Le Real Madrid est retombé dans ses travers. Après une ouverture de championnat plutôt terne face à Osasuna, la large victoire 3-0 sur la pelouse du Real Oviedo laissait entrevoir de belles promesses avant la réception de Majorque. Pourtant, les hommes de Xabi Alonso ont livré une prestation assez morose, incapables de reproduire les bonnes choses aperçues à Oviedo.
Rapidement menés 1-0 à la 18e minute sur un corner conclu par Muriqi, les Madrilènes ont su renverser la situation en l’espace de deux minutes, avant de retomber dans un rythme lent et sans relief. Le sentiment dominant était celui d’une équipe cruellement en manque d’idées, de quoi refroidir les éloges suscitées par la victoire à Oviedo. Entre trois buts refusés, une réaction collective appréciable mais un contenu globalement trop fade, que faut-il vraiment retenir de ce succès madrilène ?
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Le Real Madrid est passé a coté de son sujet
Dans un scénario où les buts refusés auraient été validés, la conclusion aurait sans doute été différente. Pourtant, sur l’ensemble des 90 minutes proposées par le Real Madrid, on a retrouvé ce vilain sentiment de déjà-vu :
celui des prestations souvent insipides de l’ère Ancelotti la saison passée. Comme si l’essentiel se résumait aux trois points, en laissant le contenu de côté.
Majorque a parfaitement étudié son adversaire et a su mettre en difficulté les Madrilènes, incapables de récupérer haut, d’asphyxier leur opposant ou de reproduire l’intensité entrevue face à Oviedo. T
ous les secteurs de jeu ont déçu ce soir, à commencer par le milieu de terrain, éternelle interrogation de ce Real Madrid. Trop souvent coupé en deux, l’entrejeu madrilène a peiné aussi bien dans la construction que dans la récupération. Arda Güler, élu homme du match, a lui-même été bousculé à plusieurs reprises. L’impression persistante que
l’association Valverde–Tchouaméni ne peut pas répondre face à ce style d’adversité s’est de nouveau confirmée. Offensivement, le Real Madrid est apparu scolaire et prévisible, à l’image d’un Mbappé en contretemps et loin de son influence habituelle. Même la défense, pourtant l’une des satisfactions de ce début de saison, a montré des signes inquiétants. Dean Huijsen, si solide lors des deux premières journées, est apparu beaucoup moins inspiré.
En résumé, cette victoire madrilène, bien que précieuse au classement, laisse derrière elle davantage de doutes que de certitudes. Si le Real Madrid veut continuer de monter en puissancecompétitif, il devra vite retrouver l’intensité et la créativité entrevues à Oviedo, sous peine de retomber dans les travers du passé.
Alvaro Carreras, c’est oui ! Passer de Ferland Mendy et Fran García la saison passée à Álvaro Carreras aujourd’hui, il faut s’accrocher. On a beaucoup évoqué, à juste titre, les débuts tonitruants de Dean Huijsen au Real Madrid, mais son homologue du couloir gauche réalise lui aussi des premiers pas absolument convaincants. Son apport dans la construction fluidifie considérablement le jeu, et défensivement, il apporte une vraie sécurité.
Si certains avaient des doutes sur le montant de son transfert (50 M€),
l’ancien du Benfica justifie déjà pourquoi le Real Madrid est allé le chercher. L’image de son match restera ce sauvetage héroïque, aussi salvateur qu’exceptionnel : alors que la frappe de Samu Costa filait droit vers les filets, Carreras s’est jeté dans les airs pour éviter la désillusion d’un but majorquin. Un geste qui symbolise parfaitement ses débuts : solides, engagés et pleins de promesses.
3 matchs, 3 victoires… mais est-ce vraiment suffisant ? Avant la trêve internationale, le bilan comptable est irréprochable :
trois matchs, trois victoires, six buts inscrits et un seul encaissé. Pourtant, au-delà des chiffres, le contenu laisse une impression mitigée.
Face au Real Oviedo, les Madrilènes ont montré un visage séduisant,
avec de l’intensité et une réelle fluidité collective. Mais les deux autres rencontres, contre Osasuna et Majorque, ont ravivé certaines inquiétudes. Manque d’idées face à un bloc bas, rythme parfois trop lent : l’équipe a semblé retomber dans certains travers déjà aperçus la saison passée.
Le travail de Xabi Alonso est encore en phase de construction. Le chantier est immense et, malgré quelques promesses, le Real Madrid peine à offrir une continuité dans ses prestations.
On perçoit une équipe en train de se construire, mais encore loin d’avoir trouvé sa formule idéale. Avec un calendrier qui s’annonce plus corsé, notamment avec l’entrée en Ligue des champions, il faudra rapidement montrer davantage du Real Madrid vu à Oviedo plutôt que du visage livré face à Majorque. Comptablement parfait, ce début de saison reste donc encourageant… mais le chemin est encore long.
Léo Jobert