Le Real Betis Balompié n'est jamais un adversaire anodin pour la Maison Blanche, et ce match d'ouverture de l'année 2026 ne fait pas exception à la règle, même si le contexte est particulier. Historiquement, et encore plus lors de la dernière décennie, le club andalou s'est imposé comme le "poil à gratter" officiel de la Liga, capable de faire déjouer les géants d'Espagne là où on les attend le moins.
Ce duel, qui inaugure l'année civile au Santiago Bernabéu, s'annonce bien plus périlleux qu'une simple formalité de reprise post-trêve, malgré une infirmerie qui déborde et un calendrier international défavorable. Le Real Betis dirigé par l'inusable Manuel Pellegrini arrive dans la capitale avec un plan de jeu précis et une expérience inestimable.
L'ingénieur chilien, ancien de la maison madrilène (saison 2009-2010 où il avait atteint un record de points sans remporter le titre), connaît mieux que personne les pièges, la pression et l'exigence du Bernabéu. Il sait comment préparer ses troupes pour ne pas subir l'événement.
Loin de venir en victime expiatoire malgré les absences majeures de ses cadres partis en sélection ou blessés, les "Verdiblancos" ont préparé ce déplacement avec la ferme intention de profiter des potentielles lourdeurs physiques et du manque de rythme des Madrilènes après les fêtes. Pour bien comprendre le danger qui guette les hommes de Xabi Alonso ce soir, il est indispensable de décrypter trois aspects cruciaux de ce Real Betis.
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Le Real Betis, une véritable "bête noire" au Bernabéu
C'est une anomalie statistique qui a de quoi donner des sueurs froides aux supporters merengues et aux parieurs les plus avertis : le Real Betis est l'équipe qui a le mieux résisté au Santiago Bernabéu sur la dernière décennie. Contrairement à de nombreuses équipes de milieu de tableau qui s'effondrent mentalement dès l'entrée des joueurs sur la pelouse, les Andalous ne font aucun complexe d'infériorité.
Sur les sept dernières visites en championnat, le Real Betis a réussi l'exploit de repartir avec des points à de nombreuses reprises, transformant l'antre madrilène en une forteresse prenable, ou du moins, neutralisable. Le plus impressionnant reste leur perméabilité défensive quasi-héroïque sur cette pelouse spécifique lors des confrontations récentes.
À plusieurs reprises, et notamment lors de la série historique entre 2017 et 2022, le Real Betis a enchaîné des rencontres sans encaisser le moindre but à Madrid, un exploit rarissime à ce niveau de compétition. C'est un bloc équipe qui sait souffrir ensemble, fermer les espaces intérieurs et couper les lignes de passes préférentielles de joueurs créatifs comme Bellingham ou Valverde.
Les scores de parité 0-0 sont devenus une sorte de "classique" décevant et frustrant entre ces deux formations lorsque le match se joue dans la capitale. Pour le Real Madrid, marquer le premier but sera absolument vital ce soir, car une fois que le Real Betis verrouille le cadenas à double tour, il devient l'un des coffres-forts les plus hermétiques et disciplinés de la Liga.
Une attaque décimée : le casse-tête de Pellegrini
Si le Real Betis est solide derrière, son animation offensive est, elle, totalement décimée pour ce choc de janvier. C'est le point noir de la soirée pour Manuel Pellegrini : la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) tombe au pire moment possible pour le club sévillan. Les "Verdiblancos" sont privés de deux atouts majeurs partis représenter leurs sélections : l'ailier marocain Ez Abde, dont la percussion et la vitesse sont vitales pour le jeu de transition, et l'avant-centre congolais Cédric Bakambu, précieux par son expérience et son jeu de corps.
À ces absences internationales s'ajoute le forfait sur blessure du maître à jouer, Isco Alarcón. Sans son magicien et sans ses flèches africaines, le Real Betis perd une immense partie de sa créativité et de sa profondeur. La charge offensive incombera donc principalement à Antony.
Le Brésilien, réputé pour sa rapidité, sa capacité à éliminer un adversaire et son sens du mouvement constant, devra se montrer omniprésent sur le front de l’attaque. Moins physique qu’un Chimy Ávila ou moins technique qu’un Isco, il compense par sa vivacité et son intelligence de jeu, capables de perturber la relance et la circulation du ballon du Real Madrid.
Il sera probablement épaulé par Pablo Fornals, qui devra prendre les clés du jeu et tenter d'alimenter les rares offensives andalouses. C'est une attaque "bricolée" et expérimentale qui se présente au Bernabéu, mais c'est souvent ce genre de profil imprévisible qui pose problème aux défenses trop confiantes.
L'Europe comme unique obsession
Le Real Betis ne joue pas pour le maintien, ni pour faire de la simple figuration dans le ventre mou du classement. Le club sévillan est engagé dans une lutte acharnée et sans merci pour les places européennes. C'est une question de prestige, mais aussi de survie économique pour le projet andalou.
Actuellement au coude-à-coude avec des concurrents directs très performants, chaque point glané à l'extérieur, surtout chez un cador, vaut de l'or dans la course au Top 6. L'objectif est clair : retrouver l'Europa League ou rêver de la Ligue des Champions la saison prochaine.
Cette obligation de résultat rend le Real Betis dangereux, même avec une équipe remaniée et bricolée. Ils ne peuvent pas se permettre de "lâcher" ce match ou de le considérer comme un bonus sans importance. Leur saison se joue sur leur capacité à grappiller des points inespérés à l'extérieur face aux gros calibres, agissant souvent comme un "Robin des Bois" de la Liga qui vole des points aux riches.
De plus, ils sortent d'une première partie de saison en dents de scie, alternant le très bon et le médiocre, et ont un besoin vital d'un match référence en 2026 pour lancer une série positive. La motivation des Andalous sera maximale, poussés par l'envie de prouver qu'ils méritent leur statut de candidat crédible à l'Europe, peu importe les vents contraires, la pression du public madrilène et la liste interminable des absents.











