Retour brutal sur Terre pour le Real Madrid. Après une pluie de buts à domicile face à la Real Sociedad (4-1) et Malaga (4-0), l’attaque merengue a manqué le coche sur la pelouse du Real Betis. La conséquence est aussitôt arrivée : l’équipe de José Mourinho vient d’enregistrer sa première défaite de la saison (0-1), marquant ainsi la fin d’une lune de miel qui n’aura pas fait long feu.
Pour ce premier véritable test en déplacement, qui plus est contre un Real Betis qui disputera la Ligue des champions, le club blanc devait absolument éviter le syndrome de l’inefficacité. Et le pire a fini par se produire, avec une attaque productive, certes, mais trop tendre pour régler la mire.
Un Real Madrid productif mais malheureux devant le but
Le Real Madrid avait les arguments pour empocher les trois points, les occasions de but se multipliant devant la cage du club andalou. Sauf que la finition manquait à l’appel, avec Vinicius et Mbappé tous deux impuissants face à l’écœurante performance de Valles, le portier du Real Betis. Six des sept grosses occasions manquées portent la marque de ce duo offensif : quatre pour le Français, deux pour le Brésilien.
L’équipe de Mourinho était bien loin d’être stérile ou apathique sur le rectangle vert. La formation madrilène s’est procuré une série de situations dangereuses dans le dernier tiers du terrain, notamment au cœur de la surface de réparation. Trouver Vini ou Mbappé dans la zone de vérité était en réalité une chose assez aisée.
Face à l’équipe verdiblanca, Vinicius a touché 18 fois le ballon dans la surface adverse, soit sept de plus que sa moyenne depuis le début de la Liga. Mbappé, lui, y a touché le ballon à 16 reprises, contre 13,5 en moyenne. Lors de la promenade de santé des Merengues au Bernabéu contre le petit poucet Málaga (4-0), le duo s’était montré plus discret en la matière : le numéro 7 n’y avait enregistré que huit touches, contre 14 pour l’avant-centre.
Quid des tirs ? L’équipe madrilène a frappé au but à une vingtaine de reprises, dont 16 depuis l’intérieur de la surface de réparation et s’est illustrée par son étonnante imprécision. Le club blanc a gâché près de 3,13 xG (buts attendus, selon la qualité des occasions) sur cette rencontre, soit le total le plus élevé de ce début de saison. Le Real Madrid a surtout laissé passer sa chance en première période : 15 tirs manqués, dont cinq cadrés pour un niveau assez conséquent de 2,35 xG.
Avant de patiner en seconde période, en raison d’une machine collective bien moins convaincante et des individualités davantage livrées à elles-mêmes, les démons de la saison passée continuent de ressurgir. À mesure que la rencontre avançait et que la menace d’un mauvais résultat prenait de l’ampleur, l’équipe n’est pas parvenue à passer la vitesse supérieure : seules 5 tentatives au but sont à noter, dont 3 cadrées avec 1 seule grosse occasion.
Trois poteaux, des individualités méconnaissables, la VAR refuse un but : le Real maudit
Le revers s’explique aussi par un Mbappé méconnaissable, loin de ses standards habituels. La performance du Français était synonyme de maladresse, lui qui a cruellement manqué de froideur dans le dernier geste. Le numéro 10 avait la balle de 1-0 avant la pause avec une double énorme occasion, repoussée in extremis par la défense sévillane.
Puis, une autre occasion en seconde période où l’attaquant tricolore s’est emmêlé les pinceaux, après avoir bénéficié d’un excellent service en profondeur d’Huijsen. La star du Real Madrid a connu un cauchemar jusqu’au bout de la nuit, manquant un penalty à la 94e minute pour remettre les siens à égalité. Voir Mbappé rater la balle de 1-1 dans cet exercice rappelle même ses premiers mois plus que délicats sous le maillot blanc : les pénaltys ratés face à l’Athletic Club ou encore Liverpool remontent en surface.
Mbappé n’est pas le seul à blâmer : Jude Bellingham a manqué d’aplomb sur cette rencontre, à l’inverse des trois premiers matchs de la saison. L’international anglais n’a pas été assez proactif dans les duels, avec seulement deux dribbles réussis sur cinq tentatives. En dépit de sa grosse dépense d’énergie, il était loin d'être aussi incisif qu'en début de saison avec un seul tir cadré.
Tout comme Vinicius qui continue de dégager un sentiment de frustration. Si le Brésilien était assez en vue, loin d’être fantomatique, il n’est pas parvenu à prendre le dessus sur Hector Bellerín : le numéro 7 a gagné seulement deux duels offensifs sur neuf. En plus de manquer l’impensable devant le but ouvert au bout d’un quart d’heure de jeu, son tir s’écrasant sur le poteau extérieur, fait remarquer Marca.
Mais le Real Madrid aurait pu se passer d’une grande performance individuelle en allant chercher au moins un point, sauf que rien n’a souri à la formation de José Mourinho. Les montants ont décidé de contrarier les offensives à trois reprises, et l’assistance vidéo à l’arbitrage y a mis son grain de sel en refusant un but somptueux à Carlos Espi pour une cruelle position de hors-jeu.
La Maison Blanche aurait pu aussi trouver la faille sur coups de pied arrêtés, mais Valles a repoussé les tentatives de Bellingham et de Huijsen entre autres. Si le contenu du match était plutôt bon, le mauvais résultat produit une conséquence directe : le Real Madrid pourrait déjà avoir trois points de retard sur son rival catalan et ainsi être mal embarqué dans cette Liga. Un travail fastidieux attend José Mourinho pour conduire son équipe vers le chemin de la réussite.









