Le scénario tant redouté a fini par se confirmer. Rodri a donné sa priorité au FC Barcelone pour la suite de sa carrière, mettant fin à la piste qui semblait pourtant la plus avancée du côté madrilène. Un coup dur pour José Mourinho, qui jugeait pourtant ce renfort prioritaire pour densifier son entrejeu, selon le journaliste Sergio Valentín.
Mais le club n’a pas attendu pour dévoiler son plan B. Selon Marca, Bernardo Silva va justement passer son premier test aujourd’hui, face au Ferencváros. D'après AS, José Mourinho aurait décidé de commencer à bâtir son nouveau milieu de terrain autour du Portugais, quelques jours seulement après ce coup dur dans le dossier Rodri.
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Le maître à jouer de Mourinho
Les chiffres plaident clairement en sa faveur. La saison passée, Bernardo Silva a disputé les 38 matchs de Premier League, pour 34 titularisations, un signe de fiabilité rare alors qu’il fêtera ses 32 ans dans deux jours seulement. Une régularité qu’il avait justement mise au service d’un rôle plus reculé, Pep Guardiola l’ayant utilisé au sein d’un double pivot devant la défense, loin de son couloir droit habituel.
Sur le plan technique, les statistiques confirment un profil taillé pour la construction du jeu. Le Portugais a touché environ 69 ballons par match, complété près de 61,7 passes toutes les 90 minutes et affichait très exactement le même pourcentage de passes réussies que Rodri la saison dernière en Premier League (90,3%). Il se classe même au 97ème percentile des milieux des cinq grands championnats européens pour les courses progressives.
Reste que le comparer directement à Rodri serait toutefois trompeur, tant leurs profils diffèrent naturellement. Là où l’international espagnol reste avant tout un pur organisateur, Bernardo Silva apporte plutôt de la mobilité, de la conduite de balle et du jeu entre les lignes. Rien n’empêche pourtant le Portugais d’endosser à son tour ce rôle de constructeur du jeu depuis l’arrière, dans un registre qui lui est moins naturel, mais pas totalement étranger.
Le casse-tête du milieu
Reste à savoir qui accompagnera Bernardo Silva dans ce double pivot. Federico Valverde ou Aurélien Tchouaméni ? Comme le Portugais n’est pas un véritable numéro 6, la logique tactique pousserait plutôt vers Tchouaméni pour l’équilibre de l’équipe. Mais se pose alors la question du capitaine, Valverde, titulaire indiscutable depuis 2021/22 et l’un des seuls rescapés des onze des deux dernières Ligue des champions.
La question est d’autant plus sensible que les deux hommes se sont violemment accrochés en mai dernier, une bagarre qui avait nécessité une hospitalisation pour l’Uruguayen. Écarter aujourd’hui le capitaine pourrait créer des tensions dans un vestiaire déjà fragilisé. Mourinho n’aurait pourtant pas peur de ce genre de décision. Lors de son premier passage sur le banc madrilène, il avait déjà osé écarter l'ancien capitaine, Iker Casillas, au profit de Diego López.
Un puzzle à assembler
Pour soulager Bernardo Silva, la solution peut aussi venir de derrière. Paradoxalement, le Real Madrid compte justement dans ses rangs plusieurs défenseurs parmi les plus doués balle au pied du monde. Trent Alexander-Arnold, l’un des joueurs les plus techniques à la passe de sa génération, pourrait justement venir épauler l'ancien Cityzen en se repliant dans l’entrejeu en phase offensive, comme on a pu l’apercevoir lors des matchs contre la Fiorentina et Leganés.
Dean Huijsen, lui, a montré qu’il pouvait passer un cap supplémentaire. En fin de saison dernière, Álvaro Arbeloa l’avait repositionné avec Thiago Pitarch plus proche de lui. Le défenseur espagnol avait alors retrouvé le niveau qui était le sien à la Coupe du monde des clubs, aux côtés d’Arda Güler, tout comme à Bournemouth avec Alex Scott, ou en sélection avec Martín Zubimendi.
Marc Cucurella et Eder Militão complètent ce tableau de fondamentaux techniques solides. Un vrai casse-tête pour Mourinho, mais le Real Madrid possède, sur le papier, tous les éléments pour ne pas souffrir dans sa relance.
Une limite difficile à masquer
La question défensive est évidemment la plus sensible. Qu’on soit clair, le problème n’est pas que Bernardo Silva ne défend pas, bien au contraire. Le Portugais a d’ailleurs été le quatrième joueur à avoir couvert le plus de distance en Premier League sur l’exercice 2025/26.
Mais il n’a tout simplement pas le gabarit pour dominer physiquement un milieu de terrain, surtout au plus haut niveau européen. Les statistiques confirment cette limite. Bernardo Silva se classe seulement au 46ème percentile des milieux des grands championnats pour les duels remportés, et au 42ème percentile pour les possessions gagnées. La saison dernière, il n’a remporté que 41% de ses duels, contre 57% pour Arda Güler par exemple, même s’il faut nuancer la comparaison entre deux championnats aux exigences physiques différentes.
Une donnée qui relance d’ailleurs une question légitime, à défaut du meilleur défenseur, ne vaudrait-il pas mieux confier ce rôle à Güler lui-même ?
À seulement 21 ans, le Turc représente déjà l’avenir de l’entrejeu madrilène et a déjà prouvé, sous Arbeloa et sous Xabi Alonso lors de la Coupe du monde des clubs, qu’il pouvait très bien organiser le jeu en évoluant proche de la défense. Pour toutes ces raisons, le Real Madrid continue d’ailleurs, selon AS, de surveiller Adam Wharton et Ayyoub Bouaddi, deux profils bien plus défensifs et plus proches, sur le papier, de ce qu’aurait pu apporter Rodri.










