Quand Trent Alexander-Arnold a posé le pied au Real Madrid en juin 2025, Florentino Pérez l'a accueilli en le qualifiant de « légende ». Neuf mois plus tard, la réalité est toute autre. Une saison de blessures, de doutes, d'un incident disciplinaire et d'une mise à l'écart internationale : l'Anglais de 27 ans a vécu l'une des années les plus tumultueuses de sa carrière.
De la Coupe du monde des clubs aux urgences
Tout avait pourtant bien commencé. Auteur de cinq apparitions lors de la Coupe du monde des clubs, avec deux passes décisives à la clé, Trent semblait s'intégrer sans heurts dans le nouveau projet madrilène. Mais la fatalité a frappé dès la veille du match le plus attendu du tournoi. À Palm Beach, lors d'une séance d'entraînement, il se blesse et se retrouve forfait pour la demi-finale contre le PSG, une rencontre que les Merengues perdront 4-0 sans lui.
À peine remis, la Liga reprend et le calvaire se poursuit. Le 17 septembre 2025, face à l'OM en Ligue des champions, il quitte la pelouse dès la 4e minute en se tenant l'arrière de la cuisse gauche après une tentative de sprint en couverture. Le diagnostic tombe le lendemain : lésion du biceps fémoral, avec une absence estimée entre six et huit semaines selon la presse espagnole. Sept matchs manqués, 38 jours hors des terrains.
Son retour progressif en novembre offre un court répit. C’est dans un contexte impitoyable que Xabi Alonso le remet sur le terrain, lors de la rencontre en phase de groupe à Anfield, face à son club de toujours, Liverpool, où il ne parvient pas à aider son équipe dans un match dans lequel ils s'inclinent 1-0. Il enchaîne, retrouve des minutes à Elche et à Girona, dans des matchs compliqués post-Clásico.
Puis à Bilbao, le 3 décembre, il signe celle qui est alors sa meilleure prestation sous le maillot blanc, se montrant décisif sur l'action du deuxième but lors d'une victoire 0-3. Xabi Alonso ne cache pas son admiration après la rencontre, soulignant notamment la manière dont ses partenaires ont su le trouver sur l'aile droite. Mais à la 55e minute, il s'effondre à la suite d'un contact. Les examens confirment une déchirure musculaire au niveau du quadriceps gauche.
61 jours d'absence supplémentaires, 14 matchs de plus à regarder depuis les tribunes. Au total, entre la blessure face à l'OM et celle de Bilbao, Trent aura passé 107 jours à l'infirmerie sur la première moitié de saison.
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La renaissance d'un titulaire
Le 8 février 2026, il fait son retour à Valence sous la direction d'un nouvel entraîneur, mais n'entre en jeu que 14 minutes, une réapparition en douceur, logique après deux mois d'absence. La suite est d'une toute autre nature. Depuis ce retour, Trent s'installe dans le onze d'Álvaro Arbeloa avec une régularité qu'il n'avait jamais connue à Madrid. Il devient titulaire semaine après semaine, en Liga comme en Ligue des champions, enchaînant les rencontres avec une fiabilité que même ses défenseurs les plus ardents n'osaient pas espérer si tôt.
Son profil offensif reste son principal atout. Créateur né, habitué depuis Liverpool à fonctionner comme un vrai relanceur depuis la droite, il apporte une dimension supplémentaire dans le jeu de possession madrilène. Sa passe décisive à Bilbao déjà en décembre avant sa sortie, illustrait déjà ce que le Real Madrid pouvait espérer de lui dans un couloir qu'il occupe avec intelligence.
Défensivement, les fragilités demeurent, sa prestation face au Celta de Vigo à Balaídos a été très critiquée dans la presse espagnole, et son taux de réussite dans les duels reste perfectible. Mais Arbeloa a visiblement fait un choix : miser sur le profil de Trent, même imparfait défensivement, pour ce qu'il génère offensivement et dans la construction du jeu.
Le résultat est là. Il s'apprête à dépasser les 18 titularisations de Valverde, qui avait dû pallier ses absences ainsi que celles de Carvajal pendant de longues semaines, pour devenir le latéral droit le plus souvent aligné d'entrée cette saison. Un « surpassement » symbolique qui en dit beaucoup sur la hiérarchie actuelle au sein du vestiaire madrilène.
Le Mondial 2026, dernier enjeu d'une saison à rebondissements
Si la fin de saison s'annonce calme, vide du côté merengue, elle reste chargée d'une pression particulière pour Trent sur le plan personnel. Car l'ombre de la Coupe du monde plane sur ses dernières semaines de compétition. Alexander-Arnold n'a plus porté le maillot anglais depuis l'été 2025, où il était entré en jeu lors d'une victoire 0-1 contre Andorre. En mars 2026, Thomas Tuchel l'a écarté d'une liste de 35 joueurs pour les matches amicaux contre l'Uruguay et le Japon, envoyant un signal difficile à interpréter autrement que comme un avertissement.
Tuchel a justifié ce choix en expliquant vouloir observer d'autres joueurs au poste d'arrière droit pour se faire une meilleure idée avant de finaliser ses choix. Un discours poli qui traduit une réalité moins confortable : Trent doit tout gagner sur le terrain d'ici la liste définitive. Sky Sports rapportait toutefois qu'il n'y avait aucun problème personnel entre les deux hommes, et que Tuchel appréciait toujours ses qualités de passe et sa polyvalence.
Sa situation en club, désormais clarifiée, peut plaider en sa faveur, reste toutefois que son équipe a à nouveau réalisé une saison blanche, ce qui pourrait le pénaliser. Trent doit désormais convertir cette constance en argument pour Tuchel. Pour un joueur capable de traverser une saison pareille et d’en ressortir plus fort, être appelé au Mondial ne serait peut-être que la moindre des choses.










