C'est un tremblement de terre qui secoue la capitale espagnole ce lundi. Alors que les supporters du Real Madrid digèrent à peine la défaite amère en finale de la Supercoupe d'Espagne face au FC Barcelone, l'annonce du départ de Xabi Alonso a transformé la crise sportive en crise institutionnelle majeure. Si l'officialisation d'Álvaro Arbeloa comme successeur a été rapide, les circonstances exactes de la fin de l'ère Alonso restent floues et contradictoires, révélant les fractures profondes qui traversaient le Real Madrid depuis plusieurs semaines.
Ce qui semblait être une suite logique après une débâcle se transforme en un véritable thriller médiatique, où les versions s'opposent mais dessinent toutes le même constat : le mariage entre le technicien basque et le Real Madrid était devenu toxique.
- A lire aussi : Álvaro Arbeloa nommé nouvel entraîneur du Real Madrid
Le Real Madrid face à la thèse de la démission : Alonso a dit stop
Selon les informations rapportées par le quotidien Diario AS, ce ne serait pas Florentino Pérez qui aurait appuyé sur le bouton du siège éjectable, mais bien l'entraîneur lui-même. Le journal affirme que Xabi Alonso a décidé de quitter le club de sa propre initiative. Conscient que son message ne passait plus et que l'électrochoc tactique tenté en finale (ce système à trois défenseurs) avait échoué, le Basque aurait préféré prendre les devants.
Cette version présente un homme lucide, refusant de s'accrocher à un poste où il ne sentait plus capable d'inverser la tendance. Après avoir constaté l'impuissance de son équipe face au rival catalan et l'absence de réaction d'orgueil, Alonso aurait estimé que sa mission était devenue impossible. C'est une sortie qui se veut digne, mais qui cache mal une rupture de confiance totale avec son groupe.
Un vestiaire "très surpris" et un technicien pris de court ?
Cependant, cette version d'un départ calculé et apaisé est contredite par d'autres échos beaucoup plus chaotiques. Selon l'exclusivité révélée par Edu Aguirre dans l'émission El Chiringuito, la stupeur règne à Valdebebas. Le journaliste proche du vestiaire assure que « Xabi Alonso ne s'y attendait pas » et que, malgré les difficultés, il pensait avoir encore du temps pour redresser la barre.
Plus troublant encore, Aguirre rapporte que « le vestiaire est très surpris ». Cette réaction des joueurs semble paradoxale. Comment peuvent-ils être surpris par le départ d'un coach avec qui les résultats sont décevants ? Cela suggère que malgré les tensions, une partie du groupe ne s'attendait pas à une décision aussi radicale et immédiate, en plein milieu de la saison, un fait rarissime au Real Madrid. La brutalité de l'annonce a laissé des traces, et les adieux ont sans doute été glaciaux.
La fracture interne : des méthodes contestées
C'est ici qu'interviennent les révélations de Mario Cortegana pour The Athletic, qui viennent éclairer le "pourquoi" de ce divorce. Si la surprise est réelle sur le timing, le fond du problème était latent. Le journaliste explique que la tension entre Xabi Alonso et les joueurs a considérablement augmenté au cours des dernières semaines. Ce n'était plus seulement une question de résultats, mais de management humain et tactique.
Il semblerait que plusieurs joueurs étaient mécontents de ses méthodes. La rigueur germanique importée du Bayer Leverkusen, l'insistance sur des schémas tactiques complexes et peut-être un manque de flexibilité pour accommoder les libertés individuelles de stars comme Vinícius Jr ou Kylian Mbappé ont créé un fossé infranchissable. Le groupe, habitué à la gestion paternelle et souple de Carlo Ancelotti, a fini par rejeter la greffe Alonso.
La "révolution tactique" promise s'est transformée en incompréhension mutuelle. Le pari d'un jeu plus positionnel s'est heurté à l'ADN vertical et instinctif de cet effectif. Au final, que ce soit une démission ou un licenciement déguisé, le résultat est le même : Xabi Alonso quitte le Real Madrid par la petite porte, victime de son incapacité à fédérer un vestiaire de galactiques autour de sa vision.











