Passé par le Real Madrid entre 1995 et 1999, Fernando Sanz conserve des souvenirs contrastés de son aventure dans la capitale espagnole. Malgré plusieurs trophées remportés sous le maillot blanc, l’ancien défenseur a connu une période particulièrement éprouvante sur le plan personnel. Invité de Charla Futbolera, dans des déclarations relayées par AS, il est revenu sur les difficultés rencontrées au Santiago Bernabéu. Entre critiques, insultes et pression psychologique, l’Espagnol a livré un témoignage poignant sur une période qui l’a profondément marquée.
Une pression psychologique devenue insupportable
Être le fils de Lorenzo Sanz, président du Real Madrid entre 1995 et 2000, n’a pas facilité le parcours de Fernando Sanz. L’ancien défenseur estime avoir été particulièrement ciblé par une partie des supporters et des médias, au point de vivre un véritable calvaire au quotidien.
« L’usure psychologique était énorme », reconnaît-il. Il raconte notamment que les entraînements pouvaient attirer entre 2 000 et 5 000 spectateurs, dont certains venaient uniquement pour le siffler et l’insulter. Une hostilité qui se poursuivait également lors des rencontres disputées au Santiago Bernabéu, où chaque ballon touché pouvait déclencher de nouvelles critiques.
Selon lui, certains journalistes alimentaient également ce climat en publiant régulièrement des articles particulièrement virulents à son égard. Une situation d’autant plus délicate que son père devait gérer ces tensions en tant que président du club.
Cette pression permanente a progressivement dépassé le cadre du football. « J’ai fini par avoir peur de sortir dans la rue », confie Fernando Sanz, qui explique qu’il lui arrivait de préférer rester chez lui, par crainte de croiser des personnes susceptibles de l’interpeller ou de l’insulter.
L’Espagnol souligne aussi qu’à l’époque, l’accompagnement psychologique des footballeurs était loin d’être aussi développé qu'aujourd'hui. Consulter un psychologue sportif pouvait alors être perçu comme un signe de faiblesse. « J’ai dû soigner mes blessures tout seul », regrette-t-il, évoquant le manque de soutien dont il disposait pour surmonter cette situation.
Un départ libérateur et une seconde vie à Málaga
Malgré un palmarès comprenant notamment une Ligue des champions, une Liga et une Coupe intercontinentale, Fernando Sanz finit par prendre une décision radicale en 1999 : quitter le Real Madrid.
L’ancien défenseur affirme qu’il lui restait pourtant quatre années de contrat et qu’il était, selon ses propres mots, le joueur le moins bien rémunéré de l’effectif. Mais la situation était devenue trop pesante pour envisager de poursuivre son aventure madrilène.
« Je n’en pouvais plus », explique-t-il en revenant sur cette décision. Il raconte avoir finalement choisi de partir de sa propre initiative, lançant simplement : « Je me casse. »
Il décide alors de rejoindre Málaga, où il va progressivement retrouver une certaine sérénité. Loin du contexte madrilène, Fernando Sanz parvient à s’imposer durablement et à gagner la reconnaissance des supporters.
Il explique que les années difficiles passées au Real Madrid lui ont paradoxalement permis de mieux gérer la pression par la suite. Alors que certains de ses coéquipiers redoutaient de jouer devant les 30 000 spectateurs de La Rosadela, lui abordait ces rencontres avec davantage de tranquillité.
« Je relativise beaucoup la pression », assure-t-il. Cette expérience lui servira également dans ses responsabilités futures, notamment lorsqu’il deviendra président de Málaga. Avec le recul, l’ancien Madrilène considère que les épreuves traversées dans la capitale ont profondément influencé sa manière d’appréhender les situations difficiles.
Lorenzo Sanz, un héritage qu’il tient à défendre
Au-delà de son expérience personnelle, Fernando Sanz a aussi profité de cet entretien pour défendre le bilan de son père à la tête du Real Madrid.
Il rappelle notamment les recrutements majeurs réalisés sous sa présidence, avec les arrivées de Predrag Mijatović, Davor Šuker, Roberto Carlos, Clarence Seedorf ou encore Christian Karembeu. Des joueurs qui ont contribué au retour du club madrilène au sommet du football européen.
« Je crois que le premier Madrid galactique, c’était celui-là », estime Fernando Sanz, convaincu que cette équipe mérite davantage de reconnaissance dans l’histoire du club.
Il insiste en particulier sur les deux Ligues des champions remportées en 1998 et 2000, après une attente de 32 ans pour la septième couronne européenne. Deux sacres qui restent, selon lui, trop souvent réduits à la seule conquête de la Septième.
Fernando Sanz souligne également que Lorenzo Sanz a joué un rôle déterminant dans la modernisation du club, notamment à travers le développement de sa fondation, de sa chaîne de télévision et de son site internet.
Pour l’ancien défenseur, ces avancées restent trop souvent oubliées lorsqu'il est question de l’héritage de son père. Un hommage appuyé à celui qui, malgré les difficultés rencontrées par son fils, a accompagné l’une des périodes les plus importantes de l’histoire récente du Real Madrid.









