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Manuel Pellegrini : le 1er entraîneur de la 2ème ère de Pérez

7 décembre 2023•Rédaction Le Journal du Real

Ce samedi, sous le coup de 16h15, le Real Madrid s’en ira affronter le Bétis Séville en terres andalouses pour le compte de la 16ème journée de LaLiga. Ce duel sera l’occasion pour les madrilènes de retrouver face à eux le premier entraîneur du deuxième mandat de Florentino Pérez. Bien que n’ayant effectué qu’une seule saison dans le club de Chamartín, Manuel Pellegrini a toujours joui d’une bonne réputation dans le football espagnol. Retour sur la saison d’« El Ingeniero » au Real Madrid.

Les bonnes performances de Manuel Pellegrini à la tête de Villareal (2004-2009) l’avaient catapulté à la tête du Real Madrid à l’été 2009. C’est lui qui avait été choisi comme entraîneur pour initier la deuxième étape de Florentino Perez à la tête du club madrilène. En effet, Manuel Pellegrini avait réussi l’exploit d’amener Villareal en demi-finale de la Ligue des Champions 2005-06. Belle carte de visite pour l’entraîneur chilien.

Pellegrini, des mécontentements dès son arrivée

« Que vuelve la ilusion ». Tel était le slogan de Florentino Pérez et son équipe dès sa prise de fonction. Le président du Real Madrid souhaitait en effet redonner de l’espoir aux supporters madrilènes qui avaient pris l’habitude de voir leur club de cœur éliminé sur la scène européenne dès les huitièmes de finale. La dernière élimination contre le Liverpool de Benitez, suite à une écrasante défaite à Anfield Road, avait définitivement démontré que le club était relégué à un acteur de seconde zone dans sa compétition fétiche.

Dès lors, Florentino Pérez avait à cœur de frapper très fort dès son retour sur le marché de transferts. Et même si ce n’était pas l’idée de départ du mercato, les circonstances ont fait que l’équipe dirigeante madrilène se soit fixé un objectif durant la fenêtre de transferts de 2009 : faire en une année ce qui devrait se faire en trois ans normalement.

L’objectif affiché était clair : redevenir compétitif le plus rapidement possible sur la scène européenne et être à même de lutter contre un FC Barcelone qui venait d’obtenir un triplé historique. Le recrutement du Real Madrid devait donc également être historique. Et il l’a été.

Kaká. Cristiano Ronaldo. Karim Benzema. Xabi Alonso. Alvaro Arbeloa. Raúl Albiol. Ezequiel Garay. Esteban Granero. Tels sont les joueurs qui sont venus renforcer les rangs du Real Madrid pour la saison 2009-10. Les deux premiers cités étaient ni plus ni moins que les Ballons d’Or 2007 et 2008. Cet état de fait avait signifié un changement de paradigme important par rapport au premier mandat de Florentino Pérez à la tête du Real Madrid. Lors de ce dernier, Perez avait pour objectif de recruter une star par saison alors que là, il avait recruté les deux meilleurs joueurs offensifs au monde la même saison.

Toutefois, le Real Madrid avait également enregistré deux départs de poids durant ce mercato. Sneijder s’en est allé à l’Inter Milan et Robben au Bayern Münich. Jorge Valdano, le directeur sportif de l’époque, avait justifié ces choix en affirmant qu’étant donné que des joueurs comme Cristiano Ronaldo ou Kaká étaient arrivés, il était logique que les deux Néerlandais s’en aille. La suite de l’histoire donnera tort à l’Argentin étant donné qu’après seulement une seule saison sans Robben, le Real Madrid avait recruté un joueur au profil similaire en la personne de Di Maria.

Toujours est-il que ces départs n’ont pas été du goût de Pellegrini. Dans une conférence de presse avant le début de LaLiga, même s’il avait tenu à souligner qu’il comprenait les nécessités économiques du club, après que ce dernier ait effectué des dépenses considérables, il n’avait pas hésité à affirmer que ces deux joueurs lui auraient été utiles.

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Une saison exceptionnelle en Liga mais pas couronnée du sacre

Avec 5 victoires en 5 rencontres, le Real Madrid avait parfaitement entamé son parcours en Liga. Toutefois, le premier écueil de taille s’était avéré fatal aux hommes de Pellegrini. Ces derniers s’étaient inclinés 2-1 face au FC Séville, dans l’un des stades les plus difficiles d’Espagne.

Deux journées plus tard, le Real Madrid avait subi sa deuxième contre-performance de la saison en concédant le match nul en Asturies face au Sporting Gijón (0-0). Après cette rencontre, Pellegrini avait décidé d’effectuer une modification dans sa composition : replacer Arbeloa en latéral gauche et Marcelo en milieu gauche.

Ce pari s’était avéré payant, car Marcelo, délesté de ses tâches défensives, représentait un réel atout offensif. En atteste le but qu’il avait inscrit au Vicente-Calderón, lors du derby, sur une remise de Benzema. Malgré cela, le Real Madrid avait dû s’incliner lors du premier Clásico de la saison face au Barça de Pep Guardiola. Même si l’équipe de Pellegrini avait rendu une copie plus qu’honorable dans le jeu, cette défaite s’avérera lourde de conséquence sur le plan comptable en fin de saison.

Jusqu’au Clásico retour, les madrilènes n’avaient engrangé que des victoires, à l’exception d’un nul à Pampelune face à Osasuna ainsi qu’une défaite à Bilbao face à l’Athletic. 16 victoires en 18 matchs, des chiffres de champion de LaLiga mais qui s’avéreront insuffisants pour remporter le titre. Lors du Clásico retour au Santiago Bernabéu, les hommes de Pellegrini avaient dû une nouvelle fois s’incliner face à un Barça en état de grâce (0-2). Après cette rencontre, Pellegrini avait reconnu que le Barça était supérieur à son équipe.

Lors des 7 dernières rencontres de la saison, les Merengues avaient remporté 6 matchs et concédés un nul anecdotique lors de la dernière rencontre face à Malaga. Finalement, ils avaient obtenu le plus grand pourcentage de points en Liga dans l’histoire du club jusqu’alors : 96 points sur 114 possibles.

De plus, ils avaient remporté le plus grand nombre de victoires à domicile (18), le plus grand nombre de victoires à l’extérieur (13) et le plus grand nombre de matchs remportés (31). Les 102 buts inscrits en Liga constituaient le plus grand total de l’histoire du club. Les records en question auront été battus par Mourinho 2 saisons plus tard avec 100 points atteints en Liga et 121 buts inscrits.

En fin de compte, malgré ces chiffres plus que flatteurs, le Real Madrid avait dû concéder le titre au FC Barcelone. Les deux Clásicos perdus auront été décisifs au classement sachant que le Barça avait terminé à 99 points.

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Des débâcles en Ligue des Champions et en Coupe du Roi rédhibitoires

Toutefois, même si Pellegrini avait remporté LaLiga, il paraît peu vraisemblable qu’il aurait poursuivi son périple à Chamartín. C’est ce que le principal intéressé révèlera quelques années plus tard. En effet, le Real Madrid avait été éliminé en 16ᵉ de finale de Copa del Rey face à Alcorcón et face à l’Olympique lyonnais en 8ᵉ de finale de Ligue des Champions.

En Copa del Rey, le Real Madrid s’était lourdement incliné face au club de 3ᵉ division (4-0). Cette débâcle autant douloureuse qu’honteuse est connue en Espagne sous le nom d’« Alcorconazo ». Au match retour, les madrilènes avaient remporté la rencontre sur le score d’1-0, insuffisant pour inverser la tendance et se qualifier. À noter que durant ce match, une centaine de supporters du Santiago Bernabéu avaient réclamé la démission de Pellegrini lorsque ce dernier avait remplacé Lass, meilleur homme sur le terrain ce soir-là.

Dans sa compétition fétiche, le Real Madrid avait déjà connu des problèmes dès la phase de groupe. Malgré l’obtention de la première place, l'équipe de Pellegrini n’avait pas pu vaincre l’AC Milan lors de sa double confrontation avec les Milanistes.

Avant les huitièmes de finale, le Real Madrid étant clairement donné favori face à l’Olympique lyonnais. Toutefois, à l’aller, les Lyonnais s’étaient imposés 1-0 sur une frappe somptueuse de Jean II Makoun. Au Santiago Bernabéu, les Merengues avaient rapidement fait le retard en ouvrant la marque par l’entremise de Cristiano Ronaldo. Higuaín avait eu l’opportunité de porter la marque à 2-0, mais avait fait preuve d’un grand manque de réalisme. L’Olympique lyonnais ne s’était pas fait prier pour sanctionner le manque en question, égaliser et se qualifier pour les quarts de finale.

Cette élimination a été l’élément déterminant dans le licenciement de Pellegrini en fin de saison. Alors que le Real Madrid ne s’était plus qualifié pour les quarts de finale depuis de nombreuses saisons, Pérez comptait non seulement passer cet écueil, mais atteindre la finale étant donné qu’elle se déroulait au Santiago Bernabéu cette saison-là. C’était d’ailleurs l’une des raisons de son recrutement estival retentissant.

En dernier lieu, malgré une saison en Liga historique, l’équipe de Pellegrini avait essuyé des revers dans les stades les plus difficiles d’Espagne. Ces derniers peuvent selon nous expliquer la déconvenue en Ligue des Champions. Le Real Madrid avait pour habitude d’évoluer dans le 4-2-2-2 cher au Chilien et plutôt séduisant en termes de jeu, mais malheureusement, l’équipe était souvent coupée en deux étant donné la propension des deux milieux offensifs à être portés vers l’attaque. En conséquence, l’équipe y perdait en contention et était friable défensivement dans les matchs à haute intensité.

Pellegrini, malgré quelques choix discutables, n’avait pas démérité lors de sa saison au Real Madrid. Les supporters en étaient conscients. Malheureusement, l’approche résultatiste du Real Madrid et le succès de Mourinho face au FC Barcelone avec l'Inter Milan auront eu raison de lui.

Gjon Haskaj

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