Dès les premières minutes de la rencontre dans un stade Ramón Sánchez-Pizjuán en feu, le Real Madrid a imposé un pressing ultra‑intense, forçant le Séville FC à jouer en retrait et à commettre plusieurs pertes de balle dans sa moitié de terrain. Cette pression a permis aux Madrilènes de récupérer haut et de neutraliser les tentatives de relance, limitant l’insertion de l’adversaire. Sans offrir un spectacle flamboyant, l’équipe d’Álvaro Arbeloa a démontré une cohésion collective solide, posant les bases d’une victoire discrète mais efficace.
La différence est arrivée au quart d’heure de jeu. Sur une passe de Kylian Mbappé, Vinicius Junior a ouvert le score et placé le Real Madrid dans une rencontre plus confortable. Le Brésilien sera ensuite élu homme du match, davantage pour son impact décisif que pour une prestation flamboyante de bout en bout.
Cette victoire courte ne change évidemment rien au bilan de la saison madrilène. Mais elle permet au Real de repartir de Séville avec un clean sheet, quelques satisfactions individuelles et une impression de sérieux, ce qui n’était pas toujours acquis dans cette fin d’exercice.
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Vinicius Jr, décisif plus que flamboyant
Vinicius Jr n’a pas forcément livré un match immense, mais il a fait ce que le Real Madrid attendait de lui : être décisif. Son but au quart d’heure de jeu a rapidement placé les Madrilènes dans une position favorable, dans une rencontre qui n’a jamais vraiment gagné en intensité. Petit point noir : le Brésilien est sorti en seconde période, victime d'une légère gêne.
Sa dynamique statistique mérite cependant d’être soulignée. D’après OptaJose, seul Harry Kane, avec 28 buts, fait mieux que Vinicius Jr., auteur de 17 réalisations, parmi les joueurs des cinq grands championnats en 2026. Même dans une saison collectivement ratée, le Brésilien continue donc de peser dans les chiffres.
Son match n'est certainement pas une démonstration, mais c'est une prestation utile. Vinicius a parfois manqué de justesse, parfois disparu de certaines séquences, mais il a marqué le but qui a suffi au Real Madrid pour l’emporter.
Et dans ce type de match de fin de saison, c’est souvent l’essentiel. Le Real n’avait pas besoin d’un récital, mais d’un joueur capable de faire basculer une rencontre fermée. Vinicius l’a fait, et cela explique assez logiquement son titre d’homme du match.
Mbappé passeur, mais encore imprécis dans la surface
Kylian Mbappé a signé une deuxième passe décisive en deux matchs. Après celle délivrée contre Oviedo, le Français a encore été impliqué directement dans un but madrilène, cette fois pour servir Vinicius sur l’ouverture du score.
Mais son match reste difficile à juger uniquement par cette statistique. Mbappé a aussi manqué deux grosses occasions, ce qui laisse une impression plus mitigée. Dans le jeu, il a parfois participé, parfois décroché, mais il n’a pas vraiment donné le sentiment de dominer son sujet.
C’est peut-être le bon résumé de sa deuxième partie de saison : des chiffres qui continuent évidemment d’exister un minimum, mais une impression visuelle encore irrégulière. Il peut être décisif sur une action, puis frustrant quelques minutes plus tard dans la finition.
Il ne faut pas non plus surinterpréter ce match. Séville-Real Madrid, à ce moment de la saison, ne changera pas le regard global sur son exercice. Mais cette rencontre illustre bien le paradoxe actuel autour de Mbappé : utile statistiquement, encore incomplet dans le contenu.
Huijsen et Fran García, les satisfactions défensives du Real Madrid
La meilleure nouvelle madrilène du soir est peut-être venue de derrière. Dean Huijsen a livré un match très solide, dans les duels comme dans la lecture des situations. Son calme a beaucoup aidé le Real Madrid à conserver son avantage jusqu’au bout.
Sa prestation arrive dans un contexte intéressant. Cette semaine, AS expliquait que sa présence dans la liste finale de l’Espagne pour la Coupe du monde 2026 n’était pas encore assurée, malgré son statut de candidat sérieux. Le média espagnol rappelait notamment la forte concurrence avec Cubarsí, Laporte, Pubill, Jon Martín, Mosquera, Le Normand, Eric García ou Vivian.
Face à Séville, Huijsen a donc répondu de la meilleure manière possible, avec un match propre. Dans une rencontre où le Real Madrid n’a pas eu besoin de briller offensivement, son sérieux défensif a pesé.
Fran García mérite aussi d’être cité. Très actif dans son couloir, agressif dans le contre-pressing et appliqué défensivement, le latéral gauche a rendu une copie complète. Ce n’était pas forcément le nom le plus attendu de la soirée, mais il a été l’un des Madrilènes les plus constants.
Un succès court dans une fin de saison sans relief
Le Real Madrid n’a pas produit un grand match, mais ce n’était pas vraiment le sujet. À ce stade de la saison, l’objectif est surtout de finir proprement, d’éviter une nouvelle soirée pénible et de permettre à certains joueurs de marquer des points.
Dans cette logique, la rencontre a rempli son rôle. Vini a marqué, Mbappé a donné une passe décisive malgré ses ratés, Huijsen a répondu aux doutes du moment, Fran García s’est montré, et Álvaro Leiva a connu ses premières minutes avec l’équipe première.
Ce dernier point reste secondaire dans l’analyse du match, mais il mérite d’être mentionné. Dans une fin de saison sans grand enjeu collectif, voir un jeune joueur débuter avec le Real Madrid donne au moins une petite note positive à une soirée assez fermée.
Les Merengues repartent donc de Séville avec une victoire 1-0, sans euphorie particulière. Ce n’était ni un grand match, ni un tournant, simplement une rencontre sérieuse dans une saison déjà jouée. Et parfois, dans ce genre de contexte, c’est déjà suffisant.










