Le premier match de Liga n’a pas seulement permis au Real Madrid de lancer sa saison. Il a aussi donné un aperçu de ce que José Mourinho espère pouvoir exploiter tout au long de l’année.
À Cornellà, alors que la rencontre se dirigeait vers une fin incertaine, le Portugais a puisé dans ses solutions de rechange. Carlos Espí est entré pour les dernières minutes et a offert les trois points au Real Madrid. Une première contribution immédiate des remplaçants, loin d’être anodine au regard des difficultés rencontrées par le club dans ce domaine la saison passée, explique AS.
🚨 José Mourinho 🇵🇹 : « C’EST UNE VICTOIRE DU BANC ! Je le dis toujours : un banc frustré n'aide en rien mais un banc avec un sentiment d'équipe peut t'aider à gagner un match. » 🤍💪 🎙️ conf. de presse
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Un premier signal envoyé à Cornellà
« L’impact des joueurs du banc peut être aussi important que celui de ceux qui commencent », expliquait Thibaut Courtois après la rencontre. Difficile de trouver meilleure illustration que l’entrée de Carlos Espí. Le jeune attaquant n’a pas simplement inscrit le but de la victoire. Il a apporté un profil différent, capable de servir de point d’appui, de jouer dos au but et de faire remonter son équipe avant de se retrouver lui-même à la conclusion. Pour Mourinho, le changement a fonctionné immédiatement.
Mais l’intérêt de cette première soirée dépasse largement le seul cas d’Espí. Sur le banc du RCDE Stadium figuraient notamment Cucurella, Diomandé, Brahim Díaz, Camavinga, Trent ou encore Antonio Rüdiger. Selon AS, la valeur cumulée des douze remplaçants présents à Cornellà atteignait 343,7 millions d’euros, soit davantage que l’effectif de 17 des 20 clubs de Liga. Et plusieurs autres solutions, comme Tchouaméni, Endrick, Asencio, Militão ou Rodrygo, n’étaient même pas disponibles à ce moment-là. Un luxe rarement aussi visible au Real Madrid.
La profondeur ne suffisait pas toujours
Cette abondance tranche avec une réalité plus préoccupante des dernières saisons du Real Madrid. Malgré un effectif déjà riche, les joueurs sortis du banc n’ont pas toujours réussi à peser sur les résultats.
Lors de la saison 2023-2024, les remplaçants avaient inscrit 12 buts toutes compétitions confondues, Joselu étant le principal contributeur avec quatre réalisations. La campagne suivante avait suivi une tendance similaire, avant une nette baisse lors de la dernière saison. En Liga, le constat était encore plus parlant. Selon les données citées par AS, les remplaçants madrilènes n’avaient contribué qu’à 6 des 77 buts de l’équipe la saison dernière, soit 7,79 % du total. Seuls Getafe et Oviedo affichaient une proportion inférieure.
🚨 Last season, ONLY SIX players scored off the bench for Real Madrid in La Liga: • Viní Jr. vs Oviedo • Jude Bellingham vs Oviedo • Arda Güler vs Elche • Fran Garcia vs Betis • Eder Militão vs Mallorca • Brahim Diaz vs Athletic Club @marca
Selon Marca, le Special One refuse que les titulaires jouent tous les matchs et éclipsent les remplaçants. Il estimerait qu'il est important que les « finishers » restent prêts et concernés, et que c'est quelque chose qui a manqué à Madrid lors des deux dernières saisons. Le problème n’était donc pas nécessairement l’absence de talent sur le banc, mais plutôt la difficulté à transformer cette profondeur en influence réelle sur les rencontres.
🚨 L'un des principaux objectifs de José Mourinho était d'avoir une bonne profondeur d'effectif. La saison dernière, les remplaçants n'ont marqué que 6 buts pour l'équipe et n'ont jamais remporté un match. Carlos Espi l'a fait lors du premier match de championnat de la saison.
Un arsenal pour modifier les matchs
Le Portugais possède désormais une palette particulièrement large. Un joueur comme Arda Güler peut apporter sa qualité technique et sa précision sur coups de pied arrêtés. Brahim Díaz offre une solution plus créative entre les lignes, tandis que Diomandé peut modifier le rapport de force sur un côté par ses qualités de percussion. Et ce ne sont que quelques exemples.
La présence de Carlos Espí ajoute également une option qui manquait au Real Madrid. Courtois l’a d’ailleurs comparé, après la rencontre, à une forme de « Joselu Jr. », en référence à ce profil d’avant-centre capable d’apporter une présence différente dans la surface.
C’est tout l’intérêt de ce banc. Mourinho ne dispose pas uniquement de doublures prêtes à remplacer poste pour poste un titulaire. Il peut introduire des profils susceptibles de changer la physionomie d’une rencontre. Un match demande davantage de maîtrise ? Güler, Brahim, Pitarch ou Bernardo Silva peuvent entrer dans l’équation. Il faut provoquer et attaquer davantage les espaces ? D’autres solutions offensives sont disponibles. Le Real cherche une présence plus directe dans la surface ? Espí offre une alternative spécifique. Cette diversité pourrait devenir l’un des grands atouts de la saison.
Mourinho aura besoin de tout son groupe
José Mourinho l’a d’ailleurs résumé après la victoire contre l’Espanyol : « Le Real Madrid doit jouer les quatre compétitions sérieusement et nous ne pouvons pas le faire avec dix, onze, douze ou quinze joueurs. Nous avons besoin de cet effectif. » Le message est limpide.
Avec un calendrier qui s’annonce particulièrement dense, la rotation ne sera pas simplement une question de confort. Elle deviendra une nécessité. Et pour la première fois depuis longtemps, le Real Madrid semble disposer d’un groupe où le niveau du banc peut véritablement rivaliser avec celui du onze. Bien sûr, un but d’Espí lors de la première journée ne suffit pas à effacer les statistiques des saisons précédentes. Mais il constitue un début révélateur.
Un premier changement décisif, une profondeur considérable et des profils capables de répondre à presque tous les scénarios. Les prémices sont encourageantes. Si Mourinho parvient à obtenir de ses remplaçants la régularité qui a parfois manqué au Real Madrid, son banc pourrait rapidement cesser d’être une simple réserve de talents pour devenir une véritable arme tactique.










