Le « nouveau » Huijsen, en réalité, ressemble d’abord à l’ancien : celui qui a impressionné avec Bournemouth, avec la sélection espagnole et sous le maillot madrilène au début de son aventure. Cette année, le défenseur a enchaîné 54 matchs et près de 5000 minutes club et sélection confondus, un volume hors norme pour un joueur de son âge.
Si on ajoute à cela un changement d’univers avec son passage de Bournemouth au Real Madrid, le tableau devient plus lisible. La marche était haute, il l’a franchie, mais le corps et la tête semblent maintenant en payer le prix. À cette surcharge s’est greffée une série de pépins qui expliquent un rendement en baisse. Surcharges musculaires, gêne persistante après le match face au Barça, absence contre Getafe en octobre, infections, fièvre… Beaucoup d’obstacles discrets parce que Huijsen n’est pas du genre à se trouver des excuses.
Selon Marca, il a souvent joué diminué, dans une défense madrilène décimée, enchaînant rechutes et demi-réapparitions sans retrouver des sensations pleines. Le tout sur fond d’auto-exigence très élevée, héritée de sa formation et confirmée par son entourage. Ce cocktail nous donne un cadre mental qui l’aide à avancer, mais ne l’épargne pas.
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Un coup d’arrêt avec des signes de rebond pour Huijsen
Ce petit coup de mou n’a rien d’une remise en cause structurelle. Ceux qui le connaissent parlent d’un phénomène normal avec un corps sollicité à l’extrême, une responsabilité grandissante à 20 ans et le choc d’un vestiaire qui ne tolère pas la moindre baisse. Le discours interne va dans le même sens. Il ne s’agit ni d’un problème d’attitude ni d’un plafond sportif, mais d’un pic de charge physique rattrapant un joueur qui avait tout joué. L’aveu implicite de l’intéressé, lucide sur sa période creuse de décembre, confirme une maturité rare à son âge.
Le break de Noël, passé en famille à Dubaï, ressemble à un sas de décompression. Reposer le corps, souffler mentalement, sortir du rythme infernal des matches tous les trois jours. Ce point d’arrêt est pensé comme un point de redémarrage. Le Real Madrid, lui, garde la même conviction. Récemment, le joueur a reçu le soutien d'anciens joueurs du club ainsi que de son sélectionneur.
Huijsen reste un formidable joueur d’avenir, avec une année 2026 chargée d’objectifs et de défis, jusqu’au Mondial, à condition de retrouver fraîcheur et continuité. Derrière « l’autre » Huijsen de ces dernières semaines, l’explication n’est pas sorcière : l’apprentissage accéléré du très haut niveau laisse des traces. Mais, devant lui, son avenir demeure promis à de grands accomplissements.
Bruno DE OLIVEIRA











