L'arrivée de José Mourinho sur le banc du Real Madrid ne répond pas uniquement à un besoin de renouveau tactique. L'entraîneur portugais fait face à un défi interne majeur : enrayer la spirale des pépins physiques qui a totalement conditionné l'exercice précédent. Sous les directions successives de Xabi Alonso puis d'Álvaro Arbeloa, la mise en place d'un onze de départ type a relevé de la mission impossible.
Sur les 56 matchs officiels disputés par l'équipe du Real Madrid, la même équipe n'a été alignée qu'à deux reprises. Xabi Alonso a reconduit ses titulaires à l'identique entre le premier match de l'année face au Betis et la demi-finale de Supercoupe d'Espagne contre l'Atlético. De son côté, Álvaro Arbeloa a utilisé le même système de départ face à Monaco et contre le Rayo Vallecano.
Le bilan brut détaillé par la presse espagnole illustre l'ampleur de la crise. Au cours de l'année, le staff médical a recensé 52 blessures distinctes et neuf absences liées à des maladies communes. Cet enchaînement continu a généré un total de 1 362 jours de convalescence, privant l'équipe de ses éléments sur 263 matchs cumulés.
Durant ces mois de compétition intenses, seulement quatre joueurs de champ ont réussi à éviter l'infirmerie : Vinícius Júnior, Fran García, Gonzalo et Brahim Díaz. L'international marocain a toutefois manqué huit rencontres en raison de sa participation à la Coupe d'Afrique des Nations.
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Une défense au Real Madrid contrainte à une rotation perpétuelle
Comme le mentionne AS, c'est dans le secteur défensif que l'impact de ce fléau a été le plus lourd à gérer au quotidien. Cinq défenseurs de l'équipe première du Real Madrid ont franchi ou frôlé le cap des 100 jours d'indisponibilité. Le cumul de Ferland Mendy et Éder Militão atteint 319 jours d'absence, soit 33 matchs manqués pour chacun d'entre eux. Dani Carvajal a été écarté des terrains durant 18 rencontres, tandis qu'Antonio Rüdiger et Trent Alexander-Arnold ont raté 21 matchs.
Le latéral anglais n'a d'ailleurs disputé que 38 % des minutes possibles sur l'ensemble de la saison. Pour pallier cette hécatombe, le staff technique a dû tester 35 configurations défensives différentes. Des milieux de terrain de formation, comme Federico Valverde, Aurélien Tchouaméni et Eduardo Camavinga, ont été réquisitionnés plus bas sur le terrain.
L'encadrement technique du Real Madrid a également fait massivement appel aux éléments de la réserve, intégrant David Jiménez, Valdepeñas, Aguado et Manu Serrano au fil des semaines. Dans l'axe de la défense, l'instabilité s'est traduite par l'utilisation de 13 charnières centrales distinctes. Le duo formé par Antonio Rüdiger et Dean Huijsen a été le plus utilisé, mais il ne s'est véritablement stabilisé que dans le dernier tiers du championnat.
Le secteur offensif n'a pas non plus échappé à cette dynamique usante. Rodrygo présente le bilan le plus lourd avec 108 jours d'indisponibilité et 24 matchs manqués. L'ailier brésilien a subi en mars une rupture du ligament croisé antérieur et du ménisque externe du genou droit, le tenant éloigné des terrains pour une durée estimée à un an.
Jude Bellingham le suit de près dans cette hiérarchie avec 89 jours d'absence et 14 matchs ratés, une situation directement liée à son opération de l'épaule programmée durant l'été précédent. Aucun autre joueur de l'effectif n'a dépassé les 60 jours d'absence consécutifs.
La restructuration interne actée par la direction du Real Madrid
Ce constat alarmant a poussé la direction à restructurer son organigramme médical en milieu de saison. Dès le mois de janvier, le club a officialisé le retour de Niko Mihic à la tête des services médicaux. Il a été rejoint par Antonio Pintus, qui a repris la direction de la préparation physique de l'équipe première en parallèle du changement d'entraîneur.
Lors d'une intervention en mai face à Josep Pedrerol, le président du Real Madrid Florentino Pérez a analysé les causes de cette anomalie statistique. Il a notamment ciblé l'impact de la Coupe du Monde des Clubs et l'absence d'une véritable présaison estivale pour préparer les organismes. La direction chiffre à 28 blessures la période sous le premier entraîneur, et exactement le même nombre sous son successeur.
L'incapacité à récupérer un fondement physique optimal, combinée au rythme imposé par les matchs tous les trois jours, a empêché toute stabilisation de l'effectif. Malgré ce contexte défavorable, le club est parvenu à sécuriser la deuxième place du championnat. José Mourinho sait désormais que le succès de son projet passera d'abord par un protocole médical strict.










