Nacho Fernández a quitté le Real Madrid il y a deux ans après 23 ans passés dans les couloirs du club pour rejoindre Al-Qadsiah en Arabie saoudite. Une page qui s'est refermée sur un palmarès vertigineux avec six Ligues des champions remportées, autant que Modrić, Kroos, Carvajal et Gento, et le brassard de capitaine lors du dernier sacre européen du club en 2024.
Au micro d'El Larguero, l'ancien défenseur a pris le temps de raconter sa nouvelle vie loin de Madrid, entre bonheur retrouvé et souvenirs encore vivaces. Il s'est aussi laissé aller à commenter l'actualité de son ancien club, entre le retour de José Mourinho sur le banc, les décisions arbitrales qui ont fait polémique lors du dernier derby, la situation compliquée de Vinícius Júnior, la course au Ballon d'or et l'ombre persistante de l'affaire Negreira sur le football espagnol.
Les réponses de Nacho sur El Larguero
Sur son expérience à Al-Qadsiah : « Très content. Quand j'ai quitté le Real Madrid, j'ai signé pour deux ans ici. L'année dernière, le club m'a proposé de renouveler pour une année de plus. Et comme j'étais heureux, je me sens très bien physiquement, je suis en train de kiffer. C'est quelque chose de différent de tout ce que j'ai vécu dans ma vie. J'ai décidé de renouveler pour une année de plus, et très heureux. »
Sur le fait qu'il aura 37 ans à la fin de la saison : « Je me sens très bien physiquement, mais j'ai très clairement en tête que je veux me retirer du football en me sentant bien. En ce moment, je profite de chaque jour, chaque match et chaque entraînement comme si c'était le dernier, je ne sais pas ce qui se passera après. J'ai une équipe très compétitive et humble, qui grandit avec le temps. »
Sur le fait que Cristiano Ronaldo joue toujours à 41 ans : « Ce que fait Cristiano, c'est d'une autre planète, c'est une folie d'arriver à cet âge en étant compétitif. Je n'irai sûrement pas jusque-là. Si on se parle ? À chaque fois que je le recroise sur le terrain, ça me fait toujours quelque chose de spécial. J'ai une très bonne relation avec lui. Quand j'ai joué contre lui l'an dernier. Je lui ai dit que j'avais renouvelé pour un an de plus, et il m'a demandé pourquoi je n'avais pas signé plus longtemps. Je lui ai répondu que je n'avais pas encore ses forces, donc petit à petit. »
Sur le niveau du championnat saoudien : « Ça m'a surpris quand je suis arrivé, et chaque année qui passe, c'est encore meilleur. Toutes les équipes se renforcent. Il y a des recrues qui sont des stars, qui ont joué dans de très bonnes équipes en Europe. Les gens seraient surpris. Quand tu dis "championnat saoudien", au premier abord, on pense qu'on ne joue pas vraiment, mais je peux t'assurer que tu ne viens pas ici en vacances. »
Sur l'influence de Michel dans sa décision de venir : « Bien sûr que oui, je lui en serai toujours reconnaissant. À lui, ainsi qu'à Carlos Antón, qui était le directeur sportif. Ça leur a pris peu de jours pour me convaincre. J'avais pratiquement tout réglé avec une autre équipe, et le fait de leur parler a tout changé en une semaine. Ils m'ont fait sentir chez moi, moi et ma famille, et ça a été fondamental. »
Sur l'idée de terminer sa carrière en Arabie saoudite : « Oui, je ne te dirais pas à 100%, parce que ça peut vite changer. Mais ça pourrait même être ma dernière année. En étant heureux ici et si tout se passe bien, j'imagine que ma carrière se terminera ici. Que ma famille soit heureuse me donne de la tranquillité. Avoir une équipe compétitive, j'adore ça. Comme je te le dis, je profite d'un autre football, qui n'a rien à voir avec le Real Madrid, avec cette pression, ce quotidien, devoir gagner chaque match... »
Sur l'usure que représente le Real Madrid : « Oui, on est des êtres humains, et ça use n'importe quel joueur. Le Real Madrid, c'est beaucoup de pression, c'est très beau, c'est la meilleure chose qui puisse t'arriver en tant que joueur, mais tout n'est pas si beau. Il y a de l'usure, des mauvais jours, et on souffre beaucoup. »
Sur ce qu'il fera après sa retraite : « Ça ne m'inquiète absolument pas. Je suis concentré, tranquille, je profite de chaque entraînement et chaque match. En ce moment, je n'ai pas la tête à savoir si je veux devenir entraîneur ou directeur sportif. Logiquement, je resterai lié au football, mais je n'ai pas encore trouvé cette facette qui me ferait vraiment envie. »
Sur le fait de vouloir terminer sa carrière au Real Madrid : « Je pense que j'ai toujours eu en tête que j'aurais aimé terminer de la meilleure des manières au Real Madrid, et même en rêvant, ça ne pouvait pas mieux se passer. Être capitaine lors de ma dernière année, gagner la Liga, la Supercopa, la Ligue des champions, aller à Cibeles. Que mon dernier match soit la finale de Ligue des champions à Londres... Si tu fermes les yeux et que tu y penses, c'est impossible que ça se passe mieux. Et en plus, la cerise sur le gâteau, l'Euro, qui m'a fait dire "c'est le moment". »
Sur le fait de savoir s'il a souffert de ne pas être suffisamment valorisé : « La décision de partir venait de moi. Eux voulaient que je continue, tout le monde le voulait. Est-ce que c'est plus compliqué de se faire une place en tant que joueur formé au club ? Peut-être, on parle du Real Madrid, où jouent les meilleurs joueurs du monde, mais je peux te dire que chaque année où j'ai pris la décision de rester, je ne l'ai jamais regretté et ça ne s'est jamais mal passé. Au final, j'ai joué énormément de matchs chaque année, en terminant tout en haut et en jouant tous les trophées. »
Sur le fait de devoir toujours attendre son opportunité : « Ma concurrence au Real Madrid a été des défenseurs centraux de tout premier niveau. J'ai rivalisé avec eux, et à de nombreux moments, j'ai été meilleur. Terminer la saison en sachant que j'avais même joué plus qu'eux, ça me rend fier. J'ai aimé être compétitif, être prêt et donner mon meilleur niveau. Et je suis parti du Real Madrid tranquille, en sachant que j'avais tout donné. »
Sur ses valeurs et le madridisme : « Les joueurs formés à la maison comprennent très bien ce qu'est le Real Madrid. Cette usure ne commence pas en équipe première, elle commence dès que tu as 10 ans. J'ai toujours ressenti beaucoup d'affection de la part des gens. À chaque fois que je vais à Madrid maintenant, je le ressens. Je perçois cette affection et cette proximité des gens. C'est normal que les gens recherchent des joueurs formés au club, surtout à un moment où sont partis Carvajal, Lucas et d'autres qui ne sont pas des canteranos, comme Modrić et Kroos, qui savent ce qu'est le Real Madrid. »
Sur le retour de Mourinho : « J'ai fait mes débuts avec Mourinho. Mon frère aussi. Pour ma famille, c'est un entraîneur spécial. Ça ne m'a pas surpris, parce que c'est un entraîneur gagnant, qui sait comment remettre les équipes sur les rails. Après deux années compliquées, ça ne m'a pas surpris qu'il revienne. »
Sur le début de saison du Real Madrid : « L'équipe n'est pas encore exploitée à 100%. Je ne sais pas s'il manque du temps, des entraînements, des matchs... Peut-être que cet écart avec le Barça en championnat met encore plus de pression. Mais je pense qu'avec le temps, Mourinho va réussir à en faire une équipe bien plus solide. »
Sur les actions polémiques du derby : « Indépendamment du fait que je sois un joueur du Real Madrid, ce sont pour moi deux actions de carton rouge. J'imagine que tout le monde qui verra ces actions le dira. L'arbitre est humain, mais je pense qu'il a raté ça de trop. »
Sur les protestations de Mourinho : « Je veux croire qu'il n'y a rien de prémédité pour que ces choses arrivent. Je pense que l'arbitre est humain et peut commettre des erreurs. Mais c'est vrai que ce sont des erreurs tellement graves qu'elles te coûtent un match, comme hier. S'il y avait eu deux rouges, le match aurait été différent. On sait que Mourinho aime les conférences de presse, en particulier aussi pour ça, au final il défend les siens. Ce qui se passe, c'est que Mourinho est trop clair : il dit les choses comme il les pense, et ça ne plaît pas à beaucoup de gens. »
Sur le fait de savoir si le Barça est très largement au-dessus : « En ce début de saison, ne nous mentons pas. Ils jouent bien, ils marquent beaucoup de buts, ils font du bon football. Six points, ce n'est pas définitif parce qu'il reste beaucoup de championnat, mais cette marge d'erreur est beaucoup plus petite. La bonne nouvelle, c'est qu'il vous reste deux confrontations contre le Barça. »
Sur le transfert de Rodri au Barça : « Quand ce sont des décisions personnelles, il faut les respecter. C'est un super joueur, et il aurait joué au Real Madrid exactement comme il joue au Barça. »
Sur le fait de savoir si cette pièce manque au Real Madrid : « Je pense que le Real Madrid a l'effectif pour rivaliser sur tout ce qu'il veut. Mais un joueur de ce calibre, ça fait toujours du bien. »
Sur les absences de Modrić et Kroos : « On parle de Modrić et de Kroos. Peu importe qui viendrait, même si Rodri était venu, je dirais la même chose : ce n'est pas Modrić et Kroos. C'est compliqué. Je peux te dire qu'un joueur avec les caractéristiques de Rodri se serait parfaitement intégré au Real Madrid. »
Sur le Ballon d'or : « Je vois ça clairement. Pour moi, si c'est un joueur du Real Madrid ou de la sélection espagnole, je serai heureux. Ça m'est égal que ce soit un joueur du Barça, parce que j'ai joué avec eux et j'ai été champion avec eux. Si je devais voter ? Si je devais voter, je choisirais Mbappé. En tant que défenseur, je vois que chaque année il est plus rapide et plus prolifique, c'est une bête physique. »
Sur Mbappé et Vinícius : « Si j'étais entraîneur du Real Madrid, je voudrais les avoir tous les deux. Vinícius reçoit ces derniers temps un traitement qu'il ne mérite pas. Vinícius a gagné beaucoup de choses au Real Madrid et a donné énormément au Real Madrid. Tous les joueurs ont des moments où ils peuvent être en dessous de leur niveau. En plus, je connais personnellement Vinícius, et je n'ai aucun doute qu'il est celui qui travaille le plus, c'est certain. Il faut trouver cette formule pour que les deux soient à leur meilleur niveau au moment le plus important de la saison. »
Sur les sifflets à Vinícius au Bernabéu : « L'exigence du Bernabéu a toujours existé, avec tous les joueurs. Je ne trouve pas ça ni bien ni mal, c'est l'exigence du Bernabéu. Ça ne m'inquiète pas parce que je sais que Vinícius est un joueur concentré, qui aime travailler et qui sait dans quel club il est, et il a tout gagné dans ce club. Et il a encore beaucoup de choses à donner au Real Madrid. J'aimerais tellement que ces sifflets se transforment en applaudissements. J'encourage les gens à être avec Vinícius, pour son passé et pour ce qu'il doit encore accomplir. »
Sur le renouvellement de Luis de la Fuente : « Sincèrement, très heureux pour lui. Il l'a mérité. Sur le plan sportif, il y a peu à dire, mais en plus, ce qu'il réussit en tant que famille, parce que la sélection est une famille. Peu importe les joueurs qui viennent, il y a une bonne ambiance, tout le monde se bat pour la même chose, il n'y a pas de mauvais gestes... En tant qu'entraîneur, il est bon, mais en tant que personne, il est exceptionnel. C'est l'entraîneur parfait pour une sélection. »
Sur l'importance des résultats : « Les titres cachent beaucoup de choses. Luis de la Fuente est un entraîneur pour qui, même si ça se passait mal, l'ambiance resterait bonne. Au Real Madrid, tu perds un match, et on dirait que tu as déjà tout perdu. Il faut donner confiance à l'équipe, qui a un effectif extraordinaire et un entraîneur très bon et compétent. Les notes, c'est mieux de les donner en fin de saison. Et nous, les madridistes, on doit maintenant être avec l'équipe. »
Sur l'affaire Negreira : « Je veux toujours penser du bien. Avec tout ce qui est sorti, ça te crée le doute. Je veux penser que non. Convaincu ? Dans beaucoup d'actions, même en jouant des matchs, puis en voyant les vidéos de tout ce qui a été révélé, ça peut te générer des doutes. Mais il y a aussi des actions qui favorisent le Real Madrid. Le problème, c'est quand il y en a beaucoup d'un côté et beaucoup moins de l'autre. Je pense beaucoup de choses, mais je préfère me taire. »









