Aurélien Tchouaméni est passé à côté de sa demi-finale de Coupe du monde face à l'Espagne. De retour dans le onze de Didier Deschamps après deux matchs d'absence, le joueur du Real Madrid n'a jamais réussi à peser dans l'entrejeu lors de la défaite des Bleus (2-0). Avant sa blessure à la cuisse, le vice-capitaine de l'équipe de France faisait pourtant partie des hommes forts de Didier Deschamps.
Titulaire lors de la phase de groupes, il avait dû déclarer forfait contre le Paraguay puis le Maroc, laissant Manu Koné s'illustrer au milieu de terrain. Le retour de Tchouaméni était donc attendu comme celui du joueur capable d'apporter davantage d'équilibre et d'expérience face au meilleur milieu de terrain du tournoi.
Le sujet occupait toutes les conversations avant le coup d'envoi. Après deux forfaits consécutifs en raison d'une blessure à la cuisse, Didier Deschamps a finalement décidé de titulariser Aurélien Tchouaméni au détriment de Manu Koné, pourtant auteur de deux prestations convaincantes lors des tours précédents.
Un choix fort, mais risqué. Le milieu du Real Madrid n'avait plus disputé la moindre rencontre depuis quinze jours et n'était pas encore totalement remis. À la veille de la demi-finale, Didier Deschamps avait d'ailleurs reconnu les incertitudes entourant son état physique.
« Au dernier match, le risque était trop élevé. Il est mieux aujourd'hui, on ne peut pas dire qu'il est guéri à 100 %, mais c'est une demi-finale de Coupe du monde. Le dernier match qu'il a joué remonte à quinze jours, mais ce n'est pas ça qui est rédhibitoire non plus. L'important est qu'il soit là. Aujourd'hui, il est de nouveau disponible. »
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Un retour qui tourne au cauchemar
Le pari n'aura finalement pas porté ses fruits. Dès les premières minutes, Aurélien Tchouaméni est apparu en difficulté face au trio espagnol composé de Rodri, Fabián Ruiz et Dani Olmo. Là où l'Espagne multipliait les permutations au milieu de terrain, le Français est resté très proche de sa défense, peinant à sortir sur le porteur du ballon ou à accompagner les projections offensives.
Rodri décrochait régulièrement entre ses défenseurs centraux pour initier les attaques espagnoles, pendant que Fabián Ruiz se projetait entre les lignes afin d'offrir une solution supplémentaire à la relance. Ce mouvement permanent a contraint Tchouaméni à défendre en reculant, l'empêchant d'exercer son pressing habituel et de récupérer les ballons dans des zones hautes.
À la récupération, le Madrilène s'est également montré trop prudent. Ses transmissions, souvent latérales ou vers l'arrière, n'ont presque jamais permis de casser les lignes espagnoles, limitant considérablement les possibilités de transition des Bleus.
Même avec un taux de passes réussies proche de 88 %, son influence est restée très limitée. Il n'a trouvé que trois fois un partenaire dans le dernier tiers du terrain, un chiffre bien insuffisant pour un joueur chargé d'assurer le lien entre la défense et les attaquants.
Ses statistiques illustrent d'ailleurs cette soirée compliquée : peu de passes progressives, très peu de récupération dans le camp adverse et une influence offensive quasiment inexistante. À l'inverse, Rodri a une nouvelle fois dicté le tempo de la rencontre, alternant jeu court, renversements et récupération haute avec une remarquable sérénité.
Aurélien Tchouaméni dépassé par Rodri au milieu de terrain
La domination espagnole ne s'est pas uniquement traduite par la possession du ballon. Elle s'est surtout manifestée dans la maîtrise du rythme. À chaque récupération française, le pressing coordonné de la Roja obligeait les Bleus à repartir vers leurs défenseurs, empêchant Tchouaméni de porter le ballon ou de se projeter.
Même dans les duels, domaine où il excelle habituellement, le milieu madrilène a rarement pris le dessus. Les Espagnols ont constamment cherché à contourner son impact physique grâce à des combinaisons rapides en une ou deux touches, le privant de l'agressivité qui fait habituellement sa force.
La question de son remplacement s'est d'ailleurs posée dès la pause. Plusieurs observateurs estimaient que Manu Koné aurait pu apporter davantage d'intensité et de mobilité pour tenter de rééquilibrer l'entrejeu français.
Didier Deschamps a pourtant choisi de maintenir son vice-capitaine sur la pelouse. Adrien Rabiot, averti très tôt dans la rencontre, représentait alors un autre sujet d'inquiétude. Le sélectionneur a préféré conserver Tchouaméni jusqu'au terme de la rencontre, sans que celui-ci ne parvienne à inverser la dynamique.
Un Mondial à sauver
Cette demi-finale contraste fortement avec le début de compétition réalisé par Aurélien Tchouaméni. Avant sa blessure, le Madrilène incarnait l'un des principaux points d'équilibre du système de Didier Deschamps. Son absence lors des deux tours précédents avait finalement été parfaitement compensée par Manu Koné, rendant son retour encore plus attendu.
Face à l'Espagne, il devait permettre aux Bleus de reprendre le contrôle du milieu de terrain. Il aura finalement symbolisé les difficultés d'une équipe de France incapable de rivaliser avec la maîtrise collective de la Roja.
La petite finale offrira désormais au milieu de terrain français une dernière occasion de refermer ce Mondial sur une note plus positive. Attendu comme le joueur capable de stabiliser l'entrejeu tricolore, Aurélien Tchouaméni aura finalement vécu son rendez-vous le plus compliqué de la compétition au moment où la France avait le plus besoin de lui.







