Loin du Santiago Bernabéu, Endrick continue son apprentissage. Exilé en Ligue 1 le temps d'un prêt censé lui offrir le temps de jeu que la concurrence féroce à Madrid lui refusait, le prodige de 19 ans n'a pas coupé le cordon mental avec l'exigence du très haut niveau. Dans une interview accordée au journal L'Équipe, l'international brésilien est revenu sur les étapes qui jalonnent son début de carrière fulgurant, confirmant qu'il possède déjà la tête d'un vétéran sur les épaules d'un adolescent.
L'ombre de Cristiano Ronaldo comme guide
Pour tout supporter du Real Madrid, la réponse d'Endrick sur son idole résonnera comme une douce mélodie. Interrogé sur ses références, et notamment sur une possible filiation avec Romario, le jeune buteur a balayé la comparaison pour encenser une légende de la Maison Blanche. « Cristiano Ronaldo est le numéro 1 », affirme-t-il sans hésiter.
Ce n'est pas tant le talent pur du Portugais qui fascine Endrick, mais sa longévité et son obsession du travail. « Ce que j'admire le plus, c'est que Cristiano reste, à 40 ans, celui qui travaille plus que les autres », explique-t-il, fasciné par cette capacité à repousser la retraite. Endrick se reconnaît dans cette culture de l'effort.
Il valide d'ailleurs la comparaison avec son idole sur un point précis : la résilience face à une enfance complexe. « J'aime bien cette comparaison avec Cristiano, qui a eu une enfance difficile lui aussi [...] Cette image de celui qui travaille au quotidien pour être le meilleur, elle me plaît ».
Son départ du Real Madrid cet hiver a surpris par sa rapidité, mais il s'est fait sans heurts. Endrick révèle avoir eu une « conversation merveilleuse » avec Carlo Ancelotti avant de faire ses valises pour la France. Le "Mister" ne l'a pas laissé partir sans lui glisser quelques consignes précieuses pour la suite. « Il m'a donné quelques conseils qui m'ont marqué. Maintenant, je dois travailler pour évoluer », confie l'attaquant, conscient qu'il doit encore polir son jeu.
Reverra-t-on Endrick sous la tunique blanche la saison prochaine ? Le flou artistique demeure. Lorsqu'on lui demande s'il pourrait rester à Lyon au-delà de son prêt de six mois, le joueur botte en touche avec une prudence presque mystique : « Dieu seul sait ce qu'il va se passer [...] Personne ne sait déjà ce qu'il va advenir demain ». Une déclaration qui laisse toutes les portes ouvertes, prouvant que son avenir immédiat dépendra exclusivement de ses performances en terre lyonnaise.
Une maturité forgée dans la douleur
Ce qui frappe dans cet entretien, c'est la maturité déconcertante du garçon. À 19 ans, il parle avec le recul d'un joueur en fin de carrière. Cette sagesse, il l'explique par la précocité de son parcours — buts à 16 ans avec Palmeiras, à 17 ans avec la Seleção — mais surtout par les épreuves traversées.
Endrick ne cache pas que ses jeunes années ont été marquées par une pression sociale extrême au Brésil. « Mon enfance a été difficile voire très difficile. C'est le passé, mais ça reste marqué. Ça m'a aidé, ça m'a renforcé », analyse-t-il avec lucidité. Cette vie "très mouvementée" au Brésil l'a obligé à grandir plus vite que les autres pour survivre médiatiquement et sportivement.
Aujourd'hui, c'est une vie rangée qu'il mène à Lyon, entouré de sa femme Gabriely, de ses deux chiens et de son staff personnel. Un cocon nécessaire pour affronter la Ligue 1, un championnat qu'il juge déjà « très fort » et « très agressif ». Le "gamin" est devenu grand, et il compte bien le prouver à toute l'Europe, en attendant, peut-être, un retour triomphal à Madrid.











