásico, où Mourinho lui a confié les clés de l’organisation offensive.
Selon AS, l’entraîneur madrilène a volontairement accompagné sa montée en régime physique avant de lui confier davantage de responsabilités. Son recrutement répondait précisément au besoin d’apporter de la maîtrise et de l’organisation au milieu de terrain.
Mais Eduardo Camavinga possède également des arguments sérieux. Avec seulement 365 minutes disputées cette saison, contre 493 pour Bernardo Silva, l’international français souffre d’un temps de jeu encore limité.
Sa titularisation aux côtés du Portugais face à Leipzig a néanmoins démontré son potentiel. Camavinga s’est distingué par son activité défensive, sa capacité à éliminer des adversaires à la conduite du ballon et ses projections vers l’avant. Une prestation saluée par Mourinho, qui n’a pas hésité à le faire entrer en fin de rencontre contre Barcelone. Le Français a d’ailleurs délivré la passe décisive à Kylian Mbappé sur le deuxième but madrilène.
Son association avec Bernardo Silva constitue ainsi une alternative crédible. Camavinga possède les qualités physiques et défensives nécessaires pour accompagner un organisateur, même si son positionnement parfois aventureux peut exposer davantage l’équipe.
En revanche, Mourinho a clairement indiqué qu’il ne souhaitait pas privilégier les associations Camavinga-Tchouaméni et Güler-Silva. La première réunirait deux profils essentiellement physiques, tandis que la seconde pourrait manquer de présence défensive. Ces deux possibilités ne seraient utilisées que dans des circonstances particulières, selon les propos du technicien portugais après le Clásico.
🚨 José Mourinho: "We have decided that we need to COMBINE QUALITIES in the double pivot. Physical with technical. For example, I will NOT do Guler-Bernardo. I will NOT do Camavinga-Tchouaméni. That balance helps us build up better. I will only do things like that in very, Show more
À l’heure actuelle, au regard du temps de jeu et des titularisations récentes, l’association Tchouaméni-Silva semble être la solution favorisée par José Mourinho. Mais la hiérarchie est loin d’être définitivement établie.
Le technicien portugais pourrait régulièrement reconduire le duo Tchouaméni-Güler, à condition de revoir ses plans sur le côté droit, ou encore associer Camavinga à l’un des deux profils plus techniques, Bernardo Silva ou Arda Güler sur certains matchs. Des alternatives crédibles qui permettraient au Real Madrid d’adapter son entrejeu selon les adversaires et les besoins de chaque rencontre, tout en conservant l’équilibre recherché par Mourinho.
Finalement, avec un double pivot idéal Tchouaméni-Silva, un Güler dans un rôle d’ailier intérieur et Valverde au poste de latéral droit, le Real Madrid semble avoir trouvé une formule qui a convaincu lors du Clásico, sans pour autant condamner les autres options. Car avec le retour en forme de Camavinga et la polyvalence de Güler, Mourinho dispose à présent de plusieurs solutions pour adapter son milieu de terrain sans sacrifier l’équilibre collectif.









