Ce dimanche, le Real Madrid et Málaga se retrouvent au Santiago Bernabéu pour la première fois depuis plus de huit ans. Une éternité qui s’explique par la descente aux enfers du club andalou, relégué en 2018 après avoir longtemps évolué parmi l’élite du football espagnol.
La dernière rencontre entre les deux équipes remonte au 15 avril 2018, à La Rosaleda. Le Real Madrid s’était imposé 1-2, grâce à un but somptueux d’Isco sur coup franc puis une réalisation de Casemiro, avant que Diego Rolán ne réduise l’écart dans les derniers instants. Un succès obtenu par une équipe largement remaniée par Zinedine Zidane, sans Cristiano Ronaldo ni Luka Modrić, laissés au repos.
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Un sacre madrilène marqué par une polémique
Il faut en revanche remonter au 25 novembre 2017 pour retrouver la dernière opposition entre les deux formations au Bernabéu, dans un match nettement plus disputé. Le Real Madrid s’était alors imposé 3-2, grâce à des buts de Karim Benzema, Casemiro et Cristiano Ronaldo, face à un Málaga qui n’avait rien lâché, répondant par des réalisations de Diego Rolán et Chory Castro. Le club andalou était alors entraîné par Michel, une véritable légende du Real Madrid, membre historique de la Quinta del Buitre dans les années 1980.
Málaga - Real Madrid, c’est également cette 38e journée de la Liga 2016-17, qui avait vu le Real Madrid être sacré champion d’Espagne. Le président de Málaga, Abdullah Al-Thani, avait notamment déclaré : « Grâce à Allah, la racaille catalane ne sentira pas l’odeur de la Liga ».
L’arrivée qatarie et l’explosion financière
La longue disette de rencontre entre les deux clubs contraste fortement avec l’âge d’or vécu par Málaga au début des années 2010. Tout démarre en juin 2010, lorsque le cheikh qatari Abdullah Al-Thani rachète le club andalou, alors dans une situation financière précaire. Les ambitions changent immédiatement de dimension.
Sous l’impulsion de son nouveau propriétaire, Málaga se met à recruter à un rythme inédit pour un club de sa taille. Ruud van Nistelrooy, Martín Démichelis, Joaquín ou encore Jérémy Toulalan débarquent en Andalousie, aux côtés d’un jeune Isco, déjà considéré comme l’une des grandes promesses du football espagnol. Le club investit massivement, au point de bousculer la hiérarchie traditionnelle de la Liga.
Sous les ordres de Manuel Pellegrini, arrivé en 2010 pour prendre en main ce projet ambitieux, Málaga termine quatrième du championnat dès la saison 2011-12, décrochant au passage une qualification historique pour la Ligue des champions. Une première pour le club, qui n’avait jamais évolué à un tel niveau européen auparavant.
L’épopée en Ligue des champions 2012-13
La campagne européenne de Málaga en 2012-13 reste gravée dans la mémoire du football espagnol. Placé dans un groupe relevé aux côtés du FC Porto, du Zénit Saint-Pétersbourg et de l’AC Milan. Le club andalou termine premier de sa poule, devant les Rossoneri.
Le parcours se poursuit en huitièmes de finale, où Málaga élimine le FC Porto. L’équipe de Pellegrini atteint alors les quarts de finale, une première historique pour le club. Ainsi, ils retrouvent le Borussia Dortmund de Jürgen Klopp. Le match aller se solde par un match nul (0-0), avant un scénario totalement fou au retour. Málaga mène 1-2 jusqu’aux dernières secondes de la rencontre, avant de craquer en toute fin de match, concédant deux buts en l’espace de deux minutes pour s’incliner 3-2 et être éliminé aux portes des demi-finales.
C’est également au cours de cette même saison que Málaga décroche son unique victoire en 36 confrontations face au Real Madrid, s’imposant à domicile en championnat.
La chute et le retour en Liga
Cette épopée européenne s’est pourtant accompagnée d’une gestion financière catastrophique en coulisses. L’UEFA sanctionne Málaga dès 2013 pour non-respect du fair-play financier, excluant le club de toute compétition européenne pour plusieurs saisons. Ce coup dur précipite le début d’un long déclin.
Privé de revenus européens et toujours fragilisé financièrement, le club est contraint de vendre progressivement ses meilleurs éléments. Isco s’envole pour le Real Madrid dès 2013. Il est rapidement suivi par d’autres cadres de cette génération dorée. Sans ses meilleurs joueurs, Málaga entame une lente descente vers le milieu puis le bas du classement de Liga.
La relégation intervient finalement en 2018, année de ce fameux dernier duel face au Real Madrid. S’ensuit une descente encore plus vertigineuse, jusqu’à la troisième division espagnole, symbole de la chute d’un club qui rêvait encore de Ligue des champions quelques années plus tôt. Après plusieurs saisons de reconstruction, Málaga a finalement retrouvé l’élite cet été, avec l’ambition de renouer avec des jours meilleurs.









